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Le blog de Marine Tondelier

Ecologiste, élue d'opposition à Hénin-Beaumont et Conseillère Communautaire à la CAHC

Depuis les attentats de Nice, les mesures de sécurité appliquées aux rassemblements publics et diverses manifestations, sous le contrôle strict de la préfecture, ont monté d’un cran supplémentaire.

Ce renforcement des exigences a amené beaucoup d’organisateurs de kermesses ou marchés aux puces à jeter l’éponge, l’exemple le plus spectaculaire étant celui de la Braderie de Lille. Le FN s’est d’ailleurs rué sur le dossier en s’emmêlant manifestement les pinceaux: alors que Gilbert Collard avait plaidé pour l’annulation de l’euro pour raisons de sécurité et du fait de la menace terroriste, il s’est indigné de l’interdiction de la Braderie de Lille… N’y voyez rien d’autre qu’un esprit critique très développé😉 #ToutVaBien
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Bref, le Front National se sentant suffisamment sûr de lui pour donner des leçons de morale à tout le monde, est en vrai soumis aux mêmes contradictions que tous les autres maires de France dans la séquence.

Un exemple?

Ce matin avait lieu le marché au puces de la très active et sympathique ALPH (Association d’Aide aux Loisirs des Personnes Handicapées, dont je salut l’énergie qu’ils mettent au jour le jour à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap).

Suite à plusieurs réunions avec la préfecture en Mairie, il a été décidé de maintenir l’évènement, mais en appliquant des mesures de sécurité renforcées.

Deux agents de sécurité privés étaient donc postés à chaque entrée du marché au puce, incontournables du fait d’un système de barrières filtrant les entrées et les séparant du flux des sorties. Il était donc théoriquement impossible de se promener dans le marché aux puces pour les non-riverains, sans passer ce barrage. Barrage sur lequel les sacs de tous les participants étaient fouillés.

A la recherche de quoi? C’est là que j’ai du mal à comprendre…

Je n’avais rien de très dangereux sur moi mais j’imagine – au hasard – que si j’avais eu un échantillon de ça dans mon sac, je n’aurais pas pu rentrer pour des raisons évidentes de sécurité:

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Normal me direz vous.

Alors estimez vous normal que cette photo, ainsi que celle ci-dessous, proviennent en fait d’un des stands du marché aux puces proposant à la vente des armes en tout genre?

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Du coup je m’interroge: à quoi servent tous ces contrôles si les objets recherchés sont disponibles à l’intérieur de l’enceinte sécurisés?

Sans compter que périmètre du dit marché aux puces couvre plusieurs rues, donc des dizaines de maisons, dans lesquelles on peut trouver à peu près tout ce qu’on veut…

Enfin bref, chapeau aux associations que l’on fait se soumettre à des règles draconiennes mais qui, outre qu’elles font le bonheur des sociétés de sécurité privées qui n’ont jamais été aussi sollicitées, me semblent complètement décalées par rapport à la réalité des dangers.

D’ailleurs, on constate qu’en ce mois d’août où les mesures de sécurité sont maximales, la ville d’Hénin-Beaumont est loin d’échapper à l’insécurité. Et que quelque part, le terrorisme n’est pas le principal risque pour nos concitoyens, qui continuent à pâtir, malgré une municipalité qui avait fait de la sécurité sa grande priorité de campagne, d’un climat de tension regrettable.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une trentenaire a par exemple été retrouvée gravement blessée dans la rue des Frères-Herbaut, à deux pas du lieu du marché aux puces. Toujours hospitalisée au centre hospitalier de Lens, il s’avère qu’elle a été ruée de coups de pied et de poing et laissée gisante à l’endroit de son agression.

Hénin-Beaumont plage, animation d’un mois proposée au lac du « Bords des Eaux » à l’occasion des vacances scolaires, fait d’autre part l’objet quasi quotidiennement de vols de matériel et de dégradations en tout genre (coups de couteau dans le toboggan gonflable, incivilités obligeant à plusieurs évacuations du bassin de baignade, et multiplications des rixes entre diverses bandes, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre).

Bref, état d’urgence ou pas, la sécurité n’est pas au rendez-vous. Et les mesures communicationnelles mises en oeuvres ici, ne semble en rien résoudre le problème.

Je regrette que l’excitation généralisée de l’adjoint à la sécurité Bruno Bilde à chaque fois que le sujet de la sécurité est abordée en Conseil Municipal ne nous permette pas d’aborder sereinement  ce sujet.  (dernier exemple en date lors du dernier en date, le 15 juillet, au lendemain du drame de Nice, où il nous a hurlé dessus en nous expliquant que c’était l’armement de la police municipale là-bas qui avait permis d’arrêter le camion fou… c’était en fait les tirs de la police nationale).

Un débat constructif et sans tabou sur le sujet semble pourtant nécessaire… et urgent!

 

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« Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien »

Chanson de 1935, paroles et musique de Paul Misraki, publiée aux éditions Ray Ventura

Des explosions ont lieu ces jours ci au dépôt de munitions de Vimy, qui est un lieu de stockage d’obus des deux guerres mondiales, pour une raison que l’on ne s’explique toujours pas l’heure où je publie cet article…

Ce site est bien connu des habitants du territoire, qui avaient déjà été 13000 à être évacués plusieurs jours en avril 2001 le temps que l’on procède à la la sécurisation de l’énorme site de stockage de munitions.

Les aménagements effectués sur le site après cette grande évacuation nous ont certainement permis d’éviter le pire, mais cet événement nous rappelle que si le risque zéro n’existe pas, on doit toujours le rechercher.

C’est la raison pour laquelle les opposants au projet de forage de « gaz de houille » prévu dans le bassin minier sont d’autant plus inquiets que ces forages devraient avoir lieu à quelques encablures seulement de ce dépôt. Avec les secousses que cela suppose…

En février 2015, avec les autres candidats écolos aux départementales du territoire (Jamel Oufqir, Julien Wojcieszak, etc), nous avions justement attiré l’attention sur ce danger en plantant un arbre à l’emplacement prévu pour ces forages.

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Cette activité, en plus d’être coûteuse et néfaste pour l’environnement, entraînerait en effet nécessairement la déstabilisation du sous-sol, ici friable et déjà fragilisé par plus d’un siècle d’exploitation minière: les phases de forage, d’exploration et a fortiori d »exploitation, provoqueront des microséismes et des fuites de gaz incontrôlables. Sur ce site, ces fuites et tremblements auraient alors des conséquences bien plus dangereuses pour les habitants et pour l’environnement.

Ici, comme ailleurs, les risques environnementaux et sanitaires encourus par les populations locales ne sont justifiés par aucun bénéfice commun : Pas de gaz moins cher, pas d’impact sur l’emploi (uniquement 2 emplois non locaux par forage).

Le choix de cet emplacement par La Française de l’Énergie, a t-il tenu compte de la proximité de ce site particulièrement dangereux ?
Puisque la population n’est absolument pas consultée pour ce genre de projet pouvons nous faire confiance aux industriels quand il s’agit de faire passer l’intérêt général avant leurs intérêts particuliers ?

Avec EELV Bassin minier et EELV Nord-Pas-de-Calais et les collectifs anti-gaz de couche, nous ne cesserons donc de dénoncer ce Projet Inutile et Imposé par les lobbies financiers et gaziers. Nous réaffirmons notre opposition ferme à la recherche et à l’exploitation de gaz de couche, et de schiste qui même consommé localement n’est pas une solution pour réduire le réchauffement climatique.

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Le 28 avril 2016, le Tribunal Administratif de Lille a suspendu en urgence l’opération d’abatage de 38 tilleuls centenaires en cours rue Berlioz à Hénin-Beaumont, suite à un référé que j’avais introduit.

En effet, la municipalité d’Hénin-Beaumont, après avoir annoncé dans le journal municipal une simple campagne d’élagage, avait en effet entamé un véritable saccage sur ces tilleuls plantés en 1903, ordonnant un abattage radical des arbres en question et intensifiant le saccage à l’approche de l’audience pour faire le maximum de dégâts irrémédiables.

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Furieux de ce camouflet, ils ont même tenté en mai (photo ci-dessus) de contourner ce jugement en prenant un arrêté illégal piétinant cette décision de justice, et en reprenant l’abattage par surprise le lendemain matin vers 7 heures, opération qui avait été arrêtée par des citoyens et militants du territoire et par saisine de la préfecture, du TGI ainsi que du Juge administratif par un nouveau référé-suspension. Le Maire Front National avait fini par retirer cet arrêté quelques instants avant l’audience.

Cette semaine, le Maire frontiste a intenté une nouvelle procédure, prétextant un projet de « nouveau trottoir » – miraculeusement dévoilé au mois de mai, soit bien après le début des opérations que la mairie avait jusqu’alors eu beaucoup de difficultés à justifier y compris devant le tribunal – pour exiger la lever de la suspension.
Dans aucune ville de France refaire le trottoir ne demande d’abattre les arbres.
Cependant, lors de cette nouvelle audience au Tribunal Administratif de Lille, le Juge des référés, qui a bien spécifié pendant l’audience ne pas être là pour rejuger toute l’affaire mais pour se prononcer sur l’état des arbres à l’instant T, a dû se rendre à l’évidence: les arbres ont été mutilés.
Le considérant 7 est très clair sur ce point: « Dans ces conditions, et alors même que la commune a fait preuve de précipitation et d’une appréciation erronée des défauts présentés par certains arbres et compte tenu de ce que l’élagage drastique auquel il a été procédé en vue de préparer l’abattage à compromis irrémédiablement le devenir d’arbres ne présentant pas de risque de défaillance, la commune d’Hénin-Beaumont est désormais fondée à demander sur le fondement des conclusions des expertises produites à ce qu’il soit mis fin à la suspension de cette décision. »

En clair, le mal est fait. Irrémédiable. Et mutiler illégalement la nature permet ensuite de légaliser sa destruction. La législation française a encore bien des progrès à faire pour se mettre à la hauteur des enjeux environnementaux que ne manquera pas de nous poser le XIXème siècle.

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La Rue Berlioz avant intervention de la mairie

Je prends acte de cette décision qui me déchire. Ces arbres auraient dû et pu être soignés. Le Front national n’en a pas l’intention et je n’ai aucun moyen de les y contraindre, ceci n’étant pas une obligation légale.

Je me range donc à la décision du tribunal de laisser la mairie réparer ce massacre en replantant d’autres arbres. En ayant bien en tête que cette procédure judiciaire aura au moins permis à la Mairie de bâtir un projet sérieux d’aménagement des trottoirs de cette rue, qui encore une fois était compatible avec la préservation de ces tilleuls centenaires, refuges de biodiversité, climatiseur géant et outil imbattable de lutte contre les inondations et les pollutions.

Je tiens cependant à préciser suite à la réaction de Steeve Briois suite à ce verdict, m’accusant d’avoir « menti », « manipulé l’opinion » parce que « les arbres sont bien malades et doivent être abattus », que c’est bien sous le coup de leurs interventions que leur santé a été gravement compromise. Le jugement est très clair sur ce point. Ainsi que les propres expertises de la ville versées au dossier.

Face à ces intimidations et ces calomnies indignes d’un élu de la République, je vais examiner  les suites opportunes à donner à cette affaire qui révèlent une nouvelle fois les pratiques agressives et de passage en force de cette municipalité.

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui m’ont soutenue dans ce dossier et qui se reconnaîtront, ainsi que celles et ceux qui ont contribué financièrement à l’étude sanitaire qui aura son importance dans la suite de la procédure puisqu’elle démontre la responsabilité de la Ville d’Hénin-Beaumont.

En toute transparence, vous pouvez télécharger ici la décision du tribunal et la contre-expertise que nous avions fait faire de notre côté.

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Elaguer un arbre est nécessaire à sa bonne santé et à son intégration dans son environnement. L’organisation campagnes d’élagage régulières est donc tout à fait justifiée.

Mais la décision fin avril de la mairie, sans préavis et pour des raisons encore inexpliquées, d’abattre définitivement 39 tilleuls centenaires rue Berlioz dans le quartier du jeu de balle nous a interpelés.

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La rue Berlioz avant intervention de la mairie

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La rue Berlioz après intervention de la mairie

Un tel alignement d’arbres est en effet inestimable pour notre ville: en plus de sa beauté pittoresque, c’est un climatiseur géant en période de canicule, un refuge pour la biodiversité, et une véritable assurance vie face aux perturbations climatiques et environnementales qui nous attendent.

Alertée par plusieurs riverains effarés, et devant une mairie si sûre d’elle qu’elle refusait d’écouter ceux qui faisaient état de leurs doutes et de répondre à leurs demandes d’explications, nous n’avons eu d’autre choix que de faire intervenir la justice par un référé-suspension que j’ai improvisé en urgence le 26 avril (je ne suis pas juriste de formation…).

Lors de l’audience au tribunal administratif de Lille le surlendemain, j’ai en l’absence d’avocat défendu moi-même la cause des tilleuls de la rue Berlioz.

Rien ne m’a été épargné par l’avocat embauché par la ville, qui a commencé par dénigrer mon intérêt par agir en montrant, « plan mappy » à la main, que j’habitais à 20 minutes à pieds des arbres en question, et n’était donc pas impactée par l’abattage de ces arbres. J’ai donc dû rappeler que les riverains hostiles qui m’avaient alertée n’avaient pour la plupart pas souhaité, par peu de représailles, déposer un recours eux même. Et que c’est bien l’ensemble de l’écosystème de la ville (dont ses habitants ;)) qui profite des bienfaits de ces centenaires.

Il a même été jusqu’à réclamer une sanction de 3000 euros à mon encontre pour me punir de ce recours (se demandait-il toujours à ce moment là pourquoi personne d’autre n’avait souhaité engager de démarche juridique sur ce sujet?) en argumentant auprès du juge que je les détestait tellement que s’il ne m’infligeait pas une telle sanction, je déposerais des recours « tous les jours » contre ces clients (note de la rédaction: c’est le 1er recours que je dépose contre eux de toute ma vie).

Surtout, la ville et son avocat ont fait preuve de son ignorance la plus crasse en matière d’arbres.

Après avoir durant la semaine expliqué tour à tour que les arbres étaient victimes d’un grave champignon (alors pourquoi laisser les passants et riverains ramasser le bois laissé au sol par les abattages pour les ramener chez eux?), d’une épidémie (alors pourquoi les arbres situés à 1mètre à l’intérieur du parc n’en seraient pas victimes?), d’un mauvais élagage en 2005 (pourquoi ne pas les soigner plutôt que de les abattre?), la défense a fini par décréter que les arbres représentaient un danger car menaçaient de s’écrouler. Sauf que l’attestation d’expert brandie, ainsi que tous les constats d’huissier présentés étaient postérieurs au dépôt de mon recours et avait donc été produits pour la circonstance.

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L’adjoint à l’urbanisme a par exemple sorti de son chapeau une pièce « choc »: une photo de branche tombée sur la route en 2013. Si la stratégie du Front National est de s’en prendre aux arbres qui perdent des branches (ce qui est totalement normal dans le cycle de vie de l’arbre, comme un humain perd chaque jours des cheveux), la verdure héninoise peut trembler😉

La municipalité s’est également appuyée sur une photo de tronc creux pour démontrer « le piteux état des arbres ». Sauf que ce creux existe depuis plus de 50 ans.

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La défense a ensuite expliqué qu’il n’y avait pas de préjudice écologique car elle promettait d’en replanter autant, voir même plus. Cela revient à bien méconnaître l’intérêt des arbres centenaires, aux bienfaits décuplés pour leur environnement, qu’un arbrisseau n’est pas en mesure de compenser.

Ils ont enchaîné en expliquant avoir parfaitement informé la population dans le journal municipal… qui avait en effet évoqué une campagne « d’élagage » (vous avouerez que dans les actes ils ont été LEGEREMENT au delà de ce qui avait été annoncé ;)).

Ils ont même poursuivi en expliquant qu’il était de toute manière trop tard car l’ensemble des arbres avaient entre temps étaient abattus. Ce qui était un mensonge éhonté puisque j’ai pu constater en rentrant de l’audience que 18 arbres étaient encore sur pieds.

Pendant ce temps là, la mairie s’était par contre empressée d’ordonner la décapitation des 18 arbres encore intacts dès 7h30 du matin le jour de l’audience, histoire de faire le plus de dégâts possible et de mettre en danger leur survie.

Voici le résultat de ce massacre à la tronçonneuse volontairement précipité par le paire.

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Lorsque le juge administratif a rendu son ordonnance quelques heures plus tard (que vous pouvez retrouver ici), c’est donc un ouf que soulagement que nous avons poussé, le juge reconnaissant lui même une « erreur manifeste d’appréciation » du maire concernant l’état sanitaire des arbres en question, mêlé de déception de n’avoir pu empêcher plus tôt le massacre des arbres.

Mais notre objectif était – bien que partiellement – rempli: pouvoir prendre le temps, sereinement, de déterminer si celui-ci nécessitait une mesure aussi radicale plutôt qu’un traitement au cas par cas.

C’était sans compter sur l’esprit revanchard du maire qui bien que n’ayant pas usé de son droit de recours contre la décision du juge, a préféré, le 18 mai, prendre en catimini un nouvel arrêté illégal piétinant cette décision de justice, affiché devant la mairie au dernière moment, en fin de journée, pour nous prendre de cours.

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A 7h15 le lendemain matin, une nacelle « Trimmer » arrivait sur place.

Précisons qu’il n’en existe que 3 en France et que le coût de cette petite vengeance n’est donc pas anodin pour le contribuable héninois. Mais pourquoi avoir commandé un tel engin plutôt que ceux qui avaient été utilisés deux semaines plus tôt? Parce que cette nacelle était le moyen le plus radical « d’aller vite »: tout aurait été bouclé en quelques heures.

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Ce véritable passage en force du maire aurait eu des conséquences irrémédiables sans la réactivité dont nous avons pu faire preuve : deux nouveaux recours ont été déposés dans la nuit auprès du juge administratif, ainsi qu’une demande de répression pénale auprès du procureur de la république et une demande d’arrêté d’interruption de travaux auprès du Préfet.

Surtout, la mobilisation d’une trentaine de militants et riverains que je remercie a permis d’empêcher le démarrage des nouveaux abattage le matin dès 7h30, et de mettre la société et la police au courant de la décision de justice l’interdisant.

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Bruno Bilde, dans un état d’excitation avancé, s’en est pris successivement à toutes personnes présentes, qu’elles soient militantes, riveraines ou journalistes. Il criait des leçons de droit à qui voulait bien l’entendre « 1ère année de droit, pas d’autorité de la chose jugée », invectivait les journalistes venus faire leur travail, dénonçait un buzz monté contre la ville, lui qui a construit sa stratégie électorale locale sur cette méthode en jouant le petit attaché de presse de Marine Le Pen et en organisant de vrais safaris pour journalistes dans notre ville qu’il destinait alors à transformer en vitrine du Front National.

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Acculé par la justice et mis en échec dans sa tentative de passage en force, le maire a fini par retirer son arrêté quelques heures avant l’audience prévue le lendemain matin (preuve que les leçons présomptueuses de droit de Monsieur Bilde n’étaient peut être pas aussi rodées que cela…).

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L’affaire s’arrête donc là pour l’instant, le temps que la mairie procède à une nouvelle expertise sanitaire. Vu ce qui a été infligé aux arbres ces dernières semaines, nulle doute qu’ils sont a présent extrêmement fragilisés. Il s’agira de notre côté de faire la démonstration qu’ils peuvent encore être sauvés. Ou sinon d’attaquer la mairie pour les dégâts commis.

Cet alignement d’arbre remarquable, protégé par le niveau plan local d’urbanisme, était notre patrimoine environnemental. Notre patrimoine paysager. Notre patrimoine populaire.

Il est de notre devoir de nous battre pour le préserver.  Nous sommes et serons à votre dispositions à chaque fois que ce patrimoine sera menacé. N’hésitez pas à nous alerter!

En attendant, pour nous aider à financer une contre-expertise sur les tilleuls centenaires restants, vous pouvez faire un don ici:

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13263740_10154078018261280_5854810132664979366_n.jpgMarine Tondelier: «Il faut libérer la parole des femmes. Dans le monde politique et dans les entreprises, aussi»

PUBLIÉ LE 18/05/2016  // Propos recueillis par Eric DUSSART

Élue Europe-Écologie-Les Verts à Hénin-Beaumont, attachée parlementaire de son parti, Marine Tondelier était en première ligne, cette semaine, face à une actualité brûlante. Ce qui ne l’empêche pas de garder un œil sur ce qui se passe de l’autre côté des océans…

Journées d'été des écologistes à Villeneuve d'Ascq près de Lille. Marine Tondelier, membre du bureau exécutif d'Europe Ecologie Les Verts en charge des Journées d'été. Photo Christophe Lefebvre. La Voix Du nord.VDNPQR

L’affaire Baupin

« Je connaissais l’existence de cette enquête depuis le début, mais pour ma part, je n’ai pas eu à témoigner, parce que Denis Baupin ne s’est pas trouvé très souvent sur ma route.

J’exprime tout mon soutien à mes copines concernées. J’ai un immense respect pour leur courage et, en même temps, je ressens une vraie colère devant certaines réactions qui voudraient amener les femmes à se sentir coupables. La plupart des hommes qui se sont exprimés de cette manière sont d’ailleurs connus pour être eux-mêmes des harceleurs.

On a eu droit à tout. Même moi, ici, à Hénin-Beaumont, j’ai été accusée par un élu FN d’avoir couvert Baupin. C’est d’un ridicule ! La vérité est que nous savions que Denis Baupin est entouré d’une armée d’avocats. Il fallait faire attention à ce qu’on disait. Il y a d’ailleurs eu des pressions pour que cette enquête ne sorte pas.

Je suis satisfaite que tout cela soit sorti par notre parti. Cela pourrait libérer la parole. Dans le monde politique, mais dans celui de l’entreprise aussi. À l’Assemblée, cette semaine, on n’entendait pas beaucoup d’hommes parler de ça, mais dès que deux femmes se croisaient, alors !… On voit d’ailleurs que la parole se libère déjà : des noms circulent. Il y aura de nouvelles révélations. L’important, pour la suite, est que la honte change de camp. »

La loi travail et le 49-3

« Ce texte, à son origine, devait être le moyen d’entrer dans le XXIe siècle, de partager le temps de travail, d’introduire un revenu minimum de subsistance, et au lieu de cela, on revient au XIXe siècle.

C’est donc normal qu’il y ait eu des mouvements de protestation. Mais que de violences ! J’ai noté cette semaine des témoignages de policiers qui se sentent instrumentalisés : ils ont pour consigne de laisser entrer les casseurs dans les cortèges, et ensuite, ils doivent faire face aux heurts.

Myriam El Khomri dit que ce n’est pas la rue qui décide, d’accord, mais manifestement, ce n’est pas le Parlement non plus ! À quoi sert qu’il fasse tout ce travail, si c’est le président qui décide tout seul ?

Et tant qu’à utiliser cet article, on aurait pu le faire un peu plus tard. Pour permettre à la représentation nationale d’avoir un vrai débat, au moins. D’échanger des arguments. Mais même ça, ça n’est pas possible…

Je reste très perplexe devant l’attitude de certains collègues. Les aubrystes, notamment. Quand ils disent qu’ils vont infléchir la ligne du gouvernement, plus personne n’y croit. »

L’incendie de Fort Mcmurray

« C’est un symbole tristement ironique, cette ville qui n’existe que par l’exploitation pétrolière des sables bitumineux et qui manque de mourir de cela. Il y a là-bas l’équivalent de toutes les autres réserves mondiales de pétrole non conventionnel. Robert Redford a dit récemment que c’est le pétrole le plus sale de la planète, et c’est pour cela que le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto. Pour pouvoir exploiter ces sables bitumineux tranquillement.

On ne connaît pas encore l’origine de l’incendie mais cela ne peut être que la conséquence de la folie des hommes et des sociétés. Ils ont créé les conditions idéales pour qu’il se déclenche. Ensuite, le climat de plus en plus sec favorise son développement. Et les plans de prévention incendie ne sont plus adaptés à cette évolution du climat. Ils ont été pensés avant le réchauffement.

C’est la première évacuation de masse liée au réchauffement climatique, mais il en aura d’autres. Et peut-être pas loin de chez nous : notre littoral n’est pas à l’abri d’une montée des eaux. Je rappelle que la centrale de Gravelines est construite sous le niveau de la mer…»

Décidément, le Front National local est vraiment à vomir…

J’ai pris connaissance avec stupéfaction des déclarations abjectes tenues par Francois Vial – Employé au service communication de la ville d’Hénin-Beaumont, Conseiller Départemental du canton Hénin 2 et Conseiller Communautaire en tant qu’élu d’opposition à Oignies – sur son compte Facebook personnel et celui de la page « Oignies Bleu Marine ».

 

Je pense que Monsieur Vial parvient surtout avec ces déclarations aberrantes à faire la triple démonstration de sa bêtise, de sa méchanceté et du fait qu’il ne connait strictement rien ni en matière de féminisme ni en matière de harcèlement sexuel ni au fond de cette affaire.

Que comprend-il aux souffrances que Denis Baupin a provoquées et provoquera chez mes courageuses collègues et copines Sandrine, Elen, Annie et Isabelle ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous avaient reçu un témoignage direct de copine mais à qui il n’appartenait pas de le rendre public ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous, avaient des bribes du puzzle, suffisamment pour en parler « entre filles », vider son sac, avertir, accompagner mais pas suffisamment pour ne pas s’exposer à de la diffamation en parlant publiquement ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous, ont été entrepris-e-s sans forcément que cela ne constitue un harcèlement en soit car nous avons eu la chance que les choses s’arrêtent à temps ?

Qu’aurait fait Monsieur Vial confronté à ce sujet tabou face auquel parler aurait risqué de punir les victimes d’une double peine car à l’agression ou le harcèlement se serait joints la honte peut-être, l’incompréhension surement, et surtout – et cela n’a pas raté – le risque que le député en question ne les accuse de mentir ?

Oui, le choix de parler ou non concernait les copines en question. Ce n’était pas à nous de prendre la décision pour elles. Il fallait les aider, les accompagner, les protéger. Non pas les faire taire. Mais les laisser décider du moment où elles se sentiraient prêtes à affronter la sortie du silence pour être à leur côté à ce moment là. Et faire front, derrière elle. Dans un contexte extrêmement complexe. La photo du 8 mars de Denis Baupin portant du rouge à lèvre contre les violences faites au femmes a fait office de détonateur pour elles et je m’en réjouis.

Le communiqué de Denis Baupin parlant d’allégations mensongères alors que les témoignages sont nombreux, recoupés, connus et concordants est une seconde violence qui leur est faite.

Le culot malsain de celles et ceux qui tentent, comme Monsieur Vial, d’en faire un argument de politique, au niveau national ou au niveau local, en est une autre forme.

Un homme agresse et harcèle des femmes. Mais à aucun moment Monsieur Vial n’interpelle directement cet homme. Non, il s’en prend à une autre femme, celle qui est sur son passage localement. Comme d’autres s’en sont abjectement pris depuis lundi à la femme de Denis, Emmanuelle Cosse. Ou à Cécile Duflot qui pour certains auraient couvert, et pour d’autres – dont un Ministre qui l’explique très sérieusement aux journalistes depuis mardi – aurait « soufflé sur les braises » pour « punir Emma ». Ou même, comble du comble, aux victimes en questions « qui auraient du parler plutôt ».

Monsieur Vial est tellement ignorant en matière de féminisme qu’il commet dans son commentaire un combo d’énormités toutes plus grosses les unes que les autres.

J’aimerais donc qu’il m’explique en quoi je serais une « féministe de l’espèce hystérique – celle qui découragerait les hommes les moins misogynes de s’engager en faveur de la cause des femmes ».

La tournure « les hommes les moins misogynes » est d’ailleurs troublante : comme si TOUS les hommes étaient misogynes à quelques nuances près… Mais dans quelle monde vivent les élus Front national ? Quels hommes fréquentent-ils ?

Il est vrai qu’il m’arrive de regretter d’être la seule femme à intervenir en toute une séance en Conseil Communautaire ou en Conseil Municipal. Je continue à trouver cela perturbant dans des assemblées composées à 50% de femmes. Mais je ne vois pas bien en quoi cela fait de moi « une féministe hystérique ». Je sais d’ailleurs pour en avoir discuté à plusieurs reprises à l’agglo comme au conseil municipal que plusieurs de mes collègues femmes couvrant l’ensemble des différents groupes politiques du territoire en sont tout aussi étonnées que moi sans avoir forcément les moyens, la force, l’occasion ou l’envie de l’exprimer.

Bref, le but est de me faire taire sur le sujet le moyen retenu s’annonce contreproductif. Surtout que Monsieur Vial, dans sa grande cohérence, me reproche de m’être tue en me demandant justement de me taire, sous peine à l’avenir d’être méprisée (« Ses prochaines rodomontades féministes au conseil municipal d’Hénin-Beaumont ou à la Communauté d’agglomération seront désormais accueillies comme il se doit : par le mépris… »).

Donc je résume. Monsieur Vial, grand féministe depuis lundi matin, trouve que quand j’en dis peu j’en dis déjà trop (« féministe hystérique », « rodomontades féministes au conseil municipal »). Que quand je n’en dis pas assez je suis lâche («  elle est au premier rang de celles et ceux qui, par leur lâcheté, ont abandonné à leur sort des femmes dont le seul « tort » était de correspondre aux goûts de Denis Baupin ») . Et que désormais si je parle du sujet je serai méprisée. Belle démonstration d’un machiste qui peut être s’ignorait jusqu’à aujourd’hui mais qui vient de s’outer en pensant jouer au chevalier blanc.

Monsieur Vial, vous mélangez tout. L’idéologie, la politique, et enfin nos affrontements politiques locaux et la révélation nationale d’un drame qui impose le respect et non la polémique.

Je vous remercie à l’avenir de m’épargner vos leçons de féminisme ridicules, nauséabondes et machistes.

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« Les jeunes n’ont pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons » (Emmanuel Macron, le 21 mars 2016).

Bah oui quoi, ça ne sont que des jeunes, il ne faut pas trop leur en demander! Et puis d’ailleurs c’est surement pour cela qu’ils ne veulent plus voter pour nous…

Remaniement-l-hypothese-Macron-demission

 

Pour réagir à ces propos caricaturaux, méprisants et à côté de la plaque, nous avons souhaité avec Julien Bayou écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron… que nous proposons à toutes celles et ceux qui le souhaitent de co-signer en vous signalant –> ici< —

Nous complèterons la liste des signataires au fur et à mesure. Et si nous sommes suffisamment nombreux on la publiera🙂

Merci d’avance !

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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Lundi matin sur France Bleu Normandie, vous avez déclaré que les jeunes n’ont « pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons ».

Enième provocation ou signal d’un complet décalage, d’un mépris généralisé pour la jeunesse ?

Monsieur le Ministre, soyons serieux-ses: les jeunes d’aujourd’hui ont pleinement conscience du monde dans lequel nous évoluons et évoluerons pour la simple et bonne raison qu’ils-elles subissent de plein fouet les crises environnementale, économique, sociale et démocratique qui le traversent.

Nous serons la première generation depuis longtemps à vivre moins longtemps que celle de nos parents.

Nous serons une génération pour laquelle le dérèglement climatique ne sera plus seulement une theorie mais une realité, un héritage lourd à porter. Une de ces « générations futures » qui devra prendre soin de la planète pour réparer l’inconséquence de générations passées.

Nous ne comptons plus sur un emploi stable. Et celles et ceux d’entre nous qui ont la chance – car c’est devenu un bien rare – d’avoir un travail cotisent pour payer des retraites en ne se faisant pas trop d’illusions sur le fait qu’ils-elles en perçoivent une un jour.

Nous assistons à la triste pièce de théâtre du Président de la République et du Premier ministre qui divisent le pays et stigmatisent certains d’entre nous avec une réforme de la déchéance de nationalité qui de leur propre aveu et au mieux n’empêchera pas les terroristes de passer à l’acte, au pire accentuera la martyrologie djihadiste, comme un brevet leur étant décerné.

Nous avons conscience d’évoluer dans ce monde qui change, dans cette économie enrouée, dans cette période politique qui désabuse – ce que vos propos ne viennent en rien arranger.

De toute manière nous avons bien compris – car on nous le fait régulièrement sentir – que notre place n’est pas en politique. Vos institutions et votre Vème République ne nous incluent pas. Des assemblées grisonnantes votent des lois et concoivent des dispositifs sur ou pour les jeunes mais qu’en connaissent-ils-elles?

Les jeunes ont bien conscience du monde dans lequel nous rentrons. Plus que cela, ils veulent le façonner. Le réinventer. En être acteurs et pas spectateurs passifs ou pire, victimes impuissantes. Nous sommes de plus en plus conscient-e-s que cela ne peut pas passer simplement par la politique dont nous attendons malheureusement de moins en moins. Mais nous sommes enthousiastes à l’idée d’investir de nouveaux champs d’action qui s’ouvrent à nous. Nous avons l’intuition que les règles du jeu changent. Tatonnons. Innovons. Inventons. Uberisons. Protégeons. Essayons de nous projeter dans le monde de demain. Ce monde que contrairement à ce que vous pensez nous décryptons très bien.

Nous ne prétendons certainement pas parler au nom de toute la jeunesse mais nous prenons comme une provocation le fait qu’un ex-banquier d’affaires vienne, du haut de son Ministère, nous expliquer ce que nous comprenons ou pas et généralise ceci à toute une génération.

Car en réalité, vous n’exprimez là qu’une énième version de cette rengaine millénaire selon laquelle les générations qui suivent n’ont – forcément – rien compris.

Quelle suffisance…, nouvelle manifestation du décalage de notre « élite » avec sa jeunesse ou la population qu’elle devrait représenter.. et quel manque d’originalité !

Déjà au VIIIème siècle avant J.C., Hésiode écrivait, dans « Les travaux et les jours » : « Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. » On aurait pu croire avec l’avenement de ce siècle et de cette révolution industrielle en cours que notre classe politique aurait l’humilité de remiser les vieilles antiennes. En particulier s’agissant d’un ministre souvent distingué pour sa relative jeunesse.

Mais non, rien n’y fait. Comme dirait Brassens, « dernière averse ou neiges d’antan, le temps ne fait rien à l’affaire ».

Et tant qu’à vous écrire, faites passer ce message de Mitterrand à vos collègues qui envoient les CRS dans les AG étudiantes : “Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

Oui Monsieur Macron, les jeunes sont bien conscients du monde dans lequel nous rentrons. Nous avons d’ailleurs l’impression tenace qu’ils en ont beaucoup plus conscience que certains Ministres de votre gouvernement.

Et nous avons même parfaitement conscience du monde dans lequel vous essayez vous de nous faire rentrer. Et dont nous savons très clairement que nous n’en voulons pas.

Décidément, on vaut mieux que ca!

Marine Tondelier et Julien Bayou
Jeunes ou moins jeunes,
Pleinements conscients du monde dans lequel nous rentrons🙂

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