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Le blog de Marine Tondelier

Ecologiste, élue d'opposition à Hénin-Beaumont et Conseillère Communautaire à la CAHC

Depuis les attentats de Nice, les mesures de sécurité appliquées aux rassemblements publics et diverses manifestations, sous le contrôle strict de la préfecture, ont monté d’un cran supplémentaire.

Ce renforcement des exigences a amené beaucoup d’organisateurs de kermesses ou marchés aux puces à jeter l’éponge, l’exemple le plus spectaculaire étant celui de la Braderie de Lille. Le FN s’est d’ailleurs rué sur le dossier en s’emmêlant manifestement les pinceaux: alors que Gilbert Collard avait plaidé pour l’annulation de l’euro pour raisons de sécurité et du fait de la menace terroriste, il s’est indigné de l’interdiction de la Braderie de Lille… N’y voyez rien d’autre qu’un esprit critique très développé 😉 #ToutVaBien
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Bref, le Front National se sentant suffisamment sûr de lui pour donner des leçons de morale à tout le monde, est en vrai soumis aux mêmes contradictions que tous les autres maires de France dans la séquence.

Un exemple?

Ce matin avait lieu le marché au puces de la très active et sympathique ALPH (Association d’Aide aux Loisirs des Personnes Handicapées, dont je salut l’énergie qu’ils mettent au jour le jour à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap).

Suite à plusieurs réunions avec la préfecture en Mairie, il a été décidé de maintenir l’évènement, mais en appliquant des mesures de sécurité renforcées.

Deux agents de sécurité privés étaient donc postés à chaque entrée du marché au puce, incontournables du fait d’un système de barrières filtrant les entrées et les séparant du flux des sorties. Il était donc théoriquement impossible de se promener dans le marché aux puces pour les non-riverains, sans passer ce barrage. Barrage sur lequel les sacs de tous les participants étaient fouillés.

A la recherche de quoi? C’est là que j’ai du mal à comprendre…

Je n’avais rien de très dangereux sur moi mais j’imagine – au hasard – que si j’avais eu un échantillon de ça dans mon sac, je n’aurais pas pu rentrer pour des raisons évidentes de sécurité:

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Normal me direz vous.

Alors estimez vous normal que cette photo, ainsi que celle ci-dessous, proviennent en fait d’un des stands du marché aux puces proposant à la vente des armes en tout genre?

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Du coup je m’interroge: à quoi servent tous ces contrôles si les objets recherchés sont disponibles à l’intérieur de l’enceinte sécurisés?

Sans compter que périmètre du dit marché aux puces couvre plusieurs rues, donc des dizaines de maisons, dans lesquelles on peut trouver à peu près tout ce qu’on veut…

Enfin bref, chapeau aux associations que l’on fait se soumettre à des règles draconiennes mais qui, outre qu’elles font le bonheur des sociétés de sécurité privées qui n’ont jamais été aussi sollicitées, me semblent complètement décalées par rapport à la réalité des dangers.

D’ailleurs, on constate qu’en ce mois d’août où les mesures de sécurité sont maximales, la ville d’Hénin-Beaumont est loin d’échapper à l’insécurité. Et que quelque part, le terrorisme n’est pas le principal risque pour nos concitoyens, qui continuent à pâtir, malgré une municipalité qui avait fait de la sécurité sa grande priorité de campagne, d’un climat de tension regrettable.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une trentenaire a par exemple été retrouvée gravement blessée dans la rue des Frères-Herbaut, à deux pas du lieu du marché aux puces. Toujours hospitalisée au centre hospitalier de Lens, il s’avère qu’elle a été ruée de coups de pied et de poing et laissée gisante à l’endroit de son agression.

Hénin-Beaumont plage, animation d’un mois proposée au lac du « Bords des Eaux » à l’occasion des vacances scolaires, fait d’autre part l’objet quasi quotidiennement de vols de matériel et de dégradations en tout genre (coups de couteau dans le toboggan gonflable, incivilités obligeant à plusieurs évacuations du bassin de baignade, et multiplications des rixes entre diverses bandes, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre).

Bref, état d’urgence ou pas, la sécurité n’est pas au rendez-vous. Et les mesures communicationnelles mises en oeuvres ici, ne semble en rien résoudre le problème.

Je regrette que l’excitation généralisée de l’adjoint à la sécurité Bruno Bilde à chaque fois que le sujet de la sécurité est abordée en Conseil Municipal ne nous permette pas d’aborder sereinement  ce sujet.  (dernier exemple en date lors du dernier en date, le 15 juillet, au lendemain du drame de Nice, où il nous a hurlé dessus en nous expliquant que c’était l’armement de la police municipale là-bas qui avait permis d’arrêter le camion fou… c’était en fait les tirs de la police nationale).

Un débat constructif et sans tabou sur le sujet semble pourtant nécessaire… et urgent!

 

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