«Il faut libérer la parole des femmes. Dans le monde politique et dans les entreprises, aussi»

13263740_10154078018261280_5854810132664979366_n.jpgMarine Tondelier: «Il faut libérer la parole des femmes. Dans le monde politique et dans les entreprises, aussi»

PUBLIÉ LE 18/05/2016  // Propos recueillis par Eric DUSSART

Élue Europe-Écologie-Les Verts à Hénin-Beaumont, attachée parlementaire de son parti, Marine Tondelier était en première ligne, cette semaine, face à une actualité brûlante. Ce qui ne l’empêche pas de garder un œil sur ce qui se passe de l’autre côté des océans…

Journées d'été des écologistes à Villeneuve d'Ascq près de Lille. Marine Tondelier, membre du bureau exécutif d'Europe Ecologie Les Verts en charge des Journées d'été. Photo Christophe Lefebvre. La Voix Du nord.VDNPQR

L’affaire Baupin

« Je connaissais l’existence de cette enquête depuis le début, mais pour ma part, je n’ai pas eu à témoigner, parce que Denis Baupin ne s’est pas trouvé très souvent sur ma route.

J’exprime tout mon soutien à mes copines concernées. J’ai un immense respect pour leur courage et, en même temps, je ressens une vraie colère devant certaines réactions qui voudraient amener les femmes à se sentir coupables. La plupart des hommes qui se sont exprimés de cette manière sont d’ailleurs connus pour être eux-mêmes des harceleurs.

On a eu droit à tout. Même moi, ici, à Hénin-Beaumont, j’ai été accusée par un élu FN d’avoir couvert Baupin. C’est d’un ridicule ! La vérité est que nous savions que Denis Baupin est entouré d’une armée d’avocats. Il fallait faire attention à ce qu’on disait. Il y a d’ailleurs eu des pressions pour que cette enquête ne sorte pas.

Je suis satisfaite que tout cela soit sorti par notre parti. Cela pourrait libérer la parole. Dans le monde politique, mais dans celui de l’entreprise aussi. À l’Assemblée, cette semaine, on n’entendait pas beaucoup d’hommes parler de ça, mais dès que deux femmes se croisaient, alors !… On voit d’ailleurs que la parole se libère déjà : des noms circulent. Il y aura de nouvelles révélations. L’important, pour la suite, est que la honte change de camp. »

La loi travail et le 49-3

« Ce texte, à son origine, devait être le moyen d’entrer dans le XXIe siècle, de partager le temps de travail, d’introduire un revenu minimum de subsistance, et au lieu de cela, on revient au XIXe siècle.

C’est donc normal qu’il y ait eu des mouvements de protestation. Mais que de violences ! J’ai noté cette semaine des témoignages de policiers qui se sentent instrumentalisés : ils ont pour consigne de laisser entrer les casseurs dans les cortèges, et ensuite, ils doivent faire face aux heurts.

Myriam El Khomri dit que ce n’est pas la rue qui décide, d’accord, mais manifestement, ce n’est pas le Parlement non plus ! À quoi sert qu’il fasse tout ce travail, si c’est le président qui décide tout seul ?

Et tant qu’à utiliser cet article, on aurait pu le faire un peu plus tard. Pour permettre à la représentation nationale d’avoir un vrai débat, au moins. D’échanger des arguments. Mais même ça, ça n’est pas possible…

Je reste très perplexe devant l’attitude de certains collègues. Les aubrystes, notamment. Quand ils disent qu’ils vont infléchir la ligne du gouvernement, plus personne n’y croit. »

L’incendie de Fort Mcmurray

« C’est un symbole tristement ironique, cette ville qui n’existe que par l’exploitation pétrolière des sables bitumineux et qui manque de mourir de cela. Il y a là-bas l’équivalent de toutes les autres réserves mondiales de pétrole non conventionnel. Robert Redford a dit récemment que c’est le pétrole le plus sale de la planète, et c’est pour cela que le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto. Pour pouvoir exploiter ces sables bitumineux tranquillement.

On ne connaît pas encore l’origine de l’incendie mais cela ne peut être que la conséquence de la folie des hommes et des sociétés. Ils ont créé les conditions idéales pour qu’il se déclenche. Ensuite, le climat de plus en plus sec favorise son développement. Et les plans de prévention incendie ne sont plus adaptés à cette évolution du climat. Ils ont été pensés avant le réchauffement.

C’est la première évacuation de masse liée au réchauffement climatique, mais il en aura d’autres. Et peut-être pas loin de chez nous : notre littoral n’est pas à l’abri d’une montée des eaux. Je rappelle que la centrale de Gravelines est construite sous le niveau de la mer…»

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s