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Le blog de Marine Tondelier

Ecologiste, élue d'opposition à Hénin-Beaumont et Conseillère Communautaire à la CAHC

C’est peu de dire que la soirée de dimanche a été très dure, politiquement mais aussi émotionnellement, à Hénin-Beaumont. Surement l’une des plus difficiles de ma vie.

Il y a eu le dépouillement, interminable. Surtout dans ce fameux bureau de vote 6 à l’Ecole Pantigny, où j’étais déléguée de liste, et où faute de volontaires pour tenir les tables de dépouillement, les choses se sont éternisées.

Il y a eu ces résultats successifs, certains mauvais, certains très mauvais, certains meilleurs, flirtant autour des 50% pour le FN puis les dépassant pour ne jamais redescendre.

Il y a eu des larmes, contagieuses.

Il y a aussi eu les applaudissements dans la salle des fêtes pour saluer le travail de l’équipe sortante et cette campagne « Agissons unis pour Hénin-Beaumont » où nous avons tout donné.

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Soirée électorale – Après la défaite – A la salle des fêtes d’Hénin-Beaumont / D.R.

Il y a eu le temps de la prise de conscience, ensemble, dans notre local de campagne. Abasourdis. Les yeux rougis par l’émotion encore palpable. Des prises de parole des uns et des autres pour se remonter le moral, envisager la suite. Des remerciements. Des débuts d’analyse. Des débuts de regrets. Et puis l’évidence: on a fait tout ce que l’on pouvait.

La gueule de bois fut sévère lundi matin. Et encore, nous commençons à peine à réaliser. C’est dimanche 30 mars qu’on le fera vraiment. Steeve Briois dans le fauteuil majoral. Et nous, dans l’opposition, aux côté de Gérard Dalongeville ou d’un de ses colistiers si – comme la rumeur l’annonce – ce dernier démissionne.

Nous sommes ébranlés par le résultat. Par la soirée éprouvante que nous avons vécue. Par la courte nuit que nous avons passée. Nous y voici donc. Une participation très élevée (64,59%), preuve que chaque camp a su mobiliser ses partisans. Et 50,26 % des suffrages exprimés pour le Front national. Rapporté au 12304 votants, cela signifie que les 0,26 points qui permettent à Steeve Briois de l’emporter dès le 1er tour correspondent à… 31,99 électeurs.

Un grand merci aux 3829 personnes qui ont voté pour notre liste. Les nouveaux élus d’opposition de notre liste, Eugène Binaisse, Marcel Germe, Sandrine Rogé, David Noël, Rose-Marie Slavério et moi-même (Eugène Binaisse et moi-même seront également élus à l’agglomération « Hénin-Carvin », les 9 autres sièges du conseil communautaire revenant au front national), nous devons de tout donner pendant ces 6 ans qui commencent.

Nous devrons être les porte-voix de tous ceux qui subiront en première ligne la nouvelle municipalité. De ceux qui nous appellent depuis ce lundi matin craignant des représailles. Artistes, associatifs, employés municipaux qui faisaient déjà l’objet de menaces de la part de leurs collègues frontistes. Avec les citoyens indignés d’Hénin-Beaumont, nous devons être des sentinelles, des lanceurs d’alerte. Des protecteurs de ceux qui en seront les premières victimes. Des personnes vers qui se tourner au cas où la mairie se mette, comme elle l’avait fait dans les autres villes qui furent frontistes, à nommer leurs copains aux postes de clef de manière ultra clientélisme en évinçant les réfractaires (le neveu de l’épouse de Bompard à la tête de l’office du tourisme d’Orange, l’épouse de Le Chevallier a été nommée à la tête du centre de loisirs de Toulon, des militants ou sympathisants du FN à la place des fonctionnaires mis au placard ou licenciés à Vitrolles). Où à censurer l’achat d’ouvrage par la médiathèque. Ou à empêcher certains spectacles. Ou à se montrer discriminants dans l’attribution de logements sociaux. Etc.

Nous serons là, et nous ne serons pas les seuls, car des messages que je reçois depuis dimanche soir, je comprends que les héninois et les héninoises sont nombreux à vouloir se mobiliser. Nous devons réfléchir à la forme que cela prendra. Mais c’est avec toutes ces bonnes volontés que nous devons, que nous voudrons travailler.

Aujourd’hui, le Front national prend possession d’une ville que l’équipe sortante a travaillé corps et âme à remettre sur pieds. Les écuries d’Augias laissées par Gérard Dalongeville, qui a accompli l’exploit d’être le premier maire de France à être révoqué par le conseil des Ministres pour mauvaise gestion, ont été nettoyées. La majorité sortante peut en être fière.

Une pilule difficile à avaler. Une opposition à construire. Et ça commence tout de suite !

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