Pollution du bassin minier au détriment de notre santé : ça suffit!

« Metaleurop hier, entreprises polluantes aujourd’hui, doublement de la ligne Très Haute Tension demain. Notre territoire est cerné ! Le « PIG 1000″, qui pourrit la vie des riverains de l’ancien site de Metaleurop, est une honte nationale et je me battrai pour une juste réparation de ce préjudice, sur le plan financier comme sur le plan écologique. Plus largement, je veillerai à ce que des mesures urgentes soient mises en place pour garantir la qualité de l’air, de l’eau et des sols sur notre territoire car notre santé n’a que trop souffert de ces pollutions. » 

Marine Tondelier, Candidate écologiste aux élections législatives sur la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

Ces combats, qui lient très étroitement santé et environnement, sont ceux qui ont fait venir l’enfant de ce territoire que je suis à l’écologie. Au cours de cette campagne, j’ai eu l’occasion de recevoir Noël Mamère pour les lui exposer

Nous nous sommes d’abord rendus sous la ligne THT avec les membres de l’association Leforest Environnement

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Puis rue Mirabeau, dont les riverains ont construit des maisons avant que la zone ne soit déclarée « PIG 1000 ».

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Le tout a été résumé ici par la Voix du Nord:

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La santé comme priorité

L’ambition pour ce territoire doit être jugée selon les propositions que l’on peut faire pour renforcer son développement et sa cohésion. Lutter contre les immigrés ne sera jamais une solution pour faire avancer le bassin minier.

Ceux qui font cette proposition jouent sur la peur. L’arrivée d’une épidémie est même évoquée ! Mais ils ignorent tout de l’histoire du Bassin minier, de ses habitants, de la vérité du bassin minier.

La santé par contre doit être à mon sens LA priorité pour tous les responsables politiques qui souhaitent recueillir les suffrages des habitants du bassin minier.

Dans nos hôpitaux se concentrent tous les maux sanitaires que le bassin minier a eu à rencontrer : un taux de cancer scandaleux, la silicose qu’un grand nombre de nos parents subissent, des intoxications au plomb …

Et quel est le vécu de ces personnes ? Elles doivent encore se battre pour faire reconnaître leur maladie, pour obtenir une juste réparation.

Une attente et des délais inacceptables 

Il aura fallu attendre 2012 pour voir la première condamnation des Charbonnages de France dans un dossier de silicose. Dans le cas de Metaleurop, les salariés ont pu obtenir la reconnaissance de leur préjudice, mais qu’en est-il des habitants d’Evin-malmaison et des villes avoisinantes qui subissent avec la pollution les contraintes du PIG ?

Uniquement sur la pollution de l’air, la France subit chaque année près de 46 000 décès prématurés. Mais, que peuvent faire aujourd’hui les victimes de ces pollutions ? Contre qui peuvent-elles se retourner ?

Une victoire exceptionnelle face à l’amiante

Les travailleurs de l’amiante auront peut-être attendu moins longtemps. Mais que d’années perdues ! A chaque scandale son combat. L’absence de réglementation digne de ce nom laisse craindre de nouveaux scandales sanitaires.

Les associations d’aide aux victimes de l’amiante auront au moins obtenues une avancée remarquable : la création d’un fonds d’aide aux victimes de l’amiante (FIVA).

Je veux que la première proposition de loi que j’établirai soit consacrée, sur le modèle du FIVA à la création d’un fonds d’aide aux victimes des pollutions.

A chaque scandale de ce type, les victimes ne doivent pas attendre des années de lutte pour obtenir la reconnaissance de leur préjudice et pour obtenir une juste réparation.

C’est une question de solidarité nationale. C’est une priorité pour le bassin minier. 

Travailleurs et habitants au cœur de la politique de prévention de la santé

A ce stade de la réflexion, nous n’en sommes pas à détailler les contours techniques, juridiques et financiers du dispositif.

Dans mon esprit, le dispositif repose déjà sur un plan de financement clair que je pourrais préciser en temps utile. Certains voudront évacuer cette proposition sur la base de chiffrages fantaisistes.  Pour ma part, je vois surtout l’ampleur des dégâts humains que causent chaque année ces pollutions à notre société et à notre environnement. Cela coûte déjà plusieurs points de PIB chaque année.

Je propose plutôt de s’accorder sur une méthode et sur un objectif commun.

L’objectif de ce dispositif est de pouvoir venir en appui aux travailleurs d’abord qui sont les plus exposés à ces pollutions, mais aussi aux habitants qui seraient concernés involontairement.

Quel serait le rôle du fonds ? Face à la succession de scandales sanitaires, la réglementation apparaît souvent en retard, les moyens de contrôle et d’inspection largement insuffisants. La préservation de la qualité de vie nécessite pourtant une politique de prévention sanitaire solide. Pour inciter à une prévention efficace, le fonds constituera la garantie pour la population que les pollueurs seront mis en responsabilité.

Concrètement, pour reprendre l’exemple du FIVA sur l’amiante, le fonds est chargé des procédures à l’encontre des pollueurs et récupère chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros.

Pour mettre sur les rails ce fonds d’aide aux victimes des pollutions, l’ensemble des acteurs publics et privés doivent pouvoir s’accorder sur cet objectif et sur une méthode.

La méthode du Grenelle de l’environnement en 2007 a fait ses preuves et a permis d’obtenir des résultats tangibles. Ce dialogue doit pouvoir être poursuivi dans les prochaines années.

En tant que députée, je veillerai à ce que ce projet de fonds soit au cœur de ce dialogue.

Bien conçu et précisé, le fonds d’aide aux victimes de pollution pourra constituer un élément structurant de notre modèle sanitaire et social.  Un tel outil doit pouvoir se construire par étapes.

Poursuivre les luttes locales

Je reste réaliste. La création de ce fonds si elle est possible rapidement devra surmonter de nombreux obstacles.

Les luttes contre la THT Avelin – Gavrelle, ou sur le PIG de Metaleurop vont devoir se poursuivre. Ce ne sont que les combats les plus emblématiques qui nous attendent, mais je pense surtout à ces situations qui mériteraient une plus grande attention des pouvoirs publics, où faute de lanceurs d’alerte ou d’associations actives, les maux sanitaires restent silencieux.

La création du fonds d’aide aux victimes de pollution pourra être l’un des aboutissements de ces luttes emblématiques pour créer une réponse plus large garantie à l’ensemble de la population.

Réfléchissons ensemble à sa mise en œuvre sur ce territoire sur la base d’une expérimentation. Ce projet est non seulement indispensable sur le plan sanitaire, mais aussi pertinent sur le plan économique et juste sur le plan social.

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