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Le blog de Marine Tondelier

Elue écologiste dans l'opposition à Hénin-Beaumont

Le 28 avril 2016, le Tribunal Administratif de Lille a suspendu en urgence l’opération d’abatage de 38 tilleuls centenaires en cours rue Berlioz à Hénin-Beaumont, suite à un référé que j’avais introduit.

En effet, la municipalité d’Hénin-Beaumont, après avoir annoncé dans le journal municipal une simple campagne d’élagage, avait en effet entamé un véritable saccage sur ces tilleuls plantés en 1903, ordonnant un abattage radical des arbres en question et intensifiant le saccage à l’approche de l’audience pour faire le maximum de dégâts irrémédiables.

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Furieux de ce camouflet, ils ont même tenté en mai (photo ci-dessus) de contourner ce jugement en prenant un arrêté illégal piétinant cette décision de justice, et en reprenant l’abattage par surprise le lendemain matin vers 7 heures, opération qui avait été arrêtée par des citoyens et militants du territoire et par saisine de la préfecture, du TGI ainsi que du Juge administratif par un nouveau référé-suspension. Le Maire Front National avait fini par retirer cet arrêté quelques instants avant l’audience.

Cette semaine, le Maire frontiste a intenté une nouvelle procédure, prétextant un projet de « nouveau trottoir » – miraculeusement dévoilé au mois de mai, soit bien après le début des opérations que la mairie avait jusqu’alors eu beaucoup de difficultés à justifier y compris devant le tribunal – pour exiger la lever de la suspension.
Dans aucune ville de France refaire le trottoir ne demande d’abattre les arbres.
Cependant, lors de cette nouvelle audience au Tribunal Administratif de Lille, le Juge des référés, qui a bien spécifié pendant l’audience ne pas être là pour rejuger toute l’affaire mais pour se prononcer sur l’état des arbres à l’instant T, a dû se rendre à l’évidence: les arbres ont été mutilés.
Le considérant 7 est très clair sur ce point: « Dans ces conditions, et alors même que la commune a fait preuve de précipitation et d’une appréciation erronée des défauts présentés par certains arbres et compte tenu de ce que l’élagage drastique auquel il a été procédé en vue de préparer l’abattage à compromis irrémédiablement le devenir d’arbres ne présentant pas de risque de défaillance, la commune d’Hénin-Beaumont est désormais fondée à demander sur le fondement des conclusions des expertises produites à ce qu’il soit mis fin à la suspension de cette décision. »

En clair, le mal est fait. Irrémédiable. Et mutiler illégalement la nature permet ensuite de légaliser sa destruction. La législation française a encore bien des progrès à faire pour se mettre à la hauteur des enjeux environnementaux que ne manquera pas de nous poser le XIXème siècle.

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La Rue Berlioz avant intervention de la mairie

Je prends acte de cette décision qui me déchire. Ces arbres auraient dû et pu être soignés. Le Front national n’en a pas l’intention et je n’ai aucun moyen de les y contraindre, ceci n’étant pas une obligation légale.

Je me range donc à la décision du tribunal de laisser la mairie réparer ce massacre en replantant d’autres arbres. En ayant bien en tête que cette procédure judiciaire aura au moins permis à la Mairie de bâtir un projet sérieux d’aménagement des trottoirs de cette rue, qui encore une fois était compatible avec la préservation de ces tilleuls centenaires, refuges de biodiversité, climatiseur géant et outil imbattable de lutte contre les inondations et les pollutions.

Je tiens cependant à préciser suite à la réaction de Steeve Briois suite à ce verdict, m’accusant d’avoir « menti », « manipulé l’opinion » parce que « les arbres sont bien malades et doivent être abattus », que c’est bien sous le coup de leurs interventions que leur santé a été gravement compromise. Le jugement est très clair sur ce point. Ainsi que les propres expertises de la ville versées au dossier.

Face à ces intimidations et ces calomnies indignes d’un élu de la République, je vais examiner  les suites opportunes à donner à cette affaire qui révèlent une nouvelle fois les pratiques agressives et de passage en force de cette municipalité.

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui m’ont soutenue dans ce dossier et qui se reconnaîtront, ainsi que celles et ceux qui ont contribué financièrement à l’étude sanitaire qui aura son importance dans la suite de la procédure puisqu’elle démontre la responsabilité de la Ville d’Hénin-Beaumont.

En toute transparence, vous pouvez télécharger ici la décision du tribunal et la contre-expertise que nous avions fait faire de notre côté.

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Elaguer un arbre est nécessaire à sa bonne santé et à son intégration dans son environnement. L’organisation campagnes d’élagage régulières est donc tout à fait justifiée.

Mais la décision fin avril de la mairie, sans préavis et pour des raisons encore inexpliquées, d’abattre définitivement 39 tilleuls centenaires rue Berlioz dans le quartier du jeu de balle nous a interpelés.

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La rue Berlioz avant intervention de la mairie

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La rue Berlioz après intervention de la mairie

Un tel alignement d’arbres est en effet inestimable pour notre ville: en plus de sa beauté pittoresque, c’est un climatiseur géant en période de canicule, un refuge pour la biodiversité, et une véritable assurance vie face aux perturbations climatiques et environnementales qui nous attendent.

Alertée par plusieurs riverains effarés, et devant une mairie si sûre d’elle qu’elle refusait d’écouter ceux qui faisaient état de leurs doutes et de répondre à leurs demandes d’explications, nous n’avons eu d’autre choix que de faire intervenir la justice par un référé-suspension que j’ai improvisé en urgence le 26 avril (je ne suis pas juriste de formation…).

Lors de l’audience au tribunal administratif de Lille le surlendemain, j’ai en l’absence d’avocat défendu moi-même la cause des tilleuls de la rue Berlioz.

Rien ne m’a été épargné par l’avocat embauché par la ville, qui a commencé par dénigrer mon intérêt par agir en montrant, « plan mappy » à la main, que j’habitais à 20 minutes à pieds des arbres en question, et n’était donc pas impactée par l’abattage de ces arbres. J’ai donc dû rappeler que les riverains hostiles qui m’avaient alertée n’avaient pour la plupart pas souhaité, par peu de représailles, déposer un recours eux même. Et que c’est bien l’ensemble de l’écosystème de la ville (dont ses habitants ;)) qui profite des bienfaits de ces centenaires.

Il a même été jusqu’à réclamer une sanction de 3000 euros à mon encontre pour me punir de ce recours (se demandait-il toujours à ce moment là pourquoi personne d’autre n’avait souhaité engager de démarche juridique sur ce sujet?) en argumentant auprès du juge que je les détestait tellement que s’il ne m’infligeait pas une telle sanction, je déposerais des recours « tous les jours » contre ces clients (note de la rédaction: c’est le 1er recours que je dépose contre eux de toute ma vie).

Surtout, la ville et son avocat ont fait preuve de son ignorance la plus crasse en matière d’arbres.

Après avoir durant la semaine expliqué tour à tour que les arbres étaient victimes d’un grave champignon (alors pourquoi laisser les passants et riverains ramasser le bois laissé au sol par les abattages pour les ramener chez eux?), d’une épidémie (alors pourquoi les arbres situés à 1mètre à l’intérieur du parc n’en seraient pas victimes?), d’un mauvais élagage en 2005 (pourquoi ne pas les soigner plutôt que de les abattre?), la défense a fini par décréter que les arbres représentaient un danger car menaçaient de s’écrouler. Sauf que l’attestation d’expert brandie, ainsi que tous les constats d’huissier présentés étaient postérieurs au dépôt de mon recours et avait donc été produits pour la circonstance.

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L’adjoint à l’urbanisme a par exemple sorti de son chapeau une pièce « choc »: une photo de branche tombée sur la route en 2013. Si la stratégie du Front National est de s’en prendre aux arbres qui perdent des branches (ce qui est totalement normal dans le cycle de vie de l’arbre, comme un humain perd chaque jours des cheveux), la verdure héninoise peut trembler😉

La municipalité s’est également appuyée sur une photo de tronc creux pour démontrer « le piteux état des arbres ». Sauf que ce creux existe depuis plus de 50 ans.

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La défense a ensuite expliqué qu’il n’y avait pas de préjudice écologique car elle promettait d’en replanter autant, voir même plus. Cela revient à bien méconnaître l’intérêt des arbres centenaires, aux bienfaits décuplés pour leur environnement, qu’un arbrisseau n’est pas en mesure de compenser.

Ils ont enchaîné en expliquant avoir parfaitement informé la population dans le journal municipal… qui avait en effet évoqué une campagne « d’élagage » (vous avouerez que dans les actes ils ont été LEGEREMENT au delà de ce qui avait été annoncé ;)).

Ils ont même poursuivi en expliquant qu’il était de toute manière trop tard car l’ensemble des arbres avaient entre temps étaient abattus. Ce qui était un mensonge éhonté puisque j’ai pu constater en rentrant de l’audience que 18 arbres étaient encore sur pieds.

Pendant ce temps là, la mairie s’était par contre empressée d’ordonner la décapitation des 18 arbres encore intacts dès 7h30 du matin le jour de l’audience, histoire de faire le plus de dégâts possible et de mettre en danger leur survie.

Voici le résultat de ce massacre à la tronçonneuse volontairement précipité par le paire.

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Lorsque le juge administratif a rendu son ordonnance quelques heures plus tard (que vous pouvez retrouver ici), c’est donc un ouf que soulagement que nous avons poussé, le juge reconnaissant lui même une « erreur manifeste d’appréciation » du maire concernant l’état sanitaire des arbres en question, mêlé de déception de n’avoir pu empêcher plus tôt le massacre des arbres.

Mais notre objectif était – bien que partiellement – rempli: pouvoir prendre le temps, sereinement, de déterminer si celui-ci nécessitait une mesure aussi radicale plutôt qu’un traitement au cas par cas.

C’était sans compter sur l’esprit revanchard du maire qui bien que n’ayant pas usé de son droit de recours contre la décision du juge, a préféré, le 18 mai, prendre en catimini un nouvel arrêté illégal piétinant cette décision de justice, affiché devant la mairie au dernière moment, en fin de journée, pour nous prendre de cours.

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A 7h15 le lendemain matin, une nacelle « Trimmer » arrivait sur place.

Précisons qu’il n’en existe que 3 en France et que le coût de cette petite vengeance n’est donc pas anodin pour le contribuable héninois. Mais pourquoi avoir commandé un tel engin plutôt que ceux qui avaient été utilisés deux semaines plus tôt? Parce que cette nacelle était le moyen le plus radical « d’aller vite »: tout aurait été bouclé en quelques heures.

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Ce véritable passage en force du maire aurait eu des conséquences irrémédiables sans la réactivité dont nous avons pu faire preuve : deux nouveaux recours ont été déposés dans la nuit auprès du juge administratif, ainsi qu’une demande de répression pénale auprès du procureur de la république et une demande d’arrêté d’interruption de travaux auprès du Préfet.

Surtout, la mobilisation d’une trentaine de militants et riverains que je remercie a permis d’empêcher le démarrage des nouveaux abattage le matin dès 7h30, et de mettre la société et la police au courant de la décision de justice l’interdisant.

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Bruno Bilde, dans un état d’excitation avancé, s’en est pris successivement à toutes personnes présentes, qu’elles soient militantes, riveraines ou journalistes. Il criait des leçons de droit à qui voulait bien l’entendre « 1ère année de droit, pas d’autorité de la chose jugée », invectivait les journalistes venus faire leur travail, dénonçait un buzz monté contre la ville, lui qui a construit sa stratégie électorale locale sur cette méthode en jouant le petit attaché de presse de Marine Le Pen et en organisant de vrais safaris pour journalistes dans notre ville qu’il destinait alors à transformer en vitrine du Front National.

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Acculé par la justice et mis en échec dans sa tentative de passage en force, le maire a fini par retirer son arrêté quelques heures avant l’audience prévue le lendemain matin (preuve que les leçons présomptueuses de droit de Monsieur Bilde n’étaient peut être pas aussi rodées que cela…).

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L’affaire s’arrête donc là pour l’instant, le temps que la mairie procède à une nouvelle expertise sanitaire. Vu ce qui a été infligé aux arbres ces dernières semaines, nulle doute qu’ils sont a présent extrêmement fragilisés. Il s’agira de notre côté de faire la démonstration qu’ils peuvent encore être sauvés. Ou sinon d’attaquer la mairie pour les dégâts commis.

Cet alignement d’arbre remarquable, protégé par le niveau plan local d’urbanisme, était notre patrimoine environnemental. Notre patrimoine paysager. Notre patrimoine populaire.

Il est de notre devoir de nous battre pour le préserver.  Nous sommes et serons à votre dispositions à chaque fois que ce patrimoine sera menacé. N’hésitez pas à nous alerter!

En attendant, pour nous aider à financer une contre-expertise sur les tilleuls centenaires restants, vous pouvez faire un don ici:

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13263740_10154078018261280_5854810132664979366_n.jpgMarine Tondelier: «Il faut libérer la parole des femmes. Dans le monde politique et dans les entreprises, aussi»

PUBLIÉ LE 18/05/2016  // Propos recueillis par Eric DUSSART

Élue Europe-Écologie-Les Verts à Hénin-Beaumont, attachée parlementaire de son parti, Marine Tondelier était en première ligne, cette semaine, face à une actualité brûlante. Ce qui ne l’empêche pas de garder un œil sur ce qui se passe de l’autre côté des océans…

Journées d'été des écologistes à Villeneuve d'Ascq près de Lille. Marine Tondelier, membre du bureau exécutif d'Europe Ecologie Les Verts en charge des Journées d'été. Photo Christophe Lefebvre. La Voix Du nord.VDNPQR

L’affaire Baupin

« Je connaissais l’existence de cette enquête depuis le début, mais pour ma part, je n’ai pas eu à témoigner, parce que Denis Baupin ne s’est pas trouvé très souvent sur ma route.

J’exprime tout mon soutien à mes copines concernées. J’ai un immense respect pour leur courage et, en même temps, je ressens une vraie colère devant certaines réactions qui voudraient amener les femmes à se sentir coupables. La plupart des hommes qui se sont exprimés de cette manière sont d’ailleurs connus pour être eux-mêmes des harceleurs.

On a eu droit à tout. Même moi, ici, à Hénin-Beaumont, j’ai été accusée par un élu FN d’avoir couvert Baupin. C’est d’un ridicule ! La vérité est que nous savions que Denis Baupin est entouré d’une armée d’avocats. Il fallait faire attention à ce qu’on disait. Il y a d’ailleurs eu des pressions pour que cette enquête ne sorte pas.

Je suis satisfaite que tout cela soit sorti par notre parti. Cela pourrait libérer la parole. Dans le monde politique, mais dans celui de l’entreprise aussi. À l’Assemblée, cette semaine, on n’entendait pas beaucoup d’hommes parler de ça, mais dès que deux femmes se croisaient, alors !… On voit d’ailleurs que la parole se libère déjà : des noms circulent. Il y aura de nouvelles révélations. L’important, pour la suite, est que la honte change de camp. »

La loi travail et le 49-3

« Ce texte, à son origine, devait être le moyen d’entrer dans le XXIe siècle, de partager le temps de travail, d’introduire un revenu minimum de subsistance, et au lieu de cela, on revient au XIXe siècle.

C’est donc normal qu’il y ait eu des mouvements de protestation. Mais que de violences ! J’ai noté cette semaine des témoignages de policiers qui se sentent instrumentalisés : ils ont pour consigne de laisser entrer les casseurs dans les cortèges, et ensuite, ils doivent faire face aux heurts.

Myriam El Khomri dit que ce n’est pas la rue qui décide, d’accord, mais manifestement, ce n’est pas le Parlement non plus ! À quoi sert qu’il fasse tout ce travail, si c’est le président qui décide tout seul ?

Et tant qu’à utiliser cet article, on aurait pu le faire un peu plus tard. Pour permettre à la représentation nationale d’avoir un vrai débat, au moins. D’échanger des arguments. Mais même ça, ça n’est pas possible…

Je reste très perplexe devant l’attitude de certains collègues. Les aubrystes, notamment. Quand ils disent qu’ils vont infléchir la ligne du gouvernement, plus personne n’y croit. »

L’incendie de Fort Mcmurray

« C’est un symbole tristement ironique, cette ville qui n’existe que par l’exploitation pétrolière des sables bitumineux et qui manque de mourir de cela. Il y a là-bas l’équivalent de toutes les autres réserves mondiales de pétrole non conventionnel. Robert Redford a dit récemment que c’est le pétrole le plus sale de la planète, et c’est pour cela que le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto. Pour pouvoir exploiter ces sables bitumineux tranquillement.

On ne connaît pas encore l’origine de l’incendie mais cela ne peut être que la conséquence de la folie des hommes et des sociétés. Ils ont créé les conditions idéales pour qu’il se déclenche. Ensuite, le climat de plus en plus sec favorise son développement. Et les plans de prévention incendie ne sont plus adaptés à cette évolution du climat. Ils ont été pensés avant le réchauffement.

C’est la première évacuation de masse liée au réchauffement climatique, mais il en aura d’autres. Et peut-être pas loin de chez nous : notre littoral n’est pas à l’abri d’une montée des eaux. Je rappelle que la centrale de Gravelines est construite sous le niveau de la mer…»

Décidément, le Front National local est vraiment à vomir…

J’ai pris connaissance avec stupéfaction des déclarations abjectes tenues par Francois Vial – Employé au service communication de la ville d’Hénin-Beaumont, Conseiller Départemental du canton Hénin 2 et Conseiller Communautaire en tant qu’élu d’opposition à Oignies – sur son compte Facebook personnel et celui de la page « Oignies Bleu Marine ».

 

Je pense que Monsieur Vial parvient surtout avec ces déclarations aberrantes à faire la triple démonstration de sa bêtise, de sa méchanceté et du fait qu’il ne connait strictement rien ni en matière de féminisme ni en matière de harcèlement sexuel ni au fond de cette affaire.

Que comprend-il aux souffrances que Denis Baupin a provoquées et provoquera chez mes courageuses collègues et copines Sandrine, Elen, Annie et Isabelle ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous avaient reçu un témoignage direct de copine mais à qui il n’appartenait pas de le rendre public ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous, avaient des bribes du puzzle, suffisamment pour en parler « entre filles », vider son sac, avertir, accompagner mais pas suffisamment pour ne pas s’exposer à de la diffamation en parlant publiquement ? Chez celles et ceux qui comme moi, chez nous, ont été entrepris-e-s sans forcément que cela ne constitue un harcèlement en soit car nous avons eu la chance que les choses s’arrêtent à temps ?

Qu’aurait fait Monsieur Vial confronté à ce sujet tabou face auquel parler aurait risqué de punir les victimes d’une double peine car à l’agression ou le harcèlement se serait joints la honte peut-être, l’incompréhension surement, et surtout – et cela n’a pas raté – le risque que le député en question ne les accuse de mentir ?

Oui, le choix de parler ou non concernait les copines en question. Ce n’était pas à nous de prendre la décision pour elles. Il fallait les aider, les accompagner, les protéger. Non pas les faire taire. Mais les laisser décider du moment où elles se sentiraient prêtes à affronter la sortie du silence pour être à leur côté à ce moment là. Et faire front, derrière elle. Dans un contexte extrêmement complexe. La photo du 8 mars de Denis Baupin portant du rouge à lèvre contre les violences faites au femmes a fait office de détonateur pour elles et je m’en réjouis.

Le communiqué de Denis Baupin parlant d’allégations mensongères alors que les témoignages sont nombreux, recoupés, connus et concordants est une seconde violence qui leur est faite.

Le culot malsain de celles et ceux qui tentent, comme Monsieur Vial, d’en faire un argument de politique, au niveau national ou au niveau local, en est une autre forme.

Un homme agresse et harcèle des femmes. Mais à aucun moment Monsieur Vial n’interpelle directement cet homme. Non, il s’en prend à une autre femme, celle qui est sur son passage localement. Comme d’autres s’en sont abjectement pris depuis lundi à la femme de Denis, Emmanuelle Cosse. Ou à Cécile Duflot qui pour certains auraient couvert, et pour d’autres – dont un Ministre qui l’explique très sérieusement aux journalistes depuis mardi – aurait « soufflé sur les braises » pour « punir Emma ». Ou même, comble du comble, aux victimes en questions « qui auraient du parler plutôt ».

Monsieur Vial est tellement ignorant en matière de féminisme qu’il commet dans son commentaire un combo d’énormités toutes plus grosses les unes que les autres.

J’aimerais donc qu’il m’explique en quoi je serais une « féministe de l’espèce hystérique – celle qui découragerait les hommes les moins misogynes de s’engager en faveur de la cause des femmes ».

La tournure « les hommes les moins misogynes » est d’ailleurs troublante : comme si TOUS les hommes étaient misogynes à quelques nuances près… Mais dans quelle monde vivent les élus Front national ? Quels hommes fréquentent-ils ?

Il est vrai qu’il m’arrive de regretter d’être la seule femme à intervenir en toute une séance en Conseil Communautaire ou en Conseil Municipal. Je continue à trouver cela perturbant dans des assemblées composées à 50% de femmes. Mais je ne vois pas bien en quoi cela fait de moi « une féministe hystérique ». Je sais d’ailleurs pour en avoir discuté à plusieurs reprises à l’agglo comme au conseil municipal que plusieurs de mes collègues femmes couvrant l’ensemble des différents groupes politiques du territoire en sont tout aussi étonnées que moi sans avoir forcément les moyens, la force, l’occasion ou l’envie de l’exprimer.

Bref, le but est de me faire taire sur le sujet le moyen retenu s’annonce contreproductif. Surtout que Monsieur Vial, dans sa grande cohérence, me reproche de m’être tue en me demandant justement de me taire, sous peine à l’avenir d’être méprisée (« Ses prochaines rodomontades féministes au conseil municipal d’Hénin-Beaumont ou à la Communauté d’agglomération seront désormais accueillies comme il se doit : par le mépris… »).

Donc je résume. Monsieur Vial, grand féministe depuis lundi matin, trouve que quand j’en dis peu j’en dis déjà trop (« féministe hystérique », « rodomontades féministes au conseil municipal »). Que quand je n’en dis pas assez je suis lâche («  elle est au premier rang de celles et ceux qui, par leur lâcheté, ont abandonné à leur sort des femmes dont le seul « tort » était de correspondre aux goûts de Denis Baupin ») . Et que désormais si je parle du sujet je serai méprisée. Belle démonstration d’un machiste qui peut être s’ignorait jusqu’à aujourd’hui mais qui vient de s’outer en pensant jouer au chevalier blanc.

Monsieur Vial, vous mélangez tout. L’idéologie, la politique, et enfin nos affrontements politiques locaux et la révélation nationale d’un drame qui impose le respect et non la polémique.

Je vous remercie à l’avenir de m’épargner vos leçons de féminisme ridicules, nauséabondes et machistes.

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« Les jeunes n’ont pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons » (Emmanuel Macron, le 21 mars 2016).

Bah oui quoi, ça ne sont que des jeunes, il ne faut pas trop leur en demander! Et puis d’ailleurs c’est surement pour cela qu’ils ne veulent plus voter pour nous…

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Pour réagir à ces propos caricaturaux, méprisants et à côté de la plaque, nous avons souhaité avec Julien Bayou écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron… que nous proposons à toutes celles et ceux qui le souhaitent de co-signer en vous signalant –> ici< —

Nous complèterons la liste des signataires au fur et à mesure. Et si nous sommes suffisamment nombreux on la publiera:)

Merci d’avance !

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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Lundi matin sur France Bleu Normandie, vous avez déclaré que les jeunes n’ont « pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous rentrons ».

Enième provocation ou signal d’un complet décalage, d’un mépris généralisé pour la jeunesse ?

Monsieur le Ministre, soyons serieux-ses: les jeunes d’aujourd’hui ont pleinement conscience du monde dans lequel nous évoluons et évoluerons pour la simple et bonne raison qu’ils-elles subissent de plein fouet les crises environnementale, économique, sociale et démocratique qui le traversent.

Nous serons la première generation depuis longtemps à vivre moins longtemps que celle de nos parents.

Nous serons une génération pour laquelle le dérèglement climatique ne sera plus seulement une theorie mais une realité, un héritage lourd à porter. Une de ces « générations futures » qui devra prendre soin de la planète pour réparer l’inconséquence de générations passées.

Nous ne comptons plus sur un emploi stable. Et celles et ceux d’entre nous qui ont la chance – car c’est devenu un bien rare – d’avoir un travail cotisent pour payer des retraites en ne se faisant pas trop d’illusions sur le fait qu’ils-elles en perçoivent une un jour.

Nous assistons à la triste pièce de théâtre du Président de la République et du Premier ministre qui divisent le pays et stigmatisent certains d’entre nous avec une réforme de la déchéance de nationalité qui de leur propre aveu et au mieux n’empêchera pas les terroristes de passer à l’acte, au pire accentuera la martyrologie djihadiste, comme un brevet leur étant décerné.

Nous avons conscience d’évoluer dans ce monde qui change, dans cette économie enrouée, dans cette période politique qui désabuse – ce que vos propos ne viennent en rien arranger.

De toute manière nous avons bien compris – car on nous le fait régulièrement sentir – que notre place n’est pas en politique. Vos institutions et votre Vème République ne nous incluent pas. Des assemblées grisonnantes votent des lois et concoivent des dispositifs sur ou pour les jeunes mais qu’en connaissent-ils-elles?

Les jeunes ont bien conscience du monde dans lequel nous rentrons. Plus que cela, ils veulent le façonner. Le réinventer. En être acteurs et pas spectateurs passifs ou pire, victimes impuissantes. Nous sommes de plus en plus conscient-e-s que cela ne peut pas passer simplement par la politique dont nous attendons malheureusement de moins en moins. Mais nous sommes enthousiastes à l’idée d’investir de nouveaux champs d’action qui s’ouvrent à nous. Nous avons l’intuition que les règles du jeu changent. Tatonnons. Innovons. Inventons. Uberisons. Protégeons. Essayons de nous projeter dans le monde de demain. Ce monde que contrairement à ce que vous pensez nous décryptons très bien.

Nous ne prétendons certainement pas parler au nom de toute la jeunesse mais nous prenons comme une provocation le fait qu’un ex-banquier d’affaires vienne, du haut de son Ministère, nous expliquer ce que nous comprenons ou pas et généralise ceci à toute une génération.

Car en réalité, vous n’exprimez là qu’une énième version de cette rengaine millénaire selon laquelle les générations qui suivent n’ont – forcément – rien compris.

Quelle suffisance…, nouvelle manifestation du décalage de notre « élite » avec sa jeunesse ou la population qu’elle devrait représenter.. et quel manque d’originalité !

Déjà au VIIIème siècle avant J.C., Hésiode écrivait, dans « Les travaux et les jours » : « Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. » On aurait pu croire avec l’avenement de ce siècle et de cette révolution industrielle en cours que notre classe politique aurait l’humilité de remiser les vieilles antiennes. En particulier s’agissant d’un ministre souvent distingué pour sa relative jeunesse.

Mais non, rien n’y fait. Comme dirait Brassens, « dernière averse ou neiges d’antan, le temps ne fait rien à l’affaire ».

Et tant qu’à vous écrire, faites passer ce message de Mitterrand à vos collègues qui envoient les CRS dans les AG étudiantes : “Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

Oui Monsieur Macron, les jeunes sont bien conscients du monde dans lequel nous rentrons. Nous avons d’ailleurs l’impression tenace qu’ils en ont beaucoup plus conscience que certains Ministres de votre gouvernement.

Et nous avons même parfaitement conscience du monde dans lequel vous essayez vous de nous faire rentrer. Et dont nous savons très clairement que nous n’en voulons pas.

Décidément, on vaut mieux que ca!

Marine Tondelier et Julien Bayou
Jeunes ou moins jeunes,
Pleinements conscients du monde dans lequel nous rentrons:)

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Monsieur le Député, cher Philippe,

En ma qualité de citoyenne et militante de ta circonscription, je me permets de te demander aujourd’hui en âme et conscience de voter contre le projet de réforme de la Constitution en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.

Alors que toucher la Constitution ne devrait se faire qu’en tremblant, ce projet de révision entérine sans recul ni efficacité des dispositions que j’estime inutiles et contraires aux valeurs de notre République.

Nous étions nombreux-ses à critiquer sous Sarkozy les « projets de loi de circonstance » pour répondre à des faits divers. Répondre à des attentats d’une barbarie sans nom par une réforme Constitutionnelle impulsive et polémique examinée à la hâte interroge également beaucoup d’observateurs, qu’ils soient militants ou universitaires.

La déchéance de nationalité constitue une rupture d’égalité de fait devant la loi entre les citoyens français. C’est une mesure discriminatoire et stigmatisante capable de crisper un peu plus une société dont les besoins d’apaisement et de fraternité sont impérieux. Son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme, elle, est unanimement reconnue. Jean-Jacques Urvoas, aujourd’hui Garde des Sceaux, avait d’ailleurs craint dans son rapport de mars 2015 que cette mesure ne soit « susceptible d’alimenter la martyrologie djihadiste ». En somme, être « déchu », en plus de ne pas décourager des terroristes qui rappelons-le souhaitent combattre les valeurs de la France et mourir pour cette cause, constituerait pour eux une sorte de brevet décerné à leur combat.

Je comprends que certains soient tentés de dire que s’ils ont prêté leurs bras meurtriers à la haine c’est qu’au fond ils n’étaient pas vraiment Français, puisque d’ailleurs ils avaient notre pays en horreur. Alors pourquoi refuser de les déchoir d’une nationalité qu’eux même récusent violemment ?
Parce qu’à cet instant précis, nous emprunterions le chemin de nos ennemis. Inscrire la déchéance dans notre Constitution, c’est au fond laisser l’insensé dire le sens commun, laisser l’aliéné prescrire l’ordonnance, laisser le fanatique décider d’un traitement qui nous empoisonnerait tous. Leur haine ne saurait dicter notre conduite collective.

Refuser cette escalade qui aurait des conséquences lourdes sur les valeurs qui fondent notre socle commun : c’est le chemin courageux, digne et solennel qu’avait choisi d’emprunter le Premier ministre Norvégien Jens Stoltenberg. Quelques heures seulement après les attentats qui avaient touché l’île d’Utoya et Oslo le 22 juillet 2011, il avait déclaré : «J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»
Tenons la déchéance pour ce qu’elle est – une diversion commode mais inefficace -, et attachons nous plutôt à rebâtir un esprit républicain trop longtemps délaissé. La priorité n’est pas la révision de la Constitution mais la réinvention de la République.

En ce sens d’ailleurs, l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution ne devrait avoir pour seul objectif que le renforcement des contrôles et des garanties de respect de l’État de droit en période de crise. Inscrire l’état d’urgence dans la Constitution sans le borner, notamment par un contrôle parlementaire digne de ce nom, c’est graver dans le marbre tout autant que banaliser ce régime d’exception qui exonère l’action des forces de sécurité du contrôle d’un juge.

Cette mesure d’exception qu’est l’état d’urgence n’a pas vocation à durer dans le temps. Ces restrictions de nos libertés fondamentales, collectives et individuelles, menacent l’équilibre des pouvoirs et le droit commun jour après jour. De tristes et nombreuses dérives (assignations à résidence de militants écologistes avant et pendant la COP21, perquisitions administratives chez des maraichers bios, stigmatisation d’acteurs associatifs et sociaux, multiplication des contrôles au faciès…) l’ont prouvé.

L’Etat de droit existant n’est pas un Etat de faiblesse. Toi et tes collègues parlementaires avez entre vos mains, en tant qu’élus de la Nation, un choix précieux que l’Histoire n’hésitera pas à scruter de son regard implacable.

Approuver cette réforme de la Constitution sans discernement constituerait une profonde défaite morale envers nos principes fondamentaux et une victoire éclatante pour toutes celles et tous ceux qui combattent lâchement les valeurs et les libertés de notre pays.

La démocratie est la cible des terroristes, elle doit être notre arme.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député, cher Philippe, en l’assurance de ma considération distinguée et de ma confiance pour prendre la bonne décision concernant ce projet de loi qui marquera l’histoire de ce quinquennat.

Marine Tondelier, Habitante de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

 

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Ce matin, les pages « Région » de la Voix du Nord indiquent une bonne nouvelle: « du mieux au Centre hospitalier d’Hénin-Beaumont », que vous êtes nombreux à mieux connaître sous le nom d’ « Hôpital Charlon ».

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En tant que Présidente du Conseil de Surveillance de la structure et dans un travail d’équipe où chacun – Directeur, personnels, député de la circonscription, etc – a joué son rôle avec implication, je me suis pleinement attelée à la lourde tâche de sauvegarder cette structure, qui avait obtenu en 2014 le triste record d’être la plus déficitaire de France, et dont la pérennité était alors clairement menacée.

Les élus Front national représentant la Mairie au sein du Conseil de Surveillance ont de leur côté purement et simplement déserté l’établissement. « Je n’y remettrai plus les pieds » avait déclaré rageusement Steeve Briois avant de claquer la porte du Conseil de surveillance suite à mon élection en tant que Présidente (lire ici pour mémoire). Son homme de main Bruno Bilde m’avait lui menacée lors des cérémonies du 14 juillet: « si vous gagnez ce vote, vous sombrerez avec votre hôpital ».

Il faut croire que les menaces me découragent que ceux qui les croient… Puisque l’hôpital est aujourd’hui bel et bien debout. Et que la tâche reste immense mais que la situation financière dramatique laissée en héritage par les directions précédentes est aujourd’hui en passe d’être résolue.

Ce contexte de redressement, j’ai justement eu l’occasion de l’évoquer lundi dernier lors de mon discours prononcé pendant la cérémonie des voeux de l’établissement, dont vous pouvez retrouver ici le récit fait par la Voix du Nord.

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Ce fut en effet pour moi l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, de remercier les personnels pour leur engagement et de regarder vers l’avenir.

 » 2015 a été une année au cours de laquelle nous avons inauguré officiellement, enfin !, des structures dont nous pouvons être fiers : cette clinique Fleury Joseph Crépin et le Kaleidoscope. Deux structures à la pointe de ce qui se fait de mieux architecturalement mais également en terme de prise en charge des patients. Deux structures ouvertes sur l’ambulatoire. Accessibles. Agréables pour les patients et pour les personnels. Les réactions de ceux de nos partenaires qui avaient fait le déplacement et en sont partis impressionnés, impressionnés que des structures de ce niveau existent, et oui, à Hénin-Beaumont, ces réactions doivent rendre fier-e-s de leur travail celles et ceux – j’en vois dans cette pièce – qui se sont battu-e-s pour qu’elles voient le jour. Et celles et ceux qui travaillent au quotidien pour que la suite de l’histoire soit à la hauteur des attentes suscitées.

2015 fut également une année au cours de laquelle j’ai vu l’équipe de cet hôpital toute entière unie, dans l’adversité certes, mais surtout autour d’un même objectif : sortir la tête de l’eau. C’est à chacune et chacun d’entre vous  que nous le devons.

J’ai bien conscience des trésors de patience, d’énergie et – dans la mesure du possible, de sérénité ;)- qu’il a fallu déployer pour en arriver aux résultats que nous constatons aujourd’hui.

> Je n’oublie pas l’engagement du Député avec qui nous sommes intervenus en tandem auprès du Ministère de la santé pour obtenir une enveloppe d’aide financière exceptionnelle d’un montant je dois le dire inespéré.

> Je n’oublie pas le dévouement de l’équipe de direction pour maintenir un cap ambitieux.

> Je n’oublie pas la responsabilité des représentants syndicaux qui, malgré la difficulté du contexte et sans ne rien renier de leurs revendications ni de leur engagement envers leurs collègues, ont su maintenir un climat social sain dans cet hôpital.

> Je n’oublie pas non plus de vous remercier, chacune et chacun d’entre vous, quelque soit le poste que vous occupez dans cette structure, pour les efforts que vous avez fournis. J’ai bien conscience que cela ne changera rien à ce qu’ils vous coûtent mais sachez que je les mesure et les garde en tête à chaque instant.

C’est pour cela que je fais le vœux et mettrai tout en œuvre, grâce à l’engagement de vos représentants syndicaux mais également, car cela est suffisamment rare pour être rappelé, avec l’engagement de l’équipe de direction, pour que chacun de ces efforts soit compensé, soit récompensé, à sa juste valeur.

Car les cérémonies de vœux doivent également et surtout être l’occasion de regarder vers l’avenir.

Le redressement financier est aujourd’hui une réalité. Une réalité qui va nous permettre de passer à autre chose, de tourner une page difficile, pour écrire des chapitres que je souhaite plus sereins, plus épanouissants, plus réjouissants.

Côté ressources humaines, 19 CDD ont d’ores et déjà été transformés en CDI. C’est un vrai soulagement, car je vous avoue que j’avais honte – et je n’étais pas la seule – de constater pour certains agents combien de fois leur CDD avait déjà été renouvelé.

Un CDI, c’est certes toujours plus sécurisant qu’un CDD. Mais lorsque l’on parle d’un hôpital public cela ne peut pas être satisfaisant. Il faudra donc organiser des mises en stage par le biais de concours, procédure qui a déjà été entamée pour 5 postes d’aides soignants et 5 postes infirmier.

Tous ceux qui sont partis en promotion professionnelle se verront par ailleurs proposer un concours, comme cela a d’ailleurs déjà été le cas pour plusieurs personnes.

La résorption de l’emploi précaire sera également un objectif au centre des préoccupations de chacun. Ceux qui sont en contrat de droit public depuis plusieurs mois voir plusieurs années vont se voir proposer une intégration dans la fonction publique hospitalière au plus tard au premier semestre.

Nous souhaitons réellement que ce ne sont qu’un début. Comptez sur notre détermination à continuer dans cette voie.

Pour finir, le redressement financier de notre hôpital a absorbé beaucoup de nos énergies. Et a concentré les efforts. Cela était essentiel, comme il est essentiel aujourd’hui que le travail sur les stagiairisations et titularisations s’intensifie.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier le reste. Les projets. Les patients. Et l’avenir de notre hôpital auquel nos concitoyens tiennent et quoi doit continuer à être cette institution centrale de notre territoire et de la ville d’Hénin-Beaumont – ce pourquoi je continue de déplorer, c’est aussi l’occasion de le réaffirmer, l’absence du maire à tous nos conseils de surveillance et à toutes nos cérémonies de vœux ou d’inauguration. Ce boycott est impréhensible et je ne perds pas espoir qu’il cesse avant la fin du mandat.

Et pour ce qui est de ne pas oublier les projets ni l’avenir, je sais que le Conseil de surveillance pourra s’appuyer sur votre créativité et votre motivation.

16 lits de soins de suite et de réadaptation ont été installés en septembre et 4 en novembre. La visite de conformité de l’ARS a eu lieu depuis et a souligné le sérieux avec lequel le projet a été mené à bien. J’en profite donc pour féliciter les équipes qui l’ont porté. Nous avons convenu d’organiser une visite de ce service par les membres du Conseil de surveillance dans les semaines qui viennent. Peut être auront nous d’ailleurs l’occasion ensuite d’organiser une nouvelle inauguration à destination des partenaires de l’hôpital comme nous l’avions fait pour ce bâtiment ?

Dans tous les cas ce service est d’ores et déjà un succès, comme en témoigne le taux d’occupation de ces lits. La barre est donc haute, au sein du pôle gériatrie et médico-technique, pour faire encore mieux en 2016. Mais je sais que vous trouverez:)

Concernant le pôle de psychiatrie et santé mentale, le travail mené par le Docteur Bétrémieux et ses équipes sur le parcours de soins en santé mentale est unanimement salué. Peut être 2016 pourrait-il être l’occasion de le faire essaimer dans les autres établissements du groupement hospitalier de territoire, et pourquoi pas au-delà.

Concernant le pôle addictologie enfin, l’année 2016 ne manquera pas de défis, et je pense que la mise en place du groupement hospitalier de territoire peut être l’occasion pour le centre hospitalier d’Hénin-Beaumont de devenir LE centre de référence du territoire en matière d’addictologie.

Finalement, l’activité de soin est au centre de cet hôpital mais je n’oublie pas le reste.

J’ai eu notamment cette année l’occasion en septembre de visiter avec Monsieur le Député l’exposition organisée à l’initiative de l’Association Nature de l’établissement, et qui retraçait ses actions en faveur de la biodiversité. J’espère que cette action s’intensifiera en 2016, surtout que notre Centre hospitalier est maintenant membre du C2DS, Comité pour le Développement Durable en santé, ce qui l’appuiera dans le déploiement d’actions qui permettent les économies d’énergie et donc les économies tout court, mais aussi le développement d’activités comme celles que cette commission nature de notre hôpital mène, activités qui font du bien à la planète mais aussi aux personnels et aux patients.

Enfin, Madame Delemer m’a également fait visiter l’exposition « Rétrospective » au moins d’octobre, l’occasion de prendre conscience de la richesse de l’activité culturelle de notre centre hospitalier dont j’espère qu’elle continuera à s’intensifier, peut être même en sortant davantage des murs de cet hôpital comme ce fut le cas à l’automne avec la participation du centre hospitalier au forum santé organisé salle Montpencher.

Bref, notre hôpital s’est relevé en 2015.

Ce travail se poursuivra en 2016, je nous le souhaite, avec beaucoup de succès.

Pour qu’il soit un lieu dans lequel vous soyez fier-e-s de travailler. Pour que cela vous soit agréable. Et pour que vous ayez les moyens d’y mener à bien et dans de bonnes conditions les valeurs que vous avez confirmées en faisant le choix de l’hôpital public.

Je vous remercie. »

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