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Le blog de Marine Tondelier

Elue municipale d'opposition à Hénin-Beaumont

Tag Archives: Santé

Je suis SURE que vous avez toujours rêvé de débattre de la santé dans le bassin minier.

Et oui, 67% de surmortalité à Hénin/Lens par rapport à la moyenne nationale, ça invite à la réflexion, et ça appelle des solutions!

Alors rendez-vous vendredi 31 mai à 20 heures à La Belle Anglaise place Wagon à Hénin-Beaumont pour un café citoyen intitulé "à votre santé" et dédié à la problématique sur notre territoire et aux solutions à envisager ensemble.

L’association des amis de l’émission de France Inter "Là-bas si j’y suis" propose en effet régulièrement depuis quelques mois des "Café repères" forts sympathiques, où des héninois engagés devisent autour d’une bonne bière en échangeant leurs points de vue, dans une ambiance mouvementée conviviale.

Après le classement du bassin minier à l’UNESCO, la laïcité, le logement ou encore la culture à Hénin-Beaumont, Bernard Carton-Leclerc m’a proposé d’animer cette édition intitulée "A votre santé". Accès aux soins des plus précaire, santé environnementale, inégalités de santé, alimentation, médecines naturelles, hôpital public, médecine scolaire: nous échangerons ensemble sur tous ces sujets qui restent une préoccupation majeure pour les français.


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Et après ce petit échauffement, ceux qui le souhaitent pourront poursuivre la réflexion le lendemain à Arras, où EELV organise sa troisième convention régionale.

Après la transition énergétique à Loos-en-Gohelle en mars et la Citoyenneté à Roubaix en avril, la Convention d’Arras sera consacrée à la nature, à l’alimentation et à la santé.

Elle est ouverte à tous, gratuite, et ça s’annonce là aussi très convivial!

J’y animerai notamment la plénière intitulée "L’agriculture contre la santé ?", où

> Paul Cordonnier, Médecin à Hornaing et membre de l’association APRES (Association promotion recherche environnement santé publique) nous présentera un état des lieu sans concessions de l’état sanitaire de notre territoire

> Paul Damageux, agriculteur à Loos-en-Gohelle, témoignera de sa conversion au "bio"

> François Veillerette, Vice-Président EELV "Alimentation/ environnement / santé" au Conseil régional de Picardie, nous présentera ses solutions concrètes

> Samuel Ferret, du RAD (Réseau agriculture durable) nous expliquera les enjeux de la réforme de la PAC (politique agricole commune).

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Toutes les informations dont vous avez toujours rêvé à ce sujet sont consultable ici sur notre site régional. Et pour s’inscrire, c’est au même endroit…

En conclusion, vous l’aurez compris, avec tous ces rendez-vous, EELV vous concocte des éléments de programme au petits oignons pour que la santé soit au coeur des municipales en 2014!

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A j-4 du premier tour des élections législatives, nous vous donnons rendez-vous demain pour les deux derniers "temps forts" de cette campagne (même si bien sur nous continuerons parallèlement les marchés (Libercourt et Noyelles Godault demain et LE fameux marché d’Hénin vendredi) et le porte à porte.

Certains d’entre vous ont surement vu "déferler" la vague verte lors des élections présidentielles : le premier numéro d’Écologie Hebdo, que vous pouvez retrouver ici. A l’occasion des élections législatives, c’est donc le deuxième du nom qui sort de presse, l’Écologie Hebdo n°2, qui vous pouvez consulter ci-dessous.

Si vous aussi vous faites parti des ces irréductibles membres du club "je préfère lire sur du papier que derrière un écran", sachez que demain matin, dans toutes les gares de France, les militants d’Europe Écologie Les Verts distribueront gratuitement cette nouvelle édition. Pour notre part, nous serons en gare d’Hénin-Beaumont et de Libercourt très tôt pour vous fournir de la lecture pour le TER (sympas les écolos!)

Jeudi soir, nous tiendrons également une réunion-débat au Café Bellevue, sur la place centrale, à partir de 19h00. C’est LE moment ou jamais de venir nous rencontrer pour échanger autour des solutions écolos, les seules solutions d’avenir, que nous proposons pour le bassin minier. Ce sera l’occasion de poser toutes vos questions, ou simplement de nous apporter votre soutien ! (cliquez ici pour retrouver l’évènement Facebook et y inviter vos amis!).

Si vous ne pouvez être parmi-nous, n’hésitez pas à nous poser vos questions par mail ou en commentaire de cet article !

A très vite !

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Aujourd’hui, dans le bassin minier, le chômage est un drame.

Alors que plus d’une personne sur deux est en âge de travailler, seulement la moitié possède un emploi [1]. Et cette situation est encore plus dramatique pour les femmes (seulement 45,1% d’entre elles ont un emploi contre 59,5% au niveau national).

Au total, ce sont plus de 34 000 personnes qui demandent chaque mois un emploi dans le bassin minier. Et dans leur très grande majorité, 24 000 d’entre eux en cherchent un mais n’en trouvent pas ; les autres exercent des temps partiels, pour la plupart involontairement. Résultat logique, le taux de chômage dans le bassin minier est toujours resté au dessus du taux de chômage régional et national depuis 2005 (fin 2011, il était de 15,8 % dans la zone Lens-Hénin alors qu’en France il était de 9,8%).

Les explications sont à trouver au niveau national et local.

L’histoire industrielle et minière a marqué le pas depuis des dizaines d’années en France et dans ce territoire nordiste. C’est un fait : en France, depuis 1980, ce sont presque deux millions d’emplois disparus [2] dans l’industrie – dont la majorité des destructions dans l’industrie manufacturière (96 %) [3]. Dans le Nord Pas de Calais, depuis deux ans, ce sont 31 600 emplois qui ont disparus. Et seulement 16 % des emplois détruits ont été compensés par des créations. On comprend comment l’arrêt de cette histoire là a bouleversé profondément la vie des habitants du bassin.

La concurrence internationale entre pays ensuite. Il serait trop facile d’accuser tel ou tel pays (Chine et Inde en tête) de détruire nos emplois. Car, avec ces pays émergents, nous sommes réciproquement imbriqués. A la fois par le commerce, la finance, mais aussi par la répercussion des dégradations de l’environnement et la progression des inégalités. Au-delà des fausses accusations entre pays, le coupable est le système financier international. Il entraine la recherche excessive de rentabilité et autorise les gains des uns sur le dos des autres : dumping social, dumping fiscal et dumping environnemental. Jusqu’à ce que ces autres là perdent à leur tour au détriment des suivants. Au final, les perdants ce sont les peuples et leurs emplois.

Un exemple : la fermeture de la fonderie de MetalEurop à Noyelles-Godault en 2003. À la recherche du meilleur lieu pour placer leurs fonds, les actionnaires de l’entreprise l’ont coulée. La délocaliser était plus rentable que de conserver les emplois et de dépolluer le site. 830 emplois disparus et 1100 hectares toujours pollués autour de l’usine à cause de l’absence de prise en compte de l’environnement, de la santé et de l’emploi…

Enfin, le changement de mode de consommation a favorisé la demande de services, notamment dans le commerce entrainant l’essor de grandes surfaces au détriment des petits commerçants.  L’hypermarché Auchan à Noyelles-Godault et la zone Maison Plus à Hénin-Beaumont ont créé des emplois certes, mais mettent en difficulté les petits commerçants et nuisent au dynamisme de nos centres villes.

Le cœur des problèmes est que cette destruction systématique d’emplois est due au fait que nous ne produisons plus ce que nous consommons.

Il faut donc une autre politique pour l’emploi, qui inverse la tendance : c’est-à-dire re-localiser et créer des emplois nouveaux et de qualité.

Les écologistes veulent ce changement.

Nos solutions?

CREER DES EMPLOIS LOCAUX

Comment ?

  • En accentuant le développement régional et s’en appuyant davantage sur une spécialisation au niveau territorial, sur le réseau d’entreprises intermédiaires, sur l’innovation et les circuits courts.
  • En favorisant la création d’emplois dans les services à la personne, à destination des familles, des personnes dépendantes et des personnes âgées, très peu développé à Hénin-Carvin.
  • En lançant un plan de rénovation thermique, pour réduire les factures et créer des emplois dans le secteur du bâtiment sur l’ensemble du territoire. Lutter contre la précarité énergétique, c’est du pouvoir d’achat en plus et une meilleure qualité de vie.
  • En aidant à la création d’emplois d’utilité sociale et de proximité pour les chômeurs, en soutenant la création d’entreprise de petite taille, proche de la population et dans les secteurs du social, de la santé et du développement durable.
  • Se protéger de la concurrence de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales et environnementales que la France et l’Union Européenne.

CREER DES EMPLOIS NOUVEAUX ET DURABLES.

Comment ?

  • En défendant et incitant toutes les initiatives pour créer des emplois durables. Le succès du Salon de l’habitat durable d’Hénin-Beaumont du 11 et 12 mai derniers montre bien que les habitants sont dans une réelle attente de politiques véritablement écologistes.
  • En soutenant les reconversions professionnelles des salariés par la formation continue et l’accès aux qualifications.
  • En développant l’innovation et soutenant la recherche pour s’adapter au nouveau contexte énergétique et à la raréfaction des matières premières.
  • En menant un plan de transition énergétique et gérer la sortie du nucléaire, afin d’entraîner une grande politique industrielle et d’investissements dans les éner­gies renouvelables.

DES EMPLOIS SANS DANGER POUR LA SANTE

Comment ?

  • En reconnaissant par la loi les problèmes de santé et de la pénibilité liés aux travaux industriels et en reconnaissant par la loi ces maladies du travail et les aides y afférant. Il est normal que des travailleurs ayant souffert de leur activité soient soutenus tant que possible par l’Etat.
  • En lançant un programme de dépollution des sites industriels, pour arrêter la dégradation de l’environnement, de la santé des salariés de ces usines et des riverains des sites pollués. Et toutes ces améliorations, entraineront la création d’emplois correspondent aux compétences existantes dans le bassin minier !
  • En donnant un meilleur accès à la santé dans le bassin minier. Alors que le Pas-de-Calais est l’un des départements où les indicateurs de santé sont les plus mauvais, avec comme zone rouge l’ex-bassin minier avec des taux de surmortalité allant jusqu’à 67% à Hénin-Beaumont, le nombre de médecins est insuffisant. En effet, l’offre de médecin spécialiste est de 7 points inférieur à la moyenne nationale et de 2 points pour les généralistes.

DES EMPLOIS QUALIFIES

Comment ?

  • En donnant un meilleur accès à l’éducation et à la formation continue et en accordant après la scolarité obligatoire un congé de seize semestres de formation à suivre tout au long de la vie avec garantie de revenu.
  • En luttant contre le décrochage scolaire et en rompant avec la culture de la performance et du contrôle généralisé. Il faut mettre fin à la situation du bassin dans lequel le taux de sortie du système scolaire sans diplôme est de 5 points supérieur à la moyenne nationale.

[1] Chiffre –  Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques – septembre 2011 – Pour l’agglomération Hénin-Carvin : http://www.insee.fr/fr/regions/nord-pas-de-calais/default.asp?page=themes/tableau_de_bord/TB02hc.htm

[2] Pour être précis, ce sont 1 913 500 emplois disparus entre 1980 et 2007.

[3] La désindustrialisation en France  – Les Cahiers de la DG Trésor – n° 2010-01 –  Juin 2010 – http://www.tresor.economie.gouv.fr/file/326045

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Voici la tribune co-signée par Anne Souyris et moi-même et parue ce matin sur Le Monde.fr

En vous souhaitant une bonne lecture !

Point de vue

Drogues : mettons fin à 40 ans d’hypocrisie !

 

Les drogues restent un sujet passionnel en France, ce qui rend les partis comme les élus particulièrement frileux quant à la réforme de nos politiques en la matière, et ce, malgré leur flagrante contre-productivité.

Notre politique française – la plus répressive d’Europe –, montre clairement ses limites. La plupart des experts reconnaissent que comme la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis dans les années 1920, elle nourrit les trafics en tout genre, précarise les usagers les plus vulnérables et engendre des violences, que la simple présence de policiers sur le terrain ne permet plus d’endiguer. Dernier symptôme d’ineffcacité, et non le moindre, la France détient aujourd’hui un des taux records de jeunes utilisateurs de stupéfants en Europe.

En effet, malgré l’arsenal répressif mis en œuvre, les statistiques de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies révèlent que même interdite, la drogue est facile d’accès et les drogues dites "dures" (cocaïne, héroïne, LSD, etc.) sont plus populaires parmi les jeunes qu’auparavant. Enfin, la répression entraîne une consommation de drogue forcément clandestine, qui précarise les usagers : la diminution des moyens mis en œuvre pour les accompagner et les aider au quotidien ont fait une fois de plus repartir leur mortalité à la hausse.

Depuis 2003, la politique gouvernementale a accordé la priorité à la criminalisation de l’usage des drogues, qui mobilise des milliers de policiers et de gendarmes, gèle des moyens très importants, coûte un temps précieux, et encombre souvent inutilement les douanes, les tribunaux et les prisons. Une politique de la drogue pacifiée permettrait de libérer de précieux moyens de sécurité, qui pourraient être ré-affectés à d’autres types de missions. Cela est d’autant plus nécessaire que la répression se trompe de cible : on estime que les interpellations pour stupéfants concernent dans 90 % des cas les usagers de cannabis, alors que les interpellations pour trafic se montent à environ 9 %.

Quant aux condamnations, elles sanctionnent essentiellement l’usage et la détention-acquisition, délits associés à l’usage. Il s’agit le plus souvent d’amendes – mais contrairement à ce qui se dit, il y a aussi des incarcérations pour usage, soit en 2008 3 111 peines ferme pour usage illicite de stupéfant et 5 456 peines ferme pour détention-acquisition de stupéfants soit au total 8 567, les incarcérations pour usage étant plus nombreuses les incarcérations pour trafic.

Depuis plus de quarante ans, les gouvernements de droite comme de gauche ne se sont jamais détournés de la surenchère répressive comme le montrent les chiffres publiés la semaine dernière par l’OFDT : depuis 1970, la répression de l’usage a augmenté chaque année, parallèlement à l’augmentation régulière des moyens des services répressifs. Or des solutions alternatives existent ! En témoignent notamment les derniers rapports d’institutions aussi réputées pour leur sérieux que l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation des Nations unies ou encore l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Une expertise confrontant les données internationales a en effet démontré que la répression de l’usage et détention était inefficace pour limiter les consommations et encore moins pour le trafic. Les chiffres récemment publiés sont clairs : la plupart de nos voisins en Europe ont déjà dépénalisé l’usage, soit de toutes les drogues (Espagne, Italie, Pays Bas) soit seulement du cannabis (Allemagne, Belgique, Autriche) au cours des années 1990, sans constater d’augmentation de la consommation. La même démonstration a été faite au Etats-Unis, avec les douze Etats qui ont dépénalisé l’usage et la détention du cannabis pour consommation personnelle.

CHANGEMENT RADICAL

Ce qui est efficace en matière de protection de la santé, c’est une information fondée sur la réalité des risques, information qui réduit effectivement les risques et s’accompagne aussi souvent d’une stabilisation des consommations. Le développement des salles de consommation s’inscrit dans la logique de ces politiques de santé publique. Le consensus des experts est international, et certains pays – dont la Suisse, les Pays-Bas, le Portugal l’Allemagne, la Norvège et l’Espagne –, ont déjà réagi en autorisant l’ouverture de salles de consommations, en dépénalisant la consommation de cannabis voire en mettant en œuvre une distribution contrôlée d’héroïne dans certains cas très spécifques et très lourds de dépendance.

Les Jeunes Verts et Europe Ecologie – Les Verts insistent aujourd’hui pour que la France adopte à son tour des politiques de santé et de solidarité publiques qui soient basées non sur la peur et l’épouvantail sécuritaire mais sur l’humanisme, la lucidité et la responsabilité. Une politique des drogues efficace ne pourra faire l’économie à terme d’un changement radical d’orientation. Et nous avons le courage de dire que seule une légalisation contrôlée à tous les niveaux – autant en termes fiscal, sanitaire, qu’en terme de prévention et de sécurité pour tous –, est nécessaire, voire urgente. Cela induirait de changer les traités internationaux ? Alors engageons la réflexion pour ce changement ! Mais agissons dès aujourd’hui, localement, et appliquons des mesures capables de sauver des vies, en commençant par l’installation de salles de consommation à moindres risques !

Plus généralement, nous devons nous engager sans attendre dans un changement des pratiques, pratiques de santé publique d’une part, pratiques répressives d’autre part. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de se donner des priorités : la protection de la santé exige le développement de politiques de santé qui intègrent la réduction des risques ; la protection de la sécurité impliquerait la définition de priorités, la lutte contre la violence, le blanchiment et la corruption. Le développement de mafias internationales représente une réelle menace pour la démocratie : les services de police et justice doivent s’y consacrer au lieu de s’épuiser à lutter contre l’usage de la drogue. Ce détournement de moyen est inutile et contre-productif : plus les usagers sont interpellés, moins les trafquants le sont !

Nous espérons qu’Europe Ecologie – Les Verts, parti actuellement très seul à réféchir sans démagogie sur ce terrain très controversé, ne le restera pas longtemps : examiner les solutions que représenteraient la dépénalisation de toutes les drogues, la production locale en circuits courts de cannabis, la distribution médicalisée de certaines drogues dans des cas bien précis, et le recentrage de la répression sur le démantèlement des mafias… est aujourd’hui de l’ordre de l’urgence et de la responsabilité collective.

Aujourd’hui, nous fêtons les quarante ans d’un système législatif à bout de souffe : il est temps d’en fnir, non ? De nombreuses pistes existent, et nous invitons nos responsables politiques à les explorer, plutôt que de s’obstiner dans l’impasse dans laquelle les politiques des drogues françaises se sont engagées.

Anne Souyris, co-responsable du projet 2012 d’Europe Ecologie – Les Verts,
et Marine Tondelier, porte-parole des Jeunes Verts

 

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