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Le blog de Marine Tondelier

Elue écologiste dans l'opposition à Hénin-Beaumont

« Les jeunes n’ont pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons » (Emmanuel Macron, le 21 mars 2016).

Bah oui quoi, ça ne sont que des jeunes, il ne faut pas trop leur en demander! Et puis d’ailleurs c’est surement pour cela qu’ils ne veulent plus voter pour nous…

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Pour réagir à ces propos caricaturaux, méprisants et à côté de la plaque, nous avons souhaité avec Julien Bayou écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron… que nous proposons à toutes celles et ceux qui le souhaitent de co-signer en vous signalant –> ici< —

Nous complèterons la liste des signataires au fur et à mesure. Et si nous sommes suffisamment nombreux on la publiera:)

Merci d’avance !

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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Lundi matin sur France Bleu Normandie, vous avez déclaré que les jeunes n’ont « pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons ».

Enième provocation ou signal d’un complet décalage, d’un mépris généralisé pour la jeunesse ?

Monsieur le Ministre, soyons serieux-ses: les jeunes d’aujourd’hui ont pleinement conscience du monde dans lequel nous évoluons et évoluerons pour la simple et bonne raison qu’ils-elles subissent de plein fouet les crises environnementale, économique, sociale et démocratique qui le traversent.

Nous serons la première generation depuis longtemps à vivre moins longtemps que celle de nos parents.

Nous serons une génération pour laquelle le dérèglement climatique ne sera plus seulement une theorie mais une realité, un héritage lourd à porter. Une de ces « générations futures » qui devra prendre soin de la planète pour réparer l’inconséquence de générations passées.

Nous ne comptons plus sur un emploi stable. Et celles et ceux d’entre nous qui ont la chance – car c’est devenu un bien rare – d’avoir un travail cotisent pour payer des retraites en ne se faisant pas trop d’illusions sur le fait qu’ils-elles en perçoivent une un jour.

Nous assistons à la triste pièce de théâtre du Président de la République et du Premier ministre qui divisent le pays et stigmatisent certains d’entre nous avec une réforme de la déchéance de nationalité qui de leur propre aveu et au mieux n’empêchera pas les terroristes de passer à l’acte, au pire accentuera la martyrologie djihadiste, comme un brevet leur étant décerné.

Nous avons conscience d’évoluer dans ce monde qui change, dans cette économie enrouée, dans cette période politique qui désabuse – ce que vos propos ne viennent en rien arranger.

De toute manière nous avons bien compris – car on nous le fait régulièrement sentir – que notre place n’est pas en politique. Vos institutions et votre Vème République ne nous incluent pas. Des assemblées grisonnantes votent des lois et concoivent des dispositifs sur ou pour les jeunes mais qu’en connaissent-ils-elles?

Les jeunes ont bien conscience du monde dans lequel nous rentrons. Plus que cela, ils veulent le façonner. Le réinventer. En être acteurs et pas spectateurs passifs ou pire, victimes impuissantes. Nous sommes de plus en plus conscient-e-s que cela ne peut pas passer simplement par la politique dont nous attendons malheureusement de moins en moins. Mais nous sommes enthousiastes à l’idée d’investir de nouveaux champs d’action qui s’ouvrent à nous. Nous avons l’intuition que les règles du jeu changent. Tatonnons. Innovons. Inventons. Uberisons. Protégeons. Essayons de nous projeter dans le monde de demain. Ce monde que contrairement à ce que vous pensez nous décryptons très bien.

Nous ne prétendons certainement pas parler au nom de toute la jeunesse mais nous prenons comme une provocation le fait qu’un ex-banquier d’affaires vienne, du haut de son Ministère, nous expliquer ce que nous comprenons ou pas et généralise ceci à toute une génération.

Car en réalité, vous n’exprimez là qu’une énième version de cette rengaine millénaire selon laquelle les générations qui suivent n’ont – forcément – rien compris.

Quelle suffisance…, nouvelle manifestation du décalage de notre « élite » avec sa jeunesse ou la population qu’elle devrait représenter.. et quel manque d’originalité !

Déjà au VIIIème siècle avant J.C., Hésiode écrivait, dans « Les travaux et les jours » : « Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. » On aurait pu croire avec l’avenement de ce siècle et de cette révolution industrielle en cours que notre classe politique aurait l’humilité de remiser les vieilles antiennes. En particulier s’agissant d’un ministre souvent distingué pour sa relative jeunesse.

Mais non, rien n’y fait. Comme dirait Brassens, « dernière averse ou neiges d’antan, le temps ne fait rien à l’affaire ».

Et tant qu’à vous écrire, faites passer ce message de Mitterrand à vos collègues qui envoient les CRS dans les AG étudiantes : “Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

Oui Monsieur Macron, les jeunes sont bien conscients du monde dans lequel nous rentrons. Nous avons d’ailleurs l’impression tenace qu’ils en ont beaucoup plus conscience que certains Ministres de votre gouvernement.

Et nous avons même parfaitement conscience du monde dans lequel vous essayez vous de nous faire rentrer. Et dont nous savons très clairement que nous n’en voulons pas.

Décidément, on vaut mieux que ca!

Marine Tondelier et Julien Bayou
Jeunes ou moins jeunes,
Pleinements conscients du monde dans lequel nous rentrons:)

Balises : ,

Monsieur le Député, cher Philippe,

En ma qualité de citoyenne et militante de ta circonscription, je me permets de te demander aujourd’hui en âme et conscience de voter contre le projet de réforme de la Constitution en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.

Alors que toucher la Constitution ne devrait se faire qu’en tremblant, ce projet de révision entérine sans recul ni efficacité des dispositions que j’estime inutiles et contraires aux valeurs de notre République.

Nous étions nombreux-ses à critiquer sous Sarkozy les « projets de loi de circonstance » pour répondre à des faits divers. Répondre à des attentats d’une barbarie sans nom par une réforme Constitutionnelle impulsive et polémique examinée à la hâte interroge également beaucoup d’observateurs, qu’ils soient militants ou universitaires.

La déchéance de nationalité constitue une rupture d’égalité de fait devant la loi entre les citoyens français. C’est une mesure discriminatoire et stigmatisante capable de crisper un peu plus une société dont les besoins d’apaisement et de fraternité sont impérieux. Son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme, elle, est unanimement reconnue. Jean-Jacques Urvoas, aujourd’hui Garde des Sceaux, avait d’ailleurs craint dans son rapport de mars 2015 que cette mesure ne soit « susceptible d’alimenter la martyrologie djihadiste ». En somme, être « déchu », en plus de ne pas décourager des terroristes qui rappelons-le souhaitent combattre les valeurs de la France et mourir pour cette cause, constituerait pour eux une sorte de brevet décerné à leur combat.

Je comprends que certains soient tentés de dire que s’ils ont prêté leurs bras meurtriers à la haine c’est qu’au fond ils n’étaient pas vraiment Français, puisque d’ailleurs ils avaient notre pays en horreur. Alors pourquoi refuser de les déchoir d’une nationalité qu’eux même récusent violemment ?
Parce qu’à cet instant précis, nous emprunterions le chemin de nos ennemis. Inscrire la déchéance dans notre Constitution, c’est au fond laisser l’insensé dire le sens commun, laisser l’aliéné prescrire l’ordonnance, laisser le fanatique décider d’un traitement qui nous empoisonnerait tous. Leur haine ne saurait dicter notre conduite collective.

Refuser cette escalade qui aurait des conséquences lourdes sur les valeurs qui fondent notre socle commun : c’est le chemin courageux, digne et solennel qu’avait choisi d’emprunter le Premier ministre Norvégien Jens Stoltenberg. Quelques heures seulement après les attentats qui avaient touché l’île d’Utoya et Oslo le 22 juillet 2011, il avait déclaré : «J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»
Tenons la déchéance pour ce qu’elle est – une diversion commode mais inefficace -, et attachons nous plutôt à rebâtir un esprit républicain trop longtemps délaissé. La priorité n’est pas la révision de la Constitution mais la réinvention de la République.

En ce sens d’ailleurs, l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution ne devrait avoir pour seul objectif que le renforcement des contrôles et des garanties de respect de l’État de droit en période de crise. Inscrire l’état d’urgence dans la Constitution sans le borner, notamment par un contrôle parlementaire digne de ce nom, c’est graver dans le marbre tout autant que banaliser ce régime d’exception qui exonère l’action des forces de sécurité du contrôle d’un juge.

Cette mesure d’exception qu’est l’état d’urgence n’a pas vocation à durer dans le temps. Ces restrictions de nos libertés fondamentales, collectives et individuelles, menacent l’équilibre des pouvoirs et le droit commun jour après jour. De tristes et nombreuses dérives (assignations à résidence de militants écologistes avant et pendant la COP21, perquisitions administratives chez des maraichers bios, stigmatisation d’acteurs associatifs et sociaux, multiplication des contrôles au faciès…) l’ont prouvé.

L’Etat de droit existant n’est pas un Etat de faiblesse. Toi et tes collègues parlementaires avez entre vos mains, en tant qu’élus de la Nation, un choix précieux que l’Histoire n’hésitera pas à scruter de son regard implacable.

Approuver cette réforme de la Constitution sans discernement constituerait une profonde défaite morale envers nos principes fondamentaux et une victoire éclatante pour toutes celles et tous ceux qui combattent lâchement les valeurs et les libertés de notre pays.

La démocratie est la cible des terroristes, elle doit être notre arme.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député, cher Philippe, en l’assurance de ma considération distinguée et de ma confiance pour prendre la bonne décision concernant ce projet de loi qui marquera l’histoire de ce quinquennat.

Marine Tondelier, Habitante de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

 

Balises :

Ce matin, les pages « Région » de la Voix du Nord indiquent une bonne nouvelle: « du mieux au Centre hospitalier d’Hénin-Beaumont », que vous êtes nombreux à mieux connaître sous le nom d’ « Hôpital Charlon ».

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En tant que Présidente du Conseil de Surveillance de la structure et dans un travail d’équipe où chacun – Directeur, personnels, député de la circonscription, etc – a joué son rôle avec implication, je me suis pleinement attelée à la lourde tâche de sauvegarder cette structure, qui avait obtenu en 2014 le triste record d’être la plus déficitaire de France, et dont la pérennité était alors clairement menacée.

Les élus Front national représentant la Mairie au sein du Conseil de Surveillance ont de leur côté purement et simplement déserté l’établissement. « Je n’y remettrai plus les pieds » avait déclaré rageusement Steeve Briois avant de claquer la porte du Conseil de surveillance suite à mon élection en tant que Présidente (lire ici pour mémoire). Son homme de main Bruno Bilde m’avait lui menacée lors des cérémonies du 14 juillet: « si vous gagnez ce vote, vous sombrerez avec votre hôpital ».

Il faut croire que les menaces me découragent que ceux qui les croient… Puisque l’hôpital est aujourd’hui bel et bien debout. Et que la tâche reste immense mais que la situation financière dramatique laissée en héritage par les directions précédentes est aujourd’hui en passe d’être résolue.

Ce contexte de redressement, j’ai justement eu l’occasion de l’évoquer lundi dernier lors de mon discours prononcé pendant la cérémonie des voeux de l’établissement, dont vous pouvez retrouver ici le récit fait par la Voix du Nord.

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Ce fut en effet pour moi l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, de remercier les personnels pour leur engagement et de regarder vers l’avenir.

 » 2015 a été une année au cours de laquelle nous avons inauguré officiellement, enfin !, des structures dont nous pouvons être fiers : cette clinique Fleury Joseph Crépin et le Kaleidoscope. Deux structures à la pointe de ce qui se fait de mieux architecturalement mais également en terme de prise en charge des patients. Deux structures ouvertes sur l’ambulatoire. Accessibles. Agréables pour les patients et pour les personnels. Les réactions de ceux de nos partenaires qui avaient fait le déplacement et en sont partis impressionnés, impressionnés que des structures de ce niveau existent, et oui, à Hénin-Beaumont, ces réactions doivent rendre fier-e-s de leur travail celles et ceux – j’en vois dans cette pièce – qui se sont battu-e-s pour qu’elles voient le jour. Et celles et ceux qui travaillent au quotidien pour que la suite de l’histoire soit à la hauteur des attentes suscitées.

2015 fut également une année au cours de laquelle j’ai vu l’équipe de cet hôpital toute entière unie, dans l’adversité certes, mais surtout autour d’un même objectif : sortir la tête de l’eau. C’est à chacune et chacun d’entre vous  que nous le devons.

J’ai bien conscience des trésors de patience, d’énergie et – dans la mesure du possible, de sérénité ;)- qu’il a fallu déployer pour en arriver aux résultats que nous constatons aujourd’hui.

> Je n’oublie pas l’engagement du Député avec qui nous sommes intervenus en tandem auprès du Ministère de la santé pour obtenir une enveloppe d’aide financière exceptionnelle d’un montant je dois le dire inespéré.

> Je n’oublie pas le dévouement de l’équipe de direction pour maintenir un cap ambitieux.

> Je n’oublie pas la responsabilité des représentants syndicaux qui, malgré la difficulté du contexte et sans ne rien renier de leurs revendications ni de leur engagement envers leurs collègues, ont su maintenir un climat social sain dans cet hôpital.

> Je n’oublie pas non plus de vous remercier, chacune et chacun d’entre vous, quelque soit le poste que vous occupez dans cette structure, pour les efforts que vous avez fournis. J’ai bien conscience que cela ne changera rien à ce qu’ils vous coûtent mais sachez que je les mesure et les garde en tête à chaque instant.

C’est pour cela que je fais le vœux et mettrai tout en œuvre, grâce à l’engagement de vos représentants syndicaux mais également, car cela est suffisamment rare pour être rappelé, avec l’engagement de l’équipe de direction, pour que chacun de ces efforts soit compensé, soit récompensé, à sa juste valeur.

Car les cérémonies de vœux doivent également et surtout être l’occasion de regarder vers l’avenir.

Le redressement financier est aujourd’hui une réalité. Une réalité qui va nous permettre de passer à autre chose, de tourner une page difficile, pour écrire des chapitres que je souhaite plus sereins, plus épanouissants, plus réjouissants.

Côté ressources humaines, 19 CDD ont d’ores et déjà été transformés en CDI. C’est un vrai soulagement, car je vous avoue que j’avais honte – et je n’étais pas la seule – de constater pour certains agents combien de fois leur CDD avait déjà été renouvelé.

Un CDI, c’est certes toujours plus sécurisant qu’un CDD. Mais lorsque l’on parle d’un hôpital public cela ne peut pas être satisfaisant. Il faudra donc organiser des mises en stage par le biais de concours, procédure qui a déjà été entamée pour 5 postes d’aides soignants et 5 postes infirmier.

Tous ceux qui sont partis en promotion professionnelle se verront par ailleurs proposer un concours, comme cela a d’ailleurs déjà été le cas pour plusieurs personnes.

La résorption de l’emploi précaire sera également un objectif au centre des préoccupations de chacun. Ceux qui sont en contrat de droit public depuis plusieurs mois voir plusieurs années vont se voir proposer une intégration dans la fonction publique hospitalière au plus tard au premier semestre.

Nous souhaitons réellement que ce ne sont qu’un début. Comptez sur notre détermination à continuer dans cette voie.

Pour finir, le redressement financier de notre hôpital a absorbé beaucoup de nos énergies. Et a concentré les efforts. Cela était essentiel, comme il est essentiel aujourd’hui que le travail sur les stagiairisations et titularisations s’intensifie.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier le reste. Les projets. Les patients. Et l’avenir de notre hôpital auquel nos concitoyens tiennent et quoi doit continuer à être cette institution centrale de notre territoire et de la ville d’Hénin-Beaumont – ce pourquoi je continue de déplorer, c’est aussi l’occasion de le réaffirmer, l’absence du maire à tous nos conseils de surveillance et à toutes nos cérémonies de vœux ou d’inauguration. Ce boycott est impréhensible et je ne perds pas espoir qu’il cesse avant la fin du mandat.

Et pour ce qui est de ne pas oublier les projets ni l’avenir, je sais que le Conseil de surveillance pourra s’appuyer sur votre créativité et votre motivation.

16 lits de soins de suite et de réadaptation ont été installés en septembre et 4 en novembre. La visite de conformité de l’ARS a eu lieu depuis et a souligné le sérieux avec lequel le projet a été mené à bien. J’en profite donc pour féliciter les équipes qui l’ont porté. Nous avons convenu d’organiser une visite de ce service par les membres du Conseil de surveillance dans les semaines qui viennent. Peut être auront nous d’ailleurs l’occasion ensuite d’organiser une nouvelle inauguration à destination des partenaires de l’hôpital comme nous l’avions fait pour ce bâtiment ?

Dans tous les cas ce service est d’ores et déjà un succès, comme en témoigne le taux d’occupation de ces lits. La barre est donc haute, au sein du pôle gériatrie et médico-technique, pour faire encore mieux en 2016. Mais je sais que vous trouverez:)

Concernant le pôle de psychiatrie et santé mentale, le travail mené par le Docteur Bétrémieux et ses équipes sur le parcours de soins en santé mentale est unanimement salué. Peut être 2016 pourrait-il être l’occasion de le faire essaimer dans les autres établissements du groupement hospitalier de territoire, et pourquoi pas au-delà.

Concernant le pôle addictologie enfin, l’année 2016 ne manquera pas de défis, et je pense que la mise en place du groupement hospitalier de territoire peut être l’occasion pour le centre hospitalier d’Hénin-Beaumont de devenir LE centre de référence du territoire en matière d’addictologie.

Finalement, l’activité de soin est au centre de cet hôpital mais je n’oublie pas le reste.

J’ai eu notamment cette année l’occasion en septembre de visiter avec Monsieur le Député l’exposition organisée à l’initiative de l’Association Nature de l’établissement, et qui retraçait ses actions en faveur de la biodiversité. J’espère que cette action s’intensifiera en 2016, surtout que notre Centre hospitalier est maintenant membre du C2DS, Comité pour le Développement Durable en santé, ce qui l’appuiera dans le déploiement d’actions qui permettent les économies d’énergie et donc les économies tout court, mais aussi le développement d’activités comme celles que cette commission nature de notre hôpital mène, activités qui font du bien à la planète mais aussi aux personnels et aux patients.

Enfin, Madame Delemer m’a également fait visiter l’exposition « Rétrospective » au moins d’octobre, l’occasion de prendre conscience de la richesse de l’activité culturelle de notre centre hospitalier dont j’espère qu’elle continuera à s’intensifier, peut être même en sortant davantage des murs de cet hôpital comme ce fut le cas à l’automne avec la participation du centre hospitalier au forum santé organisé salle Montpencher.

Bref, notre hôpital s’est relevé en 2015.

Ce travail se poursuivra en 2016, je nous le souhaite, avec beaucoup de succès.

Pour qu’il soit un lieu dans lequel vous soyez fier-e-s de travailler. Pour que cela vous soit agréable. Et pour que vous ayez les moyens d’y mener à bien et dans de bonnes conditions les valeurs que vous avez confirmées en faisant le choix de l’hôpital public.

Je vous remercie. »

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Rendez-vous demain vendredi 4 décembre à 19h30 Salle Debeyre pour une Réunion publique en ce dernier jour de campagne pour le 1er tour des élections régionales.

Cécile Duflot sera présente ainsi que Sandrine Rousseau, notre tête de liste régionale.

Des citoyens du Pas-de-Calais seront présents pour vous présenter leurs combats, que ce soit contre des patrons sans scrupules (Autobus Artésiens) ou des fermes usines (Association Aives mobilisée contre le projet des « 4500 porcs »).

A demain! (un pot convivial sera l’occasion de discuter en fin de réunion)

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Reprendre la campagne des élections régionales après les attentats du 13 décembre n’a pas été chose facile. Je pensais d’ailleurs comme d’autres que la déclaration de l’état d’urgence entrainerait quasi systématiquement un report du scrutin.

Il en a été autrement et il a donc bien fallu retourner sur le terrain, tracts à la main. Et se rendre compte d’ailleurs que vous êtes nombreux dans la période a avoir apprécié d’avoir pu à cette occasion échanger à propos du contexte… pour le moins troublant.

Dans toutes vos boîtes aux lettres à Hénin-Beaumont, sur les marchés du bassin minier, dans les gares du Pas-de-Calais, vous avez reçu le programme du rassemblement. Europe Ecologie Les Verts, le Front de gauche (Parti de gauche), Nouvelle Donne et la Nouvelle gauche socialiste y détaillent en 32 pages leurs propositions pour une région citoyenne, écologique et solidaire. La qualité de ce document vous a impressionnée, d’après les retours que j’en ai eu. Et c’est tant mieux! Pour ceux qui ne l’ont pas eu entre les mains, n’hésitez pas à le consulter en ligne.

Je vous propose également, pour vous faire une idée des propositions des écologistes, de visionner les deux débats « régionales dans le pas de calais » auxquels j’ai pu participer.

Le premier sur la Chaîne Weo, organisé en partenariat avec La Voix du Nord (à revoir ici)

Le second sur France 3, avec l’édition du Pas-de-Calais de l’émission La Voix est Libre, à visionner ici

A bientôt!

 

 

Nous célébrons aujourd’hui un armistice bientôt centenaire, celui du premier conflit mondial. Nous nous souvenons d’un conflit meurtrier, qui a laissé sur nos territoires des cicatrices encore bien visibles, comme autant de rappels.

Dans toute période de trouble, il est bon de se souvenir. Se souvenir de ce pour quoi il faut se battre : une société apaisée, la justice sociale, le bien-être de tous. Se souvenir de quelle façon le faire : à travers les idées, le débat, l’échange, qui doivent nous enrichir, et non pas nous enfermer.

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Cet après midi à l’anneau de la mémoire de Lorette avec Sandrine Rousseau et les candidat-e-s du Rassemblement

Ce que nous célébrons aujourd’hui c’est la paix. Nous refusons de laisser glisser ce 11 novembre dans le repli identitaire. Jean Jaurès l’avait dit, si les hommes se laissent entraîner par leurs passions nationalistes, irrédentistes, c’est l’éternel retour à la guerre. Il fut assassiné pour avoir dénoncé et lutté de toutes ses forces contre cette barbarie.

Il est plus que jamais de notre responsabilité de développer une mémoire ouverte, pas uniquement une mémoire des conflits, pour que ceux-ci ne se répètent jamais. Les commémorations du 11 novembre nous rappellent la catastrophe humaine que fut la Première guerre mondiale, mais nous permettent aussi d’avancer vers un monde pacifié.

La paix n’est pas qu’un symbole mais un but permanent. C’est le fruit du partage et de la coopération, plutôt que de l’accaparement des richesses et la compétition.

Il faut regarder le conflit droit dans les yeux et dénoncer les atrocités commises, pour pouvoir avancer sereinement. C’est ainsi que les élus écologistes du Conseil régional de Picardie ont souhaité réhabiliter collectivement les « fusillés pour l’exemple » de la Première Guerre mondiale. Leur motion « Pour une réhabilitation collective des « fusillés pour l’exemple » de la Première Guerre mondiale » a été votée par l’ensemble des groupes de la majorité régionale en décembre 2014. Seul le FN s’est abstenu.

La commémoration de 1914-1918 donne lieu à nombre d’hommages qui doivent s’adresser à la totalité des victimes. Ce sont en effet 639 soldats français qui furent « fusillés pour l’exemple », au terme de conseils de guerre des plus arbitraires, pour avoir refusé de prendre part aux combats, parce qu’ils étaient parvenus aux limites de leur endurance physique et morale face à un tel massacre ou parce que leur conscience ou leurs valeurs humanistes le leur dictait. Seuls 42 de ces fusillés ont été réhabilités à ce jour. C’est une réhabilitation de l’ensemble de ces victimes de guerre qu’il faut aujourd’hui.

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C’est à François Hollande qu’il appartient de réhabiliter ces hommes, dont la mémoire a été injustement salie. Une étude doit être menée afin de recenser les fusillés pour l’exemple en Nord Pas de Calais – Picardie et de construire à terme un mémorial à leur honneur, dont nous proposerons l’inauguration au Président de la République.

Toutes proportions gardées et bien que ne représentant qu’une partie mineure des fusillés, les mutins de la Première Guerre mondiale nous rappellent aussi que la désobéissance civile aux ordres les plus cruels est un devoir de citoyen. Quand l’État envoie aujourd’hui en France les forces de l’ordre pour expulser des sans-papiers ou déloger des familles Roms, face à la barbarie de nos sociétés actuelles, à une spéculation effrénée pour le profit de quelques-uns, à la multiplication des plans sociaux, n’oublions pas le message des mutins : « crosse en l’air » quand cela devient insupportable.

La Grande guerre, c’est aussi le déchaînement des barbaries, notamment dans les territoires occupés. L’occupation en France pendant la Première Guerre mondiale est quasi inexistante dans les manuels ; les exactions étaient pourtant légion. Travail forcé, pénuries alimentaires, violences quotidiennes, déportation des jeunes filles et des jeunes femmes de Lille, exécutions sommaires, etc. Il faut aujourd’hui rendre hommage à ces oubliés de la Grande guerre. Citons Léon Trulin, adolescent résistant, fusillé pour espionnage à tout juste 17 ans. Sa vie, écourtée sans jugement par les troupes allemandes, doit nous servir d’exemple et nous encourager à lutter à chaque instant contre la barbarie.

Ces victimes encore trop souvent tues, celles de l’arrière, sont aussi des femmes, de Louise de Bettignies, espionne amandinoise morte en Allemagne, à Angèle Lecat, fusillée à Rumegies pour avoir hébergé des soldats anglais évadés. Des femmes engagées dans le conflit, devenues des symboles d’une dynamique nouvelle. A l’arrière, les femmes ont pour la première fois pu s’émanciper. Si le mouvement féministe était évidemment antérieur, le début de la guerre en 1914 a permis aux femmes de sortir de leur foyer, de leur prison, leur obscurité. Elles participent pleinement à l’effort de guerre : « partout où l’homme se bat, partout où l’homme souffre, partout où l’homme travaille, partout où son absence réclame une présence, la femme se lève dans l’ombre du guerrier » (Marthe Dupy).

Les femmes ont prouvé qu’elles étaient les égales des hommes. Hors des frontières françaises, les revendications féministes se font également entendre durant la Première Guerre mondiale. Dans les pays anglo-saxons, les mouvements de Suffragettes ont permis l’obtention progressive du droit de vote pour les femmes. Il est important de rendre aussi hommage à ces combattantes là.

Il est important aussi de prendre conscience des plaies non refermées. A ce titre, les effets de cette guerre se ressentent toujours dans nos sols : il n’y a pas d’armistice pour les déchets de guerre.

Les munitions de la Première Guerre mondiale présentes dans le sol de notre région Nord Pas de Calais – Picardie depuis un siècle fondent en polluant nos sols, nos nappes phréatiques, et constituent un danger pour la santé des habitants. Les sels de perchlorates, abondamment utilisés en tant qu’explosifs dans les obus, sont les principaux polluants. Plusieurs arrêtés de restriction de consommation de l’eau du robinet pour les nourrissons de moins de six mois et les femmes enceintes ont été déclarés.

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Les effets sur la santé sont conséquents : hyperthyroïdie, problèmes de croissance ou de développement neurologique chez le nourrisson, etc. La répartition des teneurs en perchlorate est directement liée aux lignes de front des combats entre les forces de la triple-entente et l’armée allemande. Les teneurs les plus élevées sont observées autour de Lens, Arras et Douai. Ce sont 500 à 800 tonnes de munitions anciennes qui sont découvertes, neutralisées ou entreposées chaque année sur le territoire français, avant tout dans le Nord et dans l’Est. Il faut mettre en place un plan de déminage d’envergure sur des décennies pour finalement débarrasser notre territoire du danger représenté par les millions d’obus.

Les États entrent facilement en guerre, il est plus difficile d’en sortir. Cette journée de commémoration doit nous rappeler que la paix est un combat nécessaire plus difficile à mener encore.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement « Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire »

Les têtes de listes départementales du Rassemblement :
Dominique Jourdain pour l’Aisne
Laurent Matejko pour le Nord
Marie-Laure Darrigade pour l’Oise
Marine Tondelier pour le Pas-de-Calais
Dominique Théo pour la Somme

Thierry Brochot, Conseiller régional de Picardie

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Le 14 octobre, le Conseil Communautaire de la CAHC (Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin) a eu l’occasion d’examiner une motion sur le climat que j’avais déposée avec mon camarade écologiste Carvinois Bruno Wilk pour l’occasion.

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France préside et accueille en effet au Bourget, en Seine-Saint-Denis, la 21ème Conférence intergouvernementale sur le climat, également appelée « COP21 ».

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L’objectif de ce sommet, vous l’avez surement déjà entendu, est de lutter contre le dérèglement climatique dont nous sentons aujourd’hui les conséquences directes dans notre pays – en témoignent les violentes inondations récemment subies par nos concitoyens du Sud Est de la France – mais également dans notre région, puisque Dunkerque pourrait être submergé dans quelques dizaines d’années, et que la centrale nucléaire de Graveline, la plus importante d’Europe, aura alors les pieds dans l’eau, ce qui pose les problèmes de sécurité que vous pouvez imaginer.

Plus particulièrement, l’idée est de tenir l’objectif de maintenir le réchauffement planétaire en deçà de la barre des 2 degrés au-delà de laquelle les conséquences pour l’homme seraient irrémédiables.

Cet objectif « moins de 2 degrés » n’est tenable que si 80% des réserves connues de pétrole, charbon et gaz restent dans notre sous-sol. Le problème, c’est que l’on estime que dans les 10 prochaines années, 6000 milliards de dollars pourraient encore être investis dans ces énergies. Une partie de la solution réside donc dans le fait de mettre fin à cette logique infernale qui détruit le climat.

L’idée est donc de frapper à la source du problème, c’est à dire de viser les banques, fonds de pension et d’investissement, assurances, institutions financières publiques et caisses de retraite. mais aussi les collectivités locales, universités, églises, fondations, et Etats qui favorisent ces placements, consciemment ou inconsciemment, par les investissements qu’ils font.Visuel_INONDATIONS_A4_Marche_29nov15_OK

 

La question que vous devez vous poser dans tout ça: et l’agglo d’Hénin-Carvin?

Nous n’avons certes pas le pouvoir sur notre territoire de sauver le climat à nous tout seuls. Mais dans la logique de la légende amérindienne du Colibri, l’idée est que nous « fassions notre part », comme les 181 villes, regroupements de ville et universités qui ont déjà fait le choix de « décarbonner leurs investissements » (San Fransisco, Seattle, l’université de Stanford, la Région Ile de France, le département de la Gironde, la Région Rhône Alpes, etc).

Ce genre de démarche est un levier précieux. On sait en effet que 90 entreprises de la fillière des énergies fossibles sont responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre. Vu les intérêts financiers en jeu, il est peu probable que demander de leur gentiment de faire autrement suffise. Ni qu’une réglementation ait des chances d’être adoptée.

Or on sait aussi que là où les coups de bâtons et la réglementation ne fonctionnent pas, la carotte est le meilleur outil pour faire adopter aux producteurs/financiers des comportements écologiquement et socialement vertueux. C’est le principe de la « carrot mob », qui par un changement de comportement des consommateurs est très efficace pour faire changer de comportement les offreurs.

Les écologistes du Conseil communautaire ont donc déposé la motion suivante au suffrage de l’assemblée qui demande que l’agglomération d’Hénin-Carvin interroge les organismes de retraite auxquels elle  cotise au bénéfice  de ses fonctionnaires, agents contractuels et élu-es, mais aussi aux banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance, quelle que soit leur forme juridique, avec lesquelles elle travaille. Il s’agirait de les questionner sur l’empreinte carbone des différentes catégories d’actifs financiers composant leur portefeuille et sur la part des investissements réalisés dirigée vers des entreprises ou des projets relevant du secteur des énergies fossiles.

L’idée est aussi que la CAHC demande à ces mêmes organisme de se retirer d’ici fin 2016 du secteur du charbon.

Comme il est de coutume, un débat a eu lieu en séance  avec les présidents des groupes politiques. Le Front national ne s’est pas exprimé et s’est abstenu. Le groupe communiste, présidé par Jean Haja, aurait jugé plus utile de s’attaquer directement au capitalisme (ça nous fera une idée de prochaine motion ;)) et s’est abstenue. Le groupe centriste de Jean Urbaniak s’est interrogé sur l’opportunité de remettre en cause le charbon, ce qui pourrait être vécu comme une insulte à notre histoire, et s’est abstenu. Suite à quoi j’ai expliqué que les écologistes soutiennent et soutiendront toujours la valorisation de notre patrimoine minier – en témoigne l’action de Jean-François Caron en faveur du classement de notre chaîne des terrils au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais que cela ne signifiait pas pour autant qu’il faille fermer les yeux sur les conséquences environnementales, humaines, sanitaires et sociales que cette exploitation avait eue. Maintenant que cette exploitation est terminée ici, et que l’on connait ces enjeux, pourquoi la cautionner et l’encourager ailleurs?

Enfin, le président du groupe socialiste, le député maire de Carvin Philippe Kemel, a annoncé l’abstention des autres membres du groupe socialiste, verts et apparentés, notamment génés par la dernière phrase de la motion. Vu l’urgence climatique et le mauvais symbole qu’aurait constitué un échec de cette motion à quelques semaines de la COP21, j’ai donc proposé au président de l’agglomération d’amender ma propre motion pour retirer cette phrase et la rendre ainsi plus consensuelle. Car écrire un courrier sa banque pour demander où est placé notre argent ne me parait pas très subversif et irréalisable, et aurait du convaincre mes collègues.

Ce dernier l’a refusé – alors que c’est de droit-, manifestement excédé pour des raisons que je n’ai pas encore saisies. La motion a donc été mise au voix telle quelle, et n’a reçu que 3 suffrages favorables: celui des deux conseillers communautaires écologistes et d’Eugène Binaisse, ancien maire d’Hénin-Beaumont.

Mais comme toutes les autres composantes se sont abstenues, cette motion a été adoptée et même…. à l’unanimité (aucune voix contre).

 

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Conférence internationale sur le Climat

Vœu de Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin

pour le désinvestissement de nos partenaires financiers, investisseurs, bancaires et assureurs du secteur des énergies fossiles et le réinvestissement en faveur de la transition énergétique 

Motion portée par Marine Tondelier

Signataires: Marine Tondelier, Bruno Wilk

Considérant l’importance des acteurs non-étatiques comme les collectivités locales dans les discussions liées à la prochaine conférence climat à côté de la négociation verticale entre Etats ;

Considérant l’aptitude de ces collectivités locales à développer depuis plusieurs années déjà des expertises indépendantes, des initiatives innovantes et concrètes sur leur territoire avec des gains encourageants ;

Considérant le désir grandissant des collectivités locales à plus d’exemplarité, en s’engageant non seulement en actes mais aussi par des prises de position à forte teneur symbolique, et leur volonté à vouloir s’exprimer, ensemble, dans le cadre de démarches concertées afin de contribuer à un succès des négociations. Volonté qui s’est notamment traduite, lors du Sommet mondial Climat et Territoires de Lyon (Rhône-Alpes) les 1er et 2 juillet derniers, par la déclaration mondiale la plus largement signée de l’histoire des négociations climat, soutenue pour la première fois par l’ensemble des réseaux majeurs d’acteurs non-étatiques mondiaux.

Considérant la tenue en décembre 2015 de la COP 21 à Paris, conférence pour laquelle la France affiche des objectifs ambitieux et souhaite être exemplaire en matière de lutte contre le changement climatique ;

Considérant le rôle décisif de la finance et des acteurs des marchés de capitaux dans le financement d’une économie carbonée, non compatible avec l’objectif de limiter à 2 degrés la hausse des températures moyennes à la surface terrestre ;

Considérant l’impérieuse nécessité de réorienter les fonds existants et d’orienter les flux à venir pour financer la transition vers une économie bas carbone ;

Considérant les nouvelles obligations résultant de l’article 173 de la loi de transition énergétique en matière de transparence des banques, des assureurs, des investisseurs, sur leur rôle dans le financement de la transition énergétique et du passage à une économie bas carbone ;

Considérant l’essor du mouvement mondial marqué, les 13 et 14 février dernier, par les premières « Journées Mondiales de Désinvestissement dans l’industrie fossile », au succès incontestable avec près de 450 événements organisés à travers le monde dans 60 pays dont l’Australie, la Grande-Bretagne, les Philippines, la Norvège, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Ukraine, les Etats-Unis et la Belgique ;

Considérant l’engagement déjà connu de 181 villes, universités et autres institutions dans cette démarche, à l’image des villes de San Francisco et Seattle ou encore de l’université de Stanford ;

Considérant le cas emblématique du Fonds de Réserve pour les Retraites créé en France en 2001 à l’initiative du gouvernement dans l’objectif de contribuer au financement dans la durée du régime général d’assurance vieillesse, disposant à ce jour de 34 milliards d’euros d’actifs, et qui, bien que géré selon une stratégie d’investissement « socialement responsable et prenant en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », a placé des centaines de millions d’euros dans des titres émis par 60 des 100 premières entreprises mondiales du secteur pétrolier et gazier et par 21 des 100 premières entreprises mondiales de charbon ;

Considérant l’influence que chaque collectivité peut exercer auprès de ses partenaires financiers, bancaires, assureurs, investisseurs institutionnels afin qu’ils réorientent leurs stratégies d’investissement dans un sens favorable au climat et au passage à une économie décarbonée, en cohérence avec la politique inscrite [dans son plan climat] ou [dans son agenda 21]

Le Conseil communautaire d’Hénin-Carvin demande:

1) aux organismes de retraite auxquels il cotise au bénéfice  de ses fonctionnaires, agents contractuels et élu-es (CNRACL, IRCANTEC, ERAFP, CAREL ou FONPEL notamment) de lui indiquer dans le courant de l’année 2016 :

> quelle stratégie d’investissement bas carbone est définie et mise en place pour la gestion de leurs réserves ou actifs ;

> quelle est l’empreinte carbone des différentes catégories d’actifs financiers composant leur portefeuille ;

> quelle part des investissements réalisés est dirigée vers des entreprises ou des projets relevant du secteur des énergies fossiles et comment l’organisme envisage de réduire cette part afin de diminuer les risques associés à ce type d’investissement ;

> quelle part des investissements réalisés est dirigée vers des entreprises ou des projets contribuant au financement de la transition énergétique (efficacité énergétique, énergies renouvelables, infrastructure, économie circulaire, etc.).

2) à ces mêmes organismes, comme l’Etat de Californie vient de le décider pour leurs équivalents, de se retirer d’ici fin 2016 du secteur du charbon ;

3) aux banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance, quelle que soit leur forme juridique, avec lesquelles elle travaille ou qui souhaiteraient travailler avec elle de fournir d’ici la fin de l’année 2017  les mêmes informations qu’au 1) ci-dessus ;

4) aux mêmes banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance de décider de cesser de financer le secteur du charbon à l’image du Groupe AXA qui l’a annoncé le 22 mai dernier à Paris ;

Le conseil communautaire d’Hénin-Carvin s’engage à modifier dans le courant de l’année 2016 son règlement budgétaire et financier pour tenir compte des dispositions précédentes ;

Le conseil communautaire d’Hénin-Carvin encourage et soutiendra toute initiative à l’occasion des prochaines « Journées mondiales de désinvestissement de l’énergie fossile ».

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Reste à suivre de près sa mise en oeuvre dont je vous tiendrai informés.

En attendant, je vous propose à vous aussi d’agir pour le climat,

>En participant pour la marche mondiale du 29 novembre pour le climat:

> En adoptant les bons réflexes au quotidien

> En devenant des ambassadeurs du climat

> En testant vos connaissances grâce au quizz « Je sauve le climat » 

Et si comme la CAHC, vous voulez interroger votre banque, vous pouvez lui envoyer La lettre qui vous est proposée ici, ou une autre que vous écririez à votre sauce sur papier libre😉

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