15 janvier 2012 Nouveau Bref, lundi, je serai fatiguée
Vendredi, j’avais une journée de “récupération”.
J’avais mis mon réveil à 8h. Il a sonné. Je l’ai remis à 9h. Il a sonné. Je l’ai remis à 10h;
Je me suis levée, j’ai mis mon T-shirt Eva Joly, celui que je porte pour dormir tracter
J’ai distribué des tracts Eva Joly 2012 sur le marché à Henin-Beaumont;
Un mec m’a dit “non merci je vote pour Marine”. Je lui ai répondu “enchantée, je m’appelle Marine”;
J’ai mangé avec mes parents;
J’ai lu mes 1800 mails en retard;
J’ai été manger le dessert chez mes grands parents. Des amis à eux étaient là. J’ai fait la conversation;
J’ai été aux vœux à Rouvroy. Il y avait le maire et le sénateur communiste Dominique Watrin. Et une déco ambiance “ski et neige”. C’était joli;
J’ai été aux vœux à Montigny-en-Gohelle. Il y avait le maire. L’harmonie a joué la marche de Radeski, une chorale a chanté “bon baisers de fort de France”. C’était joli;
Il y avait des copains de ma mère du jogging club. On a bien rigolé;
Il y avait aussi JP Corbiset, le maire de Oignies président de l’agglo candidat à la candidature socialiste sur la même circonscription que moi. On a discuté, c’était constructif;
Je suis rentrée chez mes parents, j’ai rangé mes affaires. On a mangé une salade de quinoa au pissenlit. C’était original;
J’ai repris le train à 22h19 à Arras. Dedans, j’ai fait le compte-rendu de la réunion “EELV bassin minier” de la veille. On avait dit beaucoup de choses;
En face de moi, il y avait un prof de “gym/danse” qui revenait d’Arras lui aussi. Il m’a dit: “va falloir se reposer ce week-end, vous avez l’air fatiguée” je lui ai répondu “c’est mal barré, j’ai un train demain matin à 7h12 :/ “;
Le lendemain, j’ai pris le train à 7h12, je suis allée à Rennes. C’était la “Convention Santé” de Europe Ecologie-Les Verts. Comme j’étais pas réveillée j’ai renversé mon thé sur ma chef;
J’ai écouté 24 interventions et un discours d’Eva Joly. Il y avait plein de gens intéressants, j’ai tout live-twitté;
Le samedi soir j’ai fait de l’hébergement militant dans une colloc’ écolo-socialiste (ou socialo-écologiste, je sais plus trop). On a refait le monde autour de verres de Pastis;
Avant on avait bu un verre avec des militants du groupe local. Je les ai ajoutés sur twitter mais c’était compliqué, ils avaient tous des noms en bretons différents de leurs noms français qu’ils ne s’appelaient pas pareil en vrai, sur facebook et sur twitter. J’ai tout mélangé dans ma tête;
On a commandé des pizzas. Il y avait une pizza ch’ti “maroilles double fricandelle”. Mais je me suis dit “non, fait pas ta caricature”. Pis de toute façon je suis végétarienne;
Je me suis recouchée tard. Je me suis relevée tôt. Parce que ce dimanche, on avait une réunion de travail de la commission santé toute la journée. On a rerefait le monde (de la santé). On a polémiqué. C’était un peu long mais on a tenu bon;
À un moment, on parlait de l’alcoolisme fœtal alors j’ai fait une blague sur la Bretagne. Tout le monde à réagi au quart de tour en me disant que comme j’étais du Pas-de-Calais, c’était l’hôpital qui se fout de la charité. Je trouve que ma blague était drôle quand même;
Là je suis dans le TGV retour. J’ai dormi un peu contre la vitre mais à Laval, un babache tendance comique a tapé dans le carreau et j’ai failli faire une crise cardiaque. Du coup maintenant je dors plus et je m’occupe en écrivant des articles débiles pour mon blog;’
À côté de moi, un papa interroge sa fille sur sa leçon d’histoire. C’est studieux. Sauf qu’elle joue à la DS en même temps. Ça m’interroge sur mon côté réac le sens du monde sa concentration.
Ce soir, il faudra vraiment que je me repose par contre. A moins que j’essaie de faire tout le ménage en retard depuis 10 jours?
Bref, lundi, je serai fatiguée!
- Laisser un commentaire
- Publié sous Humeur, Non classé, Politique, Présidentielle, Santé
13 janvier 2012 Opération résurrection!
La tradition de voeux! Quelle PAR-FAITE occasion de ressusciter ce blog, sur lequel je l’avoue, je n’ai pas eu beaucoup le temps d’écrire depuis ces derniers mois (explications dans un prochain billet promis).
Je vous souhaite donc avant toute chose une excellente année 2012. Qu’elle vous apporte tout ce que vous en attendez, mais qu’elle soit en même temps riche en surprises, histoire de pimenter le tout!
Une progression de notre qualité de vie, l’amorce de la sortie du nucléaire, la progression des écologistes aux scrutins prévus, une plus grande étanchéité de la décision publique aux lobbys de tout bord, et enfin un changement de gouvernement qui permette l’apaisement de notre pays : ils sont nombreux, les cadeaux que l’année 2012 pourraient nous apporter.
Mais comme nous sommes trop grands pour croire aux père noël et trop dans la merde (je parle contexte global économico-socialo-dérapagexénophobepermanentodugouvernement-environnementalo-changementclimatico-logemento-politique) pour nous en remettre au sort, je vous préviens: pour éviter les mauvaises surprises, en 2012, il va surtout falloir y mettre du sien!
C’est pourquoi je vous souhaite à toutes et à tous, cette année, de, chacun à notre manière, faire campagne pour le changement.
Pour certains, cela prendra la forme politique. Nous serons présents sur les marchés, sillonnerons les villes et villages au rythme des porte-à-porte, rencontrerons des électeurs à l’occasion de réunions publiques, etc. Et cela donnera une raison d’être à notre engagement dans tel ou tel parti (de gauche
). Car trop souvent, on se perd dans des débats abscons et on en oublie que le politique n’existe pas s’il n’est pas tourné vers l’extérieur. Vers nos concitoyens, que nous sommes quand même là, à la base, pour convaincre. En 2012, on aura donc le PLAISIR de nous évader un peu de nos 36 000 listes de discussions, tours de paroles interminables, scrutins internes certes palpitants mais parfois un peu kafkaïens… Et oui, enfin, on va se remettre à discuter écologie avec les personnes qui ne sont pas encore convaincue
Mais faire campagne pour le changement, ça n’est pas réservé aux militants politiques. Ca se passe chaque jour, partout en France. Lors qu’un lycéen pas forcément intéressé par la politique signe une pétition car il est choqué par la menace d’expulsion qui plane sur un de ses camarades. Quand des citoyens se révoltent contre leurs conditions de travail (ou de non travail d’ailleurs). Quand face aux loyers trop chers, des mal-logés réquisitionnent des logements. Quand des associatifs viennent sans relâche en aide aux populations roms, vietnamiennes, afghanes, vivant en camp dans des conditions tiers-mondesques sur nos territoires.
Quand le gouvernement n’est plus garant de nos conditions de vie et de la cohésion d’une société, c’est à chacun d’entre nous – tout en prenant son mal en patience – d’essayer d’oeuvrer au quotidien pour une société plus juste.
Cette société plus juste, c’est finalement ce que je vous souhaite à tous, pour résumer, en 2012. Et si vous ne voyez pas très bien comment vous pouvez y contribuer, je vous assure que quelques minutes peuvent suffire! Le 22 Avril, rendez-vous dans votre bureau de vote avec un bulletin de vote Eva Joly
*
Haut les coeurs. Vive l’écologie politique. Et vive 2012!
*Posologie: piqure de rappel obligatoire au moment des législatives les 10 et 17 juin 2012, sous peine de rechute grave
Tags:2007, 2012, changement, Eva Joly, lunettes, Présidentielle, rayban, rouges, voeux
- Laisser un commentaire
- Publié sous EE Les Verts, Humeur, Politique, Présidentielle
20 septembre 2011 Ce matin, Hénin-Beaumont a découvert avec émotion le tract de rentrée d’Eva Joly …
Profitant d’un mois de septembre passé à Hénin-Beaumont en transition entre études et début de la vie active, et pourvue d’une énoooorme pile de tracts d’Eva Joly, j’étais bien disposée ce matin à aller le distribuer sur le marché, afin d’ENFIN commencer cette campagne présidentielle.
Parce que oui, “Eva Joly 2012: le choix de l’écologie”, c’est parti! Et même que depuis ce week-end, on a notre première affiche de campagne :
Simple, efficace, avenante, une belle réussite, qui a l’air d’enthousiasmer plus ou moins tout le monde, ce qui on le sait n’est jamais gagné pour un support de comm’!
Les Jeunes Ecolos l’ont d’ailleurs rapidement adoptée, pour faire la promo de la désormais traditionnelle “buvette du Conseil Fédéral”, moyen innovant de faire de la solidarité intergénérationnelle: “boire plus pour que les Jeunes aient plus d’affiches”.
Alors certes, c’est de l’humour moyen moyen, mais sachez qu’on vous a épargné “je suis française, j’aime le bon vin”, et “tu m’as vu quand t’as bu”, donc que finalement, on a limité la casse (l’auteur de ces trois slogans restera anonyme pour des raisons politiques évidentes).
Mais revenons en à ce matin, quand un sursaut de motivation m’a amenée à remettre ma Grasse Mat’ à plus-tard-mais-je-sais-pas-encore-trop-quand . Et à partir, tracts à la main, offrir aux Hénin-Beaumontois (les petits veinards) leur premier contact avec Eva Joly. Je me disais que ça ne pouvait leur faire que du bien, vu que pour l’instant à Hénin, le dernier contact en date avec la politique est cette affiche, placardée partout par le front national pour “célébrer” la venue de François Hollande dans la ville voisine de Oignies, et rappeler son soutien d’antan à Dallongeville, le maire-révoqué-que-même-la-Cour-Des-Comptes-n’est-pas-encore-remise-de-ses-émotions.
Alors je me suis dit qu’on pouvait relever un peu le niveau. Mais d’abord, je suis passée chez le coiffeur (si cet article n’était que politique, il serait chiant) pour mon rendez-vous annuel, programmé exprès avant le déménagement en région parisienne parce que “là bas ça coutera trop cher”. Ce fut très instructif sur les derniers potins d’Hénin. J’ai notamment appris qu’hier, un mec était entré dans le salon en demandant “la même coupe que Bastien de Secret Story” (moi non plus je visualise pas). Et que la semaine dernière, une fille de 13 ans est venue, qui n’avait JAMAIS été chez le coiffeur et dont les cheveux arrivaient environ aux genoux. Elle voulait une coupe “à la mode”, pour plus “se tapper la honte au collège”. Mais sa mère, qui projettait sur elle la chevelure barbie dont elle avait rêvé étant petite mais que son père lui avait finalement interdite, refusait, et voulait qu’on lui coupe “juste les pointes”. Quand on lui a expliqué que les pointes, c’était quand même 10 centimètres en l’occurrence, parce que des cheveux qui n’ont jamais été coupés, bah ils sont abîmés, elle a fait un scandale. Et comme la petite a insisté pour qu’on coupe les 10 centimètres, elle s’est mise à hurler “tu vas voir ton père” de manière itérative et offusquée. Et que tout le monde a eu un peu peur dans le salon, surtout quand pour consoler la petite, quelqu’un lui a dit “tu sais, tu auras bientôt 18 ans, tu pourras te coiffer comme tu veux” et que la mère a répondu sèchement que “tant qu’elle habiterait chez euX, elle n’aurait pas intérêt à se couper les cheveux”. #Normal #AutoritéParentale #MangeEtTaisToi
Bref, semaine intense en scoops, sans compter le passage la semaine prochaine du proprio du salon dans l’émission “c’est ma vie”, tournée la semaine dernière parce que des concurrentes de “Miss France Ronde” sont venues se faire coiffer chez lui et qu’ils tournaient un reportage dessus. Le #lol de l’histoire, c’est que la coiffeuse m’a expliquée que “c’était n’importe quoi, parce qu’il y avait un mec qui nous expliquait avant chaque prise les phrase qu’on devait dire en coiffant les clientes”… #Normal #M6 #Télé-Réalité-Fiction
Bref, comme j’imagine que vous en avez marre que je vous raconte mes histoire de coiffeur (mais en même temps comprenez que je n’y vais qu’une fois par analors j’en profite), passons aux choses sérieuses: LE tract, que vous pouvez aussi télécharger ici: Tract de rentrée / Eva Joly / Education
C’est un très bon tract, qui prouve aux gens qui ne le savent pas encore (il y en a) que non, les écolos, ça parle pas que de nucléaire et d’OGMs, et que oui, ça a des positions plutôt intéressantes sur des tas de sujets “quotidiens” et “régaliens”.
La question scolaire n’y est pas abordée de manière restrictive, puisqu’on y retrouve à la fois le point de vue des enseignants, celui des familles, mais également celui – et en vrai c’est rare que l’on en parle, ce qui est bien dommage – des enfants.
Le tractage s’est très bien passé. Parce qu’en fait, le meilleur moment pour discuter calmement avec les gens sur un marché à Hénin, ça reste en dehors des périodes électorales, c’est à dire loin du sketch des 12 listes qui tractent à la même heure sur les 500 mètres carrés du marché déjà bondé. D’habitude, pour être honnête, on se heurte à un refus de tract sur deux tentatives. Là je n’en ai eu qu’une poignée sur la matinée. Comme quoi c’est le moment d’agir et d’aller à la rencontre des gens pour leur expliquer que s’ils ne se sentent pas bien dans cette société et qu’ils veulent changer des trucs, il y a d’autres solutions que le vote Front National!
Quelques rencontres sympas (et non, je ne vous parlerai pas des propositions appuyées d’un mec pour que j’accepte qu’il devienne mon garde du corps “parce qu’avec des mecs comme Strauss-Kahn, les filles qui font de la politique il faut qu’on les protège”). Notamment un FAN ABSOLU d’Hélène Flautre (“la vérité j’oublierai jamais ce qu’elle a fait pour moi, la vérité tu lui dis j’ai pas oublié”).
Très bonne réception du tract, donc, notamment par les mamans-avec-poussettes qui ont envahi le marché à l’heure de la sortie des écoles. Par contre, à noter pour la fois prochaine:
- Ecrire “Sarkozy” en énorme sur la première page, ça peut prêter à confusion. Il y a quand même deux trois personnes qui m’ont dit “c’est pas un tract pour Sarko quand même”. Euh… non. Je ne me rappelle même pas en avoir déjà vu un sur un marché à Hénin d’ailleurs (2,62% pour l’UMP aux cantonales, je le rappelle encore une fois parce que c’est jouissif et qu’on n’a pas souvent l’occasion de trouver des bonnes nouvelles dans les résultats électoraux ici). Du coup j’ai fini par distribuer le tract à l’envers, côté “L’école est l’affaire de TOU-TE-S”, ce qui m’a amené à cette seconde constatation
- Genrer les textes, c’est automatique chez nous. Par contre ça ne parle pas, mais alors VRAIMENT pas à tout le monde. “Hé madame, l’école c’est pas que pour les filles” m’a expliqué un mec en me courant après. “Ca sert à quoi de mettre des tirets comme ça” m’a demandé un autre. Et ça n’était pas des remarques d’enfants, je précise, mais de cinquantenaire. Bref, encore du boulot pour les féministes!
Alors c’est sûr, c’est pas avec 500 tracts distribués (en plus un jour de marché déplacé parce que oui c’est la ducasse et du coup les places du centre ville sont occupées et du coup le marché est plus petit et délocalisé autour de la gare) que l’on va gagner une présidentielle et faire baisser le vote front national à Hénin. Mais ça tombe bien, parce qu’on ne compte pas s’arrête là!
Et hop, je me saisis des tracts restants pour les distribuer dans la ducasse (THE place to be depuis 4 jours dans le coin) en allant m’acheter des frites… (#OnNeSeRefaitPas #ObsessionCh’ti #FritesAuVinaigre)
Et même que demain, on ira avec Marie-Claude coller nos restes d’affiches “Nucléaire” sur la tronche de Marine LePen
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
23 août 2011 Petit compte rendu TRES SUBJECTIF du off des Journées d’été de Clermont Ferrand
Hier se sont achevées les journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts… Cécile l’a souligné lors de la plénière de cloture: beaucoup de militants ont constaté un grand écart entre leur ressenti sur place et les gros titres et petites phrases dans la presse. Pour apaiser les frustrations de ceux qui n’y étaient pas mais veulent se faire une idée du ton de ces journées d’été, mais aussi pour faire marrer ceux qui y étaient et en gardent un souvenir MEMORABLE, voici un petit compte rendu TRES SUBJECTIF du off. Des petites anecdotes. Des moments drôles qui ont donné leur saveur à ces quelques jours. De la petite histoire, qui n’a pas retenu l’attention des médias, mais à constitué le quotidien des militants.
Jour 1 : Clermont Ferrand, une ville comme les autres (mardi 16)
Aaaaah, Clermont Ferrand! On en a tous rêvé, Europe Ecologie l’a fait
En vérité, je n’y avais jamais mis les pieds, ni en Auvergne d’ailleurs. Mais c’est dans un certain enthousiasme que je préparais à rejoindre la ville destinée à devenir la capitale écologiste l’espace de quelques jours…
De toute manière comme aiment me le notifier certains “toi comme tu viens d’Hénin-Beaumont, alors on peut t’emmener n’importe où t’es toujours contente”. Et encore, la dernière fois que l’on m’a dit ça, c’était pendant les régionales, au Quesnoy dans la Sambre Avesnois pour un “banquet festif zéro carbone”… En arrivant dans la ville fortifiée, je m’étais exclamée “ah, mais c’est trooooop beau!”. En fait j’avais un peu été la seule à m’enthousiasmer. Et on s’était gentillement foutu de ma gueule …
Bref, vous imaginez bien que je ne POUVAIS pas faire partie des gens qui râlaient à l’idée de devoir se traîner à Clermont en plein mois d’Août. Parce qu’en vrai, pour moi, Clermont, c’était l’aventure. L’exotisme. Et que de toute façon, après avoir passé 5 semaines à traverser que des lacs et des forêts en Suède, je n’ai plus peur de rien…
Alors allez, un peu de bon esprit, même les plus bougons reconnaîtrons que le train Teoz, c’était un peu space montain (sérieux, vous avez essayé de vous déplacer pendant la marche du train?). Que la plénière de clôture, c’était juste une énorme flashmob “pour un sauna zéro carbone”. Qu’à un diner presque parfait, le bleu d’Auvergne cacahuète de la buvette aurait laaaaargement tenu la concurrence. Et qu’en vrai, Dany, c’est quand même un grand comique qui a tout fait pendant 4 jours pour nous faire marrer. Même qu’à la fin il ne savait plus quoi inventer pour se faire remarquer, le bougre…
Jour 2 : Où l’on commence à prendre conscience… (mercredi 17)
Le mercredi 17, nous étions donc quelques uns à avoir anticipé notre arrivée à Clermont pour participer à l’ecolocamp, bar camp de l’écologie numérique. Environ 150 personnes. Des câbles. Un Manu Reynaud. Une buvette tenue par les Jeunes Ecolos. Des ordinateurs, beaucoup d’ordinateurs. Et une belle biodiversité de geeks: les “twittos-mais-je-comprends-rien-les mails-qui-parlent-technique-en-vrai”, les “touche-pas-à-mes-libertés-numériques”, les “ptain-j’adore-démonter-et-remonter-mon-ordi-en-me-chronométrant”, les “tiens-j’écrirais-bien-mon-autobiographie-en-HTML”, les “putain-je-te hashtague-la-gueule-en-bluetooth-si-tu-te-calmes-pas-tout-de-suite”, j’en passe et des meilleurs…
Etant arrivée tard la veille, c’était un peu ma rencontre avec la ville… Et c’était du propre. Quoi de mieux qu’une mission “acheter des boissons pour 150 personnes et se les coltiner en caddie dans le centre ville” ou qu’une expédition “80 pizzas pour le buffet du midi” pour frayer avec les Clermontois?
Plus tard dans l’après-midi, avec les Jeunes Ecologistes, on a tenté une opération “bouger le centre ville de Clermont” en organisant une “loterie du genre” place Jaude. Une loterie du genre? Spécialité des Jeunes Ecolos alsaciens. Tu construits une sorte de roue de la fortune en carton. Tu démarches les passants pour qu’ils tentent leur chance. S’ils tombent sur une case “homme”, ils reçoivent un joli tract qui leur explique à quel point ils ont réussi leur vie: 27% de salaire en plus, le droit d’être quasi-hégémoniques à l’assemblée nationale et dans les conseils généraux, le droit de “l’emporter sur le féminin”, etc. Et pour les malheureux qui tombent sur la case femme, ils ont le droit … de faire la vaisselle et c’est déjà pas mal.
Bref, le concept est drôle. Mais soit le Clermontois ne l’est pas autant. Soit NOUS ne le sommes pas vraiment… Disons en tout cas qu’on nous a un peu pris pour des tarés. Que beaucoup ont eu l’air effrayés. Et qu’au mieux on a eu de l’indifférence. Dites donc, heureusement que quand on a organisé le fameux faux double mariage gay (deux hommes + deux femmes en simultanné, la vidéo ici!), ont s’est retranchés dans l’entrée de l’université qui accueillait les Journées d’été, parce qu’en plein centre ville, on aurait pu déclencher des crises d’épilepsie…
A part ça la journée s’est terminée doucement. Ah non, sauf que j’oubliais LA blague du mercredi 17. Le retrait de mon badge… J’ai failli porter plainte pour diffamation, avant que Julien Sage m’explique (en étant néanmoins mort de rire) que le 69 correspondait à mon numéro d’inscription, qu’on y pouvait rien, que c’était la vie, et que oui, j’allais devoir me le trimballer autour du cou pendant 4 jours… #MerciClermont #HeureusementQueJaiDeL’Humour …
Jour 3: soirée serpentins et cotillons chez les hulotistes (jeudi 18)
Le mercredi, c’était aussi l’anniversaire de Jean-Paul Besset. Et effectivement, ce fut un peu sa fête. Comme la plupart des protagonistes de la campagne hulotiste, c’était un peu la journée du “je me fais interpeller toutes les 10 minutes sur l’absence de Nicolas Hulot”, et “je dois passer mon temps à rassurer tout le monde sur le fait que OUI, je soutiendrai Eva Joly et non Jean-Louis Borloo” et je dédramatise les rumeurs abérrantes du genre “il parait que Hulot projette d’aller aux journées d’été du MODEM en deltaplane, t’en penses quoi…?”. Et aux supporters de Stéphane Lhomme, on leur a demandé leur avis (ah non c’est vrai, on pouvait pas, ils sont tous pas venus
)
Pour se remonter le moral, le cercle des hulotistes anonymes s’est réunis le jeudi soir pour un débrieffing suivi d’une collation auvergnate (rien à voir avec Brice Hortefeux je vous rassure). Il faut être honnêtes, on ne savait pas trop ce que ça donnerait. Certains trouvaient cela inutile. C’était fini, il fallait soutenir Joly et tourner la page. Mais j’étais d’avis, comme beaucoup d’autre, que cela ferait du bien à tout le monde d’analyser la défaite, d’exprimer ses regrets et de dégager des perspectives, en mode thérapie de groupe.
Et utile, oui, ça l’a été. Certains étaient contents, d’autres critiques. Mais tout le monde a été constructif. Et j’ai l’impression que l’échange a vraiment fait du bien à tout le monde. La plupart des gens étaient d’ailleurs de bonne humeur, et on a eu droit à des blagues presques marrantes: “il n’y a plus d’hulotistes, nous sommes tous des Orphelins”.
Plusieurs perspectives ont été envisagées, dont il s’agira de discuter avec Nicolas pour qu’il détermine quelle place il peut et veut prendre dans la suite de la campagne écologiste pour 2012. Une rencontre aura surement lieu en septembre entre lui et ses soutiens, dans un cadre un peu plus serein que des journées d’été.
On est tous rentrés un peu soulagés… Mais c’était avant LA provocation. Un petit carton de la femme de ménage retrouvé sur mon couvre lit à l’hotel (parce que oui, l’Etap Hotel, c’est trop classe, on a MEME des couvre-lits
) En gros, on m’annonce qu’une dénommée Eva a nettoyé ma chambre, qu’elle est d’une propreté irréprochable, que ses équipements sont en parfait état de fonctionnement, et le plus drôle: ”si elle ne vous donne pas satisfaction, merci de bien vouloir nous le signaler”. Dormez malin!
Je n’ai pas porté plainte pour persécution, parce que j’étais trop morte de rire. Je me suis dite que c’était un signe du destin… Justement, le lendemain matin, les Jeunes Ecologistes avaient rendez-vous avec Eva Joly pour un petit déjeuner / échange sur la campagne présidentielle. Au cours duquel j’ai eu l’occasion d’affirmer au cas où cela ne serait pas clair pour tout le monde que les Jeunes ayant soutenu Hulot ou Stoll dans la primaire avaient un objectif en tête: le meilleur score possible pour l’écologie en 2012. Et qu’il était donc hors de question qu’ils ne soient pas au côté de celle qui a été désignée la candidate de l’écologie pour l’occasion. Et que les quelques uns qui avaient encore besoin de ruminer / digérer quelques jours se dépêchaient de redevenir de bonne humeur
Preuve de mon bon esprit, j’ai même ramené un énoooorme paquet de badges”pour moi c’est eva” à l’université ce matin là, pour que les groupes locaux des Jeunes Ecolos en aient. Et avec le sourire s’il vous plait
Jour 4 : L’anniversaire des Jeunes Ecolos (vendredi 19)
Puis est venu vendredi, et le lancement officiel de la campagne des Jeunes Ecolos pour 2012: “2072: vois plus loin que le bout de ton mandat”. 12 propositions (non exhaustives) pour 2012, pour un monde meilleur en 2072. Beaucoup de retours positifs là dessus pendant les Journées d’été de la part de tout le monde. Et donc encore plus de motivation pour porter ces propositions durant la campagne présidentielle!
Nous avons d’ailleurs eu l’occasion, ce jour là, de débattre de ces propositions avec les Jeunes Socialistes et les Jeunes du Parti de Gauche, dans le cadre d’un atelier intitulé “les jeunes de gauche en 2012″. Et réussi à dégager des combats communs à mener, sur lesquelles nous nous rencontrions totalement: l’égalité salariale homme/femme, les libertés numériques, la dépénalisation du cannabis, etc.
Le soir, les Jeunes Ecologistes fêtaient leurs 10 ans. Et nous avons été nombreux à nous retrouver dans un bar du centre ville de Clermont (#ambiance) pour célébrer dignement cet anniversaire, avec nos adhérents mais aussi d’anciens Jeunes Verts, des alcologeeks toujours partants pour un petit verre mais aussi des fans venus partager un moment de convivialité et des militants écolos qui passaient par là et ont vite compris que c’était THE PLACE TO BE.
Par contre, le service, c’était pas ça. Parce que 200 personnes dans un bar dont les deux serveurs ont peur de se faire un claquage et donc ne servent pas plus d’une bière toutes les 5 minutes, bah forcément, ça fait beaucoup de queue…
Jour 5: l’instant norvégien #Gluttefruck (samedi 20)
Le samedi finalement, dernier jour des Journées d’été, l’heure était à la responsabilité collective et à la cohésion de groupe. Même Jean-Paul Besset été présent au premier rang !
Cette plénière de cloture, c’était “l’instant norvégien” (#GRUT). La salle émue a découvert Audun Lysbakken, ministre du gouvernement norvégien à seulement 33 ans. Et a qui on s’est mis d’accord à quelques unes pour lui accorder aussi la binationalité #Primaire2017…
Cette plénière, c’était l’aboutissement de la réconciliation post-primaire des écolos qui était essentielle avant la longue et difficile campagne qui nous attend. Tout le monde a été bon esprit. Tout le monde a été fairplay. Et les “Nicolas avec nous” scandés par la salle à l’appel d’Eva Joly ont je le sais mis du baume au coeur à beaucoup…
Même les coups de gueule de Dany étaient loins. Un peu comme à la fin des BD “Astérix”, quand Assurancetourix est bailloné derrière un arbre pour ne pas gâcher la fête. Et bah voilà, Dany, c’est un peu notre assurancetourix à nous. Et ses déclarations relous de Clermont, c’était un peu comme les auvergnat “quand il y en a une, ça va. C’est lorsqu’il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes …”.
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
16 juillet 2011 Des nouvelles de Stockholm…
Dix neuf heures, en direct de T-Centralen, la gare de Stockholm. Tentative d´écriture d´article sur un clavier Qwerty, avant le départ pour le grand Nord!
Le syndrôme de Stockholm
Nous sommes arrivés à Stockholm lundi 11 et avons eu dans un premier temps un peu de mal à décrocher de l´actualité brulante. Tout nous rappelait la primaire. La nouvelle marque à la mode de design suédois “Eva Solo”, les pochettes pour Iphone en bois dont on aurait bien ramené un exemplaire pour Henri Stoll, et, comme nous ne sommes pas non plus des mono-maniaques de la primaire, la manif “un bateau pour gaza” version suédoise croisée par hasard au pied du palais royal.
Un portable perdu plus tard, il ne m´était de toute manière plus possible de suivre en direct live le dépouillement de la primaire (le résultat ne faisait de toute manière plus grand suspens). Ce qui m´a pas mal aidée à prendre de la distance et à profiter des vacances.
Et les vacances, ce fut tout d´abord de réjouissantes retouvailles avec Stockholm, ville dans laquelle j´ai vécu entre 2006 et 2007, et dont certains endroits en étaient venus à terriblement me manquer, malgré quelques séjours “madeleine de proust” express depuis.
La premiére soirée avait tout pour nous faire “décrocher”. Nous avions réservé la “cabine du capitaine” qui occupe la proue de l´auberge de jeunesse / voilier 3 mats “Af Chapmans”. C´était ambiance Titanic, dans un espace restreint mais ayant conservé ses meubles d´époque (fin du 19eme siècle). On s´y croyait! Surtout que nous venions de diner dans l´auberge Viking de la ville médiévale, de plats typiques d´époque arrosés d´hydromel.
Mais le lendemain, il a fallu troquer les lits bateaux et la salle de bain à hublots avec vue sur Gamla Stan (la vieille ville) pour notre tente deux places qui se monte même pas en deux secondes. On s´en fout, on s´est vengés, en la plantant sur les hauteurs de l´île de Skeppsolhmen, en plein centre ville, nous offrant ainsi une vue imprenable sur le quartier branché de Södermalm, le lac Malaren et la forêt de Djurgarden. Le réveil à 3h50 par un soleil en pleine forme et des mouettes déchainées on ne sait pas trop pourquoi a été un peu brutal, mais le lieux était unique. Bon par contre c´était un peu illégal donc on ne s´est pas tellement attardés pour démonter le tout et retourner à l´auberge de jeunesse chercher le reste des affaires laissées à la bagagerie.
Lost in translation
A peine deux heures plus tard, nous embarquions sur un petit bateau navette á destination de l´archipel Stockholmois et ses 24 000 îles et îlots. Nous avions choisi Finnshamm, une île assez grande et surtout déserte. Pierre-Emmanuel a trouvé sur sa carte (#scout) une crique bien à l´écart pour y planter la tente et pouvoir jouer tranquilles à “Lost” (bon d´accord, on a rien réussi à pêcher en deux jours et on avait fait – heureusement me direz vous, ca doit être notre côté prévoyant… -, le plein de courses chez ICA (chaîne suédoise de grande distribution alimentaire) avant de partir.
On a tout de même été assez performants sur le ramassage de bois, qui nous a permis d´allumer un feu impressionnant spécial 14 juillet (vous l´aurez donc compris, pas de défilé militaire pour nous non plus). Et aussi dans le ramassage de myrtilles, dont grouillait l´île. Se poser deux jours au même endroit nous a permis de nous reposer un peu (mine de rien, les dernières semaines ont été un peu éprouvantes), et de lire. Le dernier polar d´Eva Joly pour PE (tiens donc), et la Faculté des rêves de la Suédoise Sara Stridsberg pour moi (#circuitcourt).
Il faisait un temps pas trop mal pour la Suède. PE a même pris le risque de se baigner dans la baltique (enfin de manière un peu forcé, pour sauver notre hamecon pris dans les algues – parce qu´en fait quand on vous dit qu´on a rien pêché, on veut dire “aucun poisson”).
Faux départ
Hier, c´était le grand jour. Celui du début de l´aventure à proprement parler. Nous quittions Stockohlm par le train de nuit de 21h20 pour rejoindre le grand nord, puis entammer une redescente progressive en quelques semaines vers le Sud de la Suède, le Danemark puis Lille.
On était à l´heure et tout et tout. Sauf qu´il y avait quelqu´un dans notre compartiment. Et que quand on a cherché une solution auprés de la contrôleur, elle nous a gentillement expliqué (et sans se moquer – sont magnanimes ces suédois) que notre billet était pour… demain). Oui oui, je suis un boulet. Je plaide entièrement coupable sur ce coup là, je me suis embrouillée entre les dates de départ et d´arrivée, erreur de débutante
Bref, ca aura eu le mérite de nous offrir un jour de plus à Stockholm, mis à profit pour faire un peu de lessive, visiter Sôdermalm, et… aller voir Harry Potter au cinéma (en anglais hein, on n´est pas – complètement – tarrés). Et comme une couille n´arrive jamais seule, le film a buggué, un mec est venu nous expliquer en suédois au bout de 15 minutes que si on ne voyait pas la 3D c´était normal, parce que la bobine était à l´envers ou un truc dans le genre. Et donc qu´on aurait tous une place gratuite pour une prochaine séance où on veut en Suède, et quón pouvait au choix se faire rembourser ou rester et voir le film en 3D pour du vrai à condition de mettre les lunmettes à l´envers. Je sais, ca paraît bizzarre, mais toujours est-il quón est restés, quón a retourné nos lunettes (on avait pas l´air finauds´) et qu´on a gagné deux places gratuites
Bref, nous voilà de retour à T Centralen. Départ imminent. Et dans 15 heures de train couchette (si tout va bien, on se méfie maintenant), on sera à Avisko, à plus de 150 kilomètres au nord du cercle polaire, à quelques kilomètres de la frontière norvégienne.
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
10 juillet 2011 * * * VaCaNcEs :-) * * *
Ca y est, c’est les vacances!
Après une année bien chargée tant sur le plan militant que sur le plan scolaire, je viens de terminer mes études, en soutenant jeudi mon mémoire sur le développement durable dans les hôpitaux publics.
En attendant les journées d’été puis les joies de la recherche de boulot et de logement à la rentrée, je pars quelques semaines en Suède, retrouver ce pays qui m’est cher. Au programme: étapes en train couchette et camping sauvage, de Stockholm à la Laponie puis en redescendant vers le Danemark.
Comme ça sera retour à la nature sans eau courante et sans électricité (#SobriétéJoyeuse), je ne pourrai pas forcément donner des nouvelles très souvent, mais promis, quand je trouve une connexion de temps en temps, je poste quelques photos!
Et puis ça me donnera aussi l’occasion de vous donner signe de vie, parce que mine de rien je pars avec un Jolyste dans la forêt, ça pourrait mal se terminer (quoique, le résultat présumé de la primaire, s’il est attristant (“extrêmement positif” me souffle PE), a au moins le mérite d’assurer ma sécurité physique pendant ces vacances)
Haut les coeurs
Et un bon été à tous!
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
2 juillet 2011 Quel hôpital durable?
Bonjour tout le monde!
Cela fait un bail que je n’ai pas donné de nouvelles sur ce blog, mais j’avais des excuses: j’étais – en plus de la primaire et du congrès chez EELV – en pleine fin de stage au siège de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris), et de surcroit en train de boucler mon mémoire de fin d’études, que vous trouverez ci-dessous pour ceux qui sont à la recherche de lectures d’été
Alors certes, rédiger ce mémoire n’a pas été très rock-&-roll (et même parfois hyper fastidieux, surtout en juin
) mais il n’empêche que ça m’as permis de prendre un peu de recul et de réfléchir à ce pour quoi finalement on se bat vraiment: la transformation écologique de notre société, qui doit toucher tous les secteurs, tous les acteurs, tous les domaines.
Modestement, j’ai décidé de réfléchir à l’institution que je connais le mieux: l’hôpital public. En prenant vraiment le temps d’analyser le chemin parcouru, de faire un point d’étape en décrivant où nous en sommes, et enfin en tentant d’imaginer quelques perspectives, pour l’hôpital public mais plus largement pour le secteur de la santé.
Ce mémoire a été l’occasion de travailler en particulier sur la question des déchets hospitaliers, et sur une problématique propre aux établissements de santé: les déchets à risque infectieux.
Résumé du mémoire
Manager le développement durable, un défi pour l’hôpital public au XXIème siècle
___________________________________________
Etude de cas : l’AP-HP et la gestion des déchets
Problématique et méthodologie
Si l’adhésion est aujourd’hui massive autour du constat des crises économiques, environnementales et sociales et sur le bien fondé du développement durable, il y a toujours un décalage important entre la communication, « l’affichage » de mesures, et leur mise en œuvre opérationnelle. La question la plus importante aujourd’hui est donc de savoir comment passer des intentions aux actes.
L’hôpital public est une institution complexe à piloter – du fait à la fois de ses missions, des lourdes et légitimes exigences qui y prévalent en matière de sécurité, de sa sociologie, mais aussi des réorganisations, restructurations et restrictions budgétaires qu’il subit actuellement. Analyser le management durable des hôpitaux publics offre donc un éclairage tout particulier sur la question de la mise en œuvre opérationnelle du développement durable. En quoi est-il particulièrement important que les hôpitaux publics adoptent un management durable ? Etant donné que le soin reste bien sûr la mission centrale des établissements de santé, quelles marges de manœuvre reste-t-il pour le management durable et comment le concilier avec les contraintes budgétaires propres à l’hôpital tout en restant intransigeants sur la qualité des soins et la sécurité ? Quels sont les freins, mais aussi les leviers existant à l’hôpital, susceptibles de faciliter la mise en œuvre du management durable, et quelles sont les perspectives pour le développement durable à l’hôpital public à court, moyen et long termes ?
Afin de répondre à cette problématique, il a été procédé un examen approfondi de la littérature existante, afin que le présent mémoire s’appuie aussi bien sur le corpus législatif et réglementaire en vigueur que sur les revues spécialisées, les rapports et guides officiels et les travaux de recherche ayant déjà été réalisés. Quelques entretiens ont également été menés avec des acteurs clés de la mise en œuvre du développement durable dans les hôpitaux publics. Enfin, ce travail a été rédigé parallèlement à un stage de trois mois au sein du Département de la politique logistique du siège de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, qui a été l’occasion de multiples échanges sur le sujet et un terrain d’étude privilégié, notamment sur la question de la gestion des déchets hospitaliers, qui sont au centre des préoccupations économiques, écologiques et de sécurité de tous les établissements de santé. Il a en outre été procédé au cours de ce stage à une enquête auprès des 12 directeurs de groupements hospitaliers que compte l’institution (ou de leur adjoint, le cas échéant), réalisée au moyen d’entretiens téléphoniques et selon un questionnaire préalablement testé.
Développement
Les horaires décalés et les conditions de travail stressantes, l’utilisation massive de dispositifs à usage unique, la lutte contre les infections nosocomiales, une grande consommation d’eau ou encore une production de déchets importante sont autant de caractéristiques propres aux établissements de soin, qui semblent a priori peu compatibles avec le développement durable.
Malgré cela, la déontologie médicale et le développement durable forment une « communauté de pensées », pour reprendre l’expression de Marie Christine Burnier, chargée du développement durable à la Fédération Hospitalière de France. C’est là toute l’évidence paradoxale du développement durable, consubstantiel aux missions du secteur hospitalier public, mais souvent difficile à concilier avec ses exigences.
Si le développement durable est une évidence, le management durable représente donc un véritable défi pour l’hôpital public, que celui-ci s’attelle à relever depuis quelques années. Certains établissements ont certes été précurseurs, mais c’est bien l’évolution de la réglementation et la mise à disposition des établissements de santé d’un ensemble d’outils qui a marqué un tournant significatif dans la prise en compte du principe de durabilité par les différents établissements de santé, ce qui n’empêche pas certains établissements publics de prendre des initiatives en matière de développement durable et de mener des politiques volontaristes innovantes en la matière.
Trouver le meilleur compromis entre les impératifs de bien être des patients et du personnel soignant, les besoins fonctionnels (réglementation, technique, usage) et l’équilibre économique est déjà le quotidien des établissements de santé. En affichant son désir de relever les grands défis environnementaux et sociaux de notre société, le secteur hospitalier ne se simplifie pas la tâche, mais habitué à croiser de multiples exigences et contraintes souvent contradictoires, à penser à la fois à court et à long terme et à positionner les hommes au cœur de ses actions, l’hôpital est déjà bien engagé dans la logique du développement durable, parfois même sans le savoir.
A l’hôpital, le développement durable ne doit vraiment pas être uniquement perçu comme un effort supplémentaire à fournir. Il est également source d’externalités positives, au rang desquelles les économies permises par les économies d’énergie, une ambiance de travail améliorée, ou encore le fait d’être moins vulnérables aux coupures d’électricité en cas de catastrophe naturelle pour les établissements ayant opté pour la production durable d’énergie.
En tant qu’établissement public de santé, l’AP-HP est confrontée aux mêmes difficultés que les autres hôpitaux publics dans sa mise en œuvre du développement durable. S’ajoutent à cela d’autres difficultés spécifiques ou particulièrement exacerbées à l’AP-HP : la problématique de la taille de l’établissement, poussée à son paroxysme, l’hétérogénéité des différents sites que compte de l’institution, et enfin le contexte actuel de restrictions budgétaires et de réorganisation, estimé par la plupart des personnes interrogées comme étant particulièrement contraignants pour le management durable.
L’AP-HP a été un terrain d’étude privilégié, car bien que la spécificité de l’institution y rende le management durable particulièrement délicat, cela n’empêche pas le siège d’impulser une véritable politique transversale en la matière depuis quelques années. Mais l’AP-HP semble être au milieu du gué : les objectifs sont définis, la méthode précisée et les projets lancés, mais les résultats concrets sur le terrain tardent à se faire ressentir. Comme l’a expliqué l’un des directeurs de groupe hospitalier interrogé par téléphone : « on ne peux pas dire qu’il y ait eu un changement colossal. Si changement il y a, il concerne plus l’état d’esprit et les mentalités, pas les actes ».
Pour déterminer l’importance de l’écart entre les objectifs et la réalité, seul un travail de terrain permet de départir l’intuition des faits objectifs, d’où l’étude de cas portant sur la politique des déchets de l’AP-HP, et plus précisément sur les déchets infectieux et sur le carton. Les déchets sont en effet une des problématiques essentielles du développement durable en établissement de santé. Tout d’abord, l’enjeu économique est manifeste : l’AP-HP produit annuellement 46 800 tonnes de déchets, et dépense entre 13 et 14 millions d’euros par an pour leur traitement. Mais les déchets sont également un enjeu environnemental, puisque comme cela a déjà été évoqué dans la première partie, une grosse partie des déchets générés par l’activité hospitalière est dangereuse pour l’environnement, et ce sans compter que tous les déchets, même ceux qui sont jugés non-dangereux, ont un impact environnemental direct ou indirect : celui de leur transport et de leur traitement en aval, celui des ressources ayant été mobilisées, voire détruites dans leur processus de production en amont. Enfin, la problématique sociale existe également en matière de déchets d’activité de soin, puisque la maîtrise de l’hygiène dans les unités de soins et celle de la sécurité des personnes entrant en contact avec ces déchets tout au long de la filière y sont étroitement liés
On estime aujourd’hui que l’AP-HP trie 18,8% (en poids) de ce qui est non-dangereux, c’est à dire de la totalité de ses déchets hors DASRIA, déchets chimiques et déchets radioactifs. Cela est une bonne base, mais que l’institution s’est fixée comme objectif de faire progresser par la mise en œuvre de nouvelles filières et par l’augmentation des gisements captés par les filières existantes.
L’analyse des résultats des différentes enquête souligne que l’instauration de certaines filières de tri à l’hôpital permet de faire des économies tout en protégeant l’environnement. C’est aussi l’occasion de repenser les pratiques professionnelles et l’organisation des services, et également d’avoir une vision plus globale des achats, qui anticipe notamment les déchets générés en aval et leur valorisation. Mais l’exercice est souvent délicat, et doit constamment s’adapter aux spécificités de chaque site, qui conditionnent le choix de telle ou telle solution. La sensibilisation, la formation et l’organisation du travail et des services ont ici une importance cruciale, pour inciter les acteurs et leur permettre de procéder correctement au tri.
Poursuivre la réflexion sur le développement durable à l’hôpital public invite enfin à imaginer ce que pourrait être l’hôpital de l’avenir, et plus largement à dessiner les contours de ce que pourrait être une politique de la santé durable dans cinquante ans.
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
13 avril 2011 Pourquoi je suis résolument favorable à une candidature de Nicolas Hulot pour 2012…
A 11h, Nicolas Hulot déclarera officiellement sa candidature à la primaire (désignation pour la présidentielle) d’Europe Ecologie – Les Verts….
J’en profite pour “sortir du placard” et vous annoncer – mais cela n’est plus un secret pour beaucoup de gens – que je le soutiens depuis maintenant quelques semaines.
Alors certes, j’encaisse les critiques faciles depuis quelques jours, de ceux qui, écologistes ou pas, parlent sans savoir, raillent sans légitimité, critiquent sans se mouiller, et menacent de ne pas faire campagne s’il remportait la primaire écologiste. Mais je suis convaincue de mon choix. Convaincue du personnage. Convaincue qu’il est de notre responsabilité, en 2012, de démocratiser l’écologie politique, et que oui – Nicolas Hulot est le plus à même de faire passer notre message.
L’actualité (crise financière, catastrophe nucléaire de Fuckushima, scandale du Médiator, dérapages xénophobes du gouvernement, crise sociale, etc) vient tristement nous rappeler que la société n’a jamais eu autant besoin du changement de modèle porté par les écologistes.
Nos récents scores - entre 10 et 15% en moyenne -, sont encourageants, mais insuffisants pour engranger réellement la conversion écologique de notre économie et plus largement de notre société, que nous réclamons de nos voeux. Notre but ne doit plus simplement être de participer à l’élection pour « parler » et « faire parler » de nos idées et de nos propositions écologistes. Place à l’action ! Notre objectif en 2012 doit être ambitieux et viser un score qui nous permette d’être en position de force pour négocier suffisamment de postes ministériels et de circonscriptions.Le but n’est pas de satisfaire les ambitions personnelles d’untel ou untel, mais bel et bien d’être réellement en mesure non plus seulement de porter l’espoir, mais de le concrétiser. Car c’est bien cela qui est en jeu aujourd’hui: souhaitons nous rester des figurants de la politique nationale, ou aurons-nous le cran de tout mettre en oeuvre pour en devenir des acteurs de premier plan? Il est de notre responsabilité d’écologistes de transformer l’essai, et de ne pas rester au milieu du gué!
Après des cantonales pas hyper méga faciles dans le Pas-de-Calais et la claque Front National (la “vague bleue marine” a remporté 52% des suffrages dans ma ville – Hénin-Beaumont – au second tour, alors que 4 duels seulement se jouaient sans candidat frontiste sur tout le département), je pense sincèrement qu’Hulot est le bon choix. Un choix qui parle aux gens, tandis que le concept “Eva Joly”, malgré un an de campagne, échappe encore à la majeure partie d’entre eux. Ils ne la connaissent pas. Elle ne les transcende pas. Malgré il est vrai des efforts notables ces dernières semaines, que je salue d’ailleurs. Nicolas a déjà cette notoriété qui fait qu’il sera écouté. Et pourra parler de l’écologie à des publics que nous ne sommes pour l’instant pas parvenus à toucher, et encore moins à mobiliser. Quelle est notre priorité aujourd’hui: convaincre ceux qui sont déjà convaincus, ou massifier l’écologie politique, seule idéologie en laquelle nous croyons et que nous parviendrons pas à concrétiser tous seuls?
Ma conviction est que pendant que les partis majoritaires se renvoient la faute sur les scores angoissants du Front National, il est de notre responsabilité de faire un barrage intelligent et constructif à l’extrême droite. Beaucoup plus efficace qu’une union sacrée électorale conclue en catastrophe entre deux tours et qui ne s’occupe que des conséquences en oubliant les causes profondes. Pour s’attaquer aux racines du mal, ce n’est pas d’un barrage électoral dont nous avons besoin. Mais bel et bien d’un barrage d’idées. D’un barrage d’espoir. Beaucoup d’électeurs FN cherchent en fait un moyen d’exprimer leur désarroi face à une société qui les déçoit, les plonge dans l’anxiété, les révolte. Mais nous le savons, derrière le paravent communicationnel du Front National et de Marine Le Pen se tapit un projet certes anti-républicain et xénophobe, mais également complètement archaïque et inadapté aux crises actuelles.
A nous de produire et de communiquer sur un projet qui sache convaincre ces personnes écoeurées par la politique xénophobe et populiste du gouvernement, mais qui doutent des capacités du PS à se montrer suffisamment créatifs pour rompre avec nos modèles dominants, et à s’adapter aux enjeux majeurs du monde contemporain : sortir du dogme de la croissance, construire une société postindustrielle, mener une autre politique de la santé, sortir du nucléaire, etc
C’est à Nicolas que j’ai choisi de faire confiance pour porter cette lourde responsabilité. Parce que je sais qu’il a la fraicheur, la motivation, le dynamisme, la fibre et les épaules pour le faire.
Aujourd’hui commence une campagne interne qui débouchera en juillet sur la désignation de notre candidat à la primaire. Je lui fait confiance pour rassurer les écologistes sur sa capacité à défendre NOTRE projet. A mener une campagne collective où tous trouveront leur place. A ne laisser AUCUN doute sur ce qu’il appelera à voter au second tour. A éclaircir les points sur lesquels il se fera sans aucun doute tâcler, sans langue de bois.
Je pourrais faire la liste des 10 “vraies idées reçues” qui circulent depuis plusieurs mois sur Hulot. Je préfère le laisser lever les soupçons et garder mon énergie pour les quelques semaines de campagne interne qui se préparent… J’aurais de toute manière largement l’occasion de revenir sur tout ça dans de prochains billets!
Mais je vous en supplie, ne tombons pas dans les petites phrases qui discréditent tout le monde. Ecoutons ce qu’il a a nous dire, et jugeons par nous-même. Sereinement. En nôtre âme et conscience. Selon notre intime conviction
Déterminons ce qui est important pour nous en 2012 et quelle est la manière dont nous pensons pouvoir y arriver.
Et engageons nous, quoi qu’il arrive, à faire la campagne du ou de la candidat/e qui remportera les primaires. #BonEsprit
Que le meilleur gagne !
- Laisser un commentaire
- Publié sous Non classé
18 mars 2011 #CarnetdeCampagne – Suite et fin
Il me reste un heure pour écrire ce dernier billet car à minuit, il sera interdit de diffuser de nouveaux messages électoralistes. Seuls les tracts déjà diffusés pourront continuer à l’être (et avec Bernard, on compte bien poursuivre le travail de porte à porte à Vimy, Bailleul-Sir-Berthoult et Souchez notamment!).
Je n’ai pas eu le temps d’écrire un article par jour comme je le souhaitais, donc voici en vrac quelques souvenirs de campagne
Les Chiens
LE truc qui m’a fait peur (outre l’abstention et le vote FN), ce sont les chiens. Et là je comprends la douleur des facteurs en milieu rural, lorsqu’il faut risquer sa vie pour atteindre la boîte aux lettres. Et des fois on est même prévenus … Exemple avec cette photo prise à Neuville Saint Vaast
Et LA petite touche supplémentaire: le maître qui jardine devant sa maison et qui te dit fièrement “il garde bien sa maison hein!”
Après bien sûr il y en avait de toutes les tailles. Certains à côté desquels je rigolais pas. D’autres au contraire qui m’ont fait mourir de rire. Un notamment, à Neuville Saint-Vaast. Que je ne voyais pas à cause d’une haie mais dont je redoutais la taille rien qu’à entendre les aboiements… Puis en contournant la haie, je vois un chien pas plus grand que celui de Paris Hilton, avec en plus une tête ridicule genre un peu comme une tête de biche (qui ne suivait d’ailleurs pas du tout avec le reste de son corps…) . J’en ai rigolé pendant au moins 4 boîtes aux lettres!
Les moments insolites
Après il y a aussi les moments qui m’ont fait (sou)rire.
Comme celui où j’étais toute contente (à Neuville-Saint Vaast toujours) d’avoir trouvé une “rue verte”. J’étais complètement en train de vivre ça comme une hommage… Jusqu’à ce que je tombe sur la rue suivante, la “rue marron”… #désillusion
Autre moment mémorable, la visite tout à l’heure du Béguinage de Thélus (sorte de petit hameau avec plein de maisons individuelles pour personnes âgées, regroupées autour d’une “salle de convivialité” (#VivreEnsemble)). Dans cette salle de convivialité justement, une vingtaine de convives étaient en train de s’affronter aux jeux de société: quelques tables “belote”, et une autre “scrabble”, dont je m’approche parce que ça me rappelle quand j’étais petite. Et là, je vois, en plein milieu du plateau de jeu, écrit “SEXE”. Je leur ai fait la remarque qu’elle avaient l’air de bien s’amuser, elles ont toutes fait un petit sourire coquin…. c’était vraiment très drôle comme scène. Mais en tout cas très bon moment passé là-bas. Et découverte sur le terrain de ce type de solution pour les personnes âgées, certaines préférant se regrouper que de de rester isolées à leur domicile, après la perte de leur conjoint notamment.
Les retours aux sources
Le canton de Vimy commence juste à côté d’hénin-Beaumont, à Quiéry- La-Motte. La campagne ne m’a donc pas trop déracinée… Et j’ai même pu venir soutenir Régine Calzia à la fin de sa réunion publique pour le canton de “Montigny-en-Gohelle”, qui comprends près de la moitié d’Hénin-Beaumont. Ils avaient invité un groupe, l’ambiance était très sympa, et ce fut notamment l’occasion de se vider un peu la tête avec les copains (même si on nageait tout de même en pleine ambiance “campagne”.
Je n’aurai cette fois pas l’occasion de voter pour moi-même (contrairement aux municipales et aux régionales), mais je sais que ma voix écologiste sera très utile là elle où sera comptabilisée (ainsi que celle de la procuration que m’a laissée ma mère
) (et une voix de moins pour Steeve Briois, une! Enfin deux même, du coup #Yeah)
d
d
L’affichage
L’autre joie de la campagne, ce fut les coups tordus en tout genre concernant l’affichage… On aura tout eu, des affiches posées illégalement avant le début de la campagne officielle … (la preuve en image)
Aux récurrentes affiches déchirées (mais pas très discrets les mecs, vu qu’une seule restait toujours indemme…)
Note: l’ “arracheur” semblait moins nous détester que d’autres
)
d
La politique autrement
Tant que j’en suis aux pratiques douteuses, je peux continuer… Sans citer de noms bien sûr mais vous devinerez tous de qui je parle…
La politique autrement, c’est aussi sortir des sentiers battus et des campagnes traditionnelles en mode affiche/tract. La politique autrement, vraiment autrement, c’est quand en faisant du porte à porte, tu apprends que le candidat passé avant toi a promis du travail. Pas genre “augmenter l’emploi dans le Pas de Calais”, hein . Plutôt du genre “ah, vous êtes au chômage, passez à telle adresse demain”. Et la femme qui t’annonce toute contente qu’elle y a été (à la “Vie Active” en l’occurence (OUPS ça m’a échappé)) et qu’elle est sur une liste d’attente et qu’elle aura un travail grâce à ce MERVEILLEUX candidat.
La politique autrement, c’est aussi (réinterprété par certains) quand la suppléante (pas moi hein, je vous rassure) sert de potiche en réunion publique. A seulement droit à deux minutes d’expression libre pour réciter un bout de papier qui délimite “le rôle de la suppléante”, avant de s’excuser en disant qu’elle n’aime pas trop parler en public. Après un discours de 15 minutes sur la parité, ça fait mauvais genre!
La politique autrement, c’est enfin quand on fait campagne juste sur le nom… de son père. Père qui est d’ailleurs la guest star de la réunion publique. L’introduit. La ponctue. La clôt. Et que l’on se contente soi-même de lire un discours (devinez qui l’a écrit?).
Bref, moi je trouve qu’on se plaint du manque de renouveau en politique alors que certains se décarcassent quand même pour être originaux dans leur pratique. #StopALaMauvaiseFoi
Les coups de main des copains
Sinon ce qui m’a également touchée, ce sont les coups de main des copains, que je tiens à remercier… L’exé des Jeunes Ecolologistes qui m’a laissée le temps de faire campagne, Pierre Emmanuel qui a bien dépanné sur le blog et beaucoup soutenue, les adhérents qui ont rédigé de supers communiqués de presse, mais aussi l’équipe de Thélus, les arrageois, les loosois et autres copains du bassin minier (mention Spéciale à Alex Guest que j’ai eu la bonne surprise de voir ce soir à la réunion publique à Vimy alors qu’il est lui même candidat à Avion) et Enzo pour leur aide au tractage. Et aussi les copains Nordistes, le bureau régional, Jean-François, Marie-Christine, Vincent, Bernard, Nathalie, Manu, les “parrains” de la campagne. Et Julien pour sa patience.
Sans oublier Raphaël, dont le mail m’a beaucoup touchée. Je sais maintenant de source sure qu’il lit ce blog, et lui souhaite un très bon rétablissement. Je suis convaincue qu’il sera sur pieds et en forme pour la présidentielle, on l’attends tous bientôt de retour parmi nous
Votre coup de main à tous m’a fait du bien au moral!
d
Les réunions publiques
Petit point finalement pour les réunions publiques. Nous étions une cinquantaine ce soir à Vimy, en présence d’Emmanuel Cau, Vice Président NPDC à l’Aménagement du territoire, l’environnement et au Plan Climat.
Cette série de réunion publiques n’a pas été de tout repos, surtout celles qui supposaient un aller-retour “Paris-Arras” sur la soirée. Mais ce fut vraiment, avec le Porte-à-Porte, les meilleurs moments de la campagne, au sens des “plus enrichissants”. Ceux qui permettent de comprendre les préoccupations des gens. De vraiment pouvoir défendre ses convictions. De partager aussi.
Elles m’ont également permis de constater une prise de conscience écologiste. Nos arguments sont écoutés avec plus d’attention. Et le sujet du nucléaire revenu systématiquement cette semaine. Jamais à mon intiative. Toujours par les questions du publiques, et chaque soir dans les premières questions d’ailleurs.
Bref, tout ça pour vous dire qu’il reste à espérer. On a de bons échos. On ressent des choses très positives sur le terrain. Mais on sait que ce scrutin nous réserve bien des surprises mais on a beaucoup de mal à évaluer l’état des forces politiques en compétition sur ce canton, étant donné que le Conseiller sortant, qui est aussi le Maire de Vimy et donc de la moitié des électeurs du canton, a finalement décidé de ne pas se représenter….
Suspens donc, jusque dimanche soir…
——————
Et en attendant le dénouement, Choisissez l’espoir, Votez l’écologie
![]()
(et pas qu’à Vimy hein, TOUS les copains ont besoin de votre soutien!)
—————–
A dimanche soir pour la suite!
Tags:Campagne, Carnet, Carnets, Carnets de campagne, de, Election, Emmanuel Cau, Neuville-Saint-Vaast, Scrutin, Thélus, Vimy, Vote
15 mars 2011 Avertissement: billet d’humeur indécent
Alors ça y est, le mot est lancé depuis quelques jours: les écologistes sont « indécents » de parler du nucléaire… en pleine catastrophe nucléaire.
Suis-je indécente? Je ne le sais pas. En tout cas je suis sure d’une chose: je suis en colère.
Je l’ai été ce matin contre Ségolène Royal, qui au micro de France Inter, alors qu’on lui posait une question sur le nucléaire, a refusé de répondre « par respect pour les japonais », contrairement aux écologistes dont elle avait l’air outrée qu’ils « osent » répondre aux journalistes. La parade facile quand on n’a rien à dire, ce pourquoi une telle réponse m’inspire finalement de la pitié et du mépris plutôt que de la colère. Ségolène Royal s’est couverte de ridicule ca matin, la twittosphère avait l’air unanime, ça me suffit.
Par contre je suis très en colère parce que je ne comprends pas.
Je ne comprends pas pourquoi il est indécent de parler des dangers du nucléaire en pleine catastrophe nucléaire,
Je ne comprends pas comment des membres d’un gouvernement qui manipule dégueulassement l’actualité pour répondre à chaque fait divers macabre par une loi sécuritaire peut se permettre ne serait-ce que d’imaginer un tel argument,
Je ne comprends pas en quoi le débat sur le nucléaire, serait indécent, là où le débat sur l’identité national serait un gage de démocratie participative,
Je ne comprends pas non plus ce genre d’argument de la part d’un clan qui se permet – et à heure de grande écoute en plus -, de se féliciter des conséquences positives de la catastrophe pour la compétitivité des produits français (Gaino) . Ou dont la plus fidèle conseillère sur la stratégie énergétique (j’ai nommé Anne Lauvergeon, PDG d’AREVA), en profite pour vanter les mérites de son nouveau réacteur EPR, dont la sûreté nucléaire serait supérieure à celle des réacteurs japonais. C’est vrai que c’est VACHEMENT le moment de parler de tout ça. #OnPerdPasLeNord #BuisnessIsBuisness
Je ne comprends pas non plus pourquoi à l’heure où l’Allemagne, la Suisse mais aussi bientôt la Belgique annoncent un moratoire ou même la fermeture de certaines centrales nucléaires, la France s’obstine à clamer qu’elle “ne sortira pas du nucléaire dans les décénnies à venir”. #Autisme
Dans mon esprit, qui doit certainement être malsain parce que je suis une écologiste…, c’est justement le fait de débattre de l’opportunité d’un débat sur le nucléaire tandis que nos voisins européens prennent des décisions qui est indécent.
Vanter le nucléaire en expliquant qu’il permet « l’indépendance énergétique de la France », alors que l’Uranium vient principalement du Niger, est indécent
Qualifier le nucléaire, d’ «énergie propre» est indécent
Se dire que « ça n’arriverait pas en France parce que chez nous c’est plus sûr » était facile mais déjà pas décent quand l’incident se produisait dans un pays communiste. Mais c’est en plus faux quans le pays concerné est le Japon.
Dire que les centrales nucléaires françaises ne sont pas construites en zone sismique est indécent parce que c’est faux: la centrale de Fessenheim (Alsace) l’est par exemple. Et si on la compare aux centrales japonaises, c’est un vrai bidonville, qui aurait dû être fermé depuis longtemps.
Ce que je ressens surtout, là maintenant, c’est l’indécence d’un gouvernement obnubilé par le « tout sécuritaire » mais autiste face à certains risques REELS pour la santé de tous les français: santé environnementale, OGMs, radioactivité, pollution des sols, nanotechnologies, etc
Pendant les vacances de Noël, la préfecture du Pas-de-Calais a mis en demeure un copain, Marc Boulnois, Maire de Norrent-Fontes (62), de démanteler un camp de migrants installé sur sa commune. Froidement, et sans s’inquiéter du sort des réfugiés concernés. L’argument du préfet, c’était le « trouble à l’ordre public ». Le jour où l’on sera au moins aussi tatillon avec les industriels qu’avec les plus démunis, alors là, la France cessera d’être indécente pour moi.
Désolée, c’était long, mais cette longueur est loin d’être à la hauteur de mon émotion. J’ai revu ce midi des images des 600 000 « liquidateurs » qui s’étaient sacrifiés en 1986 pour consolider et assainir le site. Et ça m’a pas mal secouée. C’était mon année de naissance. J’en ai entendu parler, de Tchernobyl, mais n’avais jamais été confrontée à ce genre d’images.
Je pense aux quelques salariés de la centrale de Fuckushima. Je les imagine dans la salle de contrôle entourés de boutons / alertes qui clignotent de partout depuis plusieurs jours. Face à une situation dont ils savent qu’elle est de plus en plus incontrôlable. Je les imagine confrontés à l’enchainement des mauvaises nouvelles, à la gradation de l’anxiété générale. Je les imagine se sentant impuissants. Je les imagine frustrés de ne pouvoir avoir plus de maîtrise sur la situation. Je les imagine conscients d’avoir entre leur main le sort de milliers de japonais. Et j’essaie de me rendre compte la pression que ça doit être, là maintenant.
Et je me dit que la seule démarche décente imaginable aujourd’hui, internationalement, c’est de tout faire pour que plus JAMAIS aucun être humain n’ait à gérer une telle situation.
Notre responsabilité aujourd’hui est collective.
J’espère que l’humanité s’en montrera à la hauteur.
J’espère que nous seront COLLECTIVEMENT assez intelligents pour se rendre compte que notre mode de développement a atteint ses limites.
Et qu’au lieu de foncer droit dans le mur, nous commencerons enfin à manoeuvrer pour infléchir notre trajectoire.
Je ne suis pas simpliste
Je ne dis pas que les réponses sont évidentes ni que ce sera facile
Je dis juste que par décence envers les victimes des dernières catastrophes environnementales et parmi elle, les victimes japonaises présentes et à venir, il est plus que temps de se sortir les doigts du cul et d’arrêter la politique politicienne niveau 20 000 lieues sous les mers.
Tags:Boulnois, Colère, Gouvernement, Indécence, japon, Marc, Nucléaire, Royal, Ségolène
- 3 commentaires
- Publié sous Humeur




















