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Le blog de Marine Tondelier

Elue écologiste dans l'opposition à Hénin-Beaumont

Tag Archives: Hénin-Beaumont

Elaguer un arbre est nécessaire à sa bonne santé et à son intégration dans son environnement. L’organisation campagnes d’élagage régulières est donc tout à fait justifiée.

Mais la décision fin avril de la mairie, sans préavis et pour des raisons encore inexpliquées, d’abattre définitivement 39 tilleuls centenaires rue Berlioz dans le quartier du jeu de balle nous a interpelés.

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La rue Berlioz avant intervention de la mairie

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La rue Berlioz après intervention de la mairie

Un tel alignement d’arbres est en effet inestimable pour notre ville: en plus de sa beauté pittoresque, c’est un climatiseur géant en période de canicule, un refuge pour la biodiversité, et une véritable assurance vie face aux perturbations climatiques et environnementales qui nous attendent.

Alertée par plusieurs riverains effarés, et devant une mairie si sûre d’elle qu’elle refusait d’écouter ceux qui faisaient état de leurs doutes et de répondre à leurs demandes d’explications, nous n’avons eu d’autre choix que de faire intervenir la justice par un référé-suspension que j’ai improvisé en urgence le 26 avril (je ne suis pas juriste de formation…).

Lors de l’audience au tribunal administratif de Lille le surlendemain, j’ai en l’absence d’avocat défendu moi-même la cause des tilleuls de la rue Berlioz.

Rien ne m’a été épargné par l’avocat embauché par la ville, qui a commencé par dénigrer mon intérêt par agir en montrant, « plan mappy » à la main, que j’habitais à 20 minutes à pieds des arbres en question, et n’était donc pas impactée par l’abattage de ces arbres. J’ai donc dû rappeler que les riverains hostiles qui m’avaient alertée n’avaient pour la plupart pas souhaité, par peu de représailles, déposer un recours eux même. Et que c’est bien l’ensemble de l’écosystème de la ville (dont ses habitants ;)) qui profite des bienfaits de ces centenaires.

Il a même été jusqu’à réclamer une sanction de 3000 euros à mon encontre pour me punir de ce recours (se demandait-il toujours à ce moment là pourquoi personne d’autre n’avait souhaité engager de démarche juridique sur ce sujet?) en argumentant auprès du juge que je les détestait tellement que s’il ne m’infligeait pas une telle sanction, je déposerais des recours « tous les jours » contre ces clients (note de la rédaction: c’est le 1er recours que je dépose contre eux de toute ma vie).

Surtout, la ville et son avocat ont fait preuve de son ignorance la plus crasse en matière d’arbres.

Après avoir durant la semaine expliqué tour à tour que les arbres étaient victimes d’un grave champignon (alors pourquoi laisser les passants et riverains ramasser le bois laissé au sol par les abattages pour les ramener chez eux?), d’une épidémie (alors pourquoi les arbres situés à 1mètre à l’intérieur du parc n’en seraient pas victimes?), d’un mauvais élagage en 2005 (pourquoi ne pas les soigner plutôt que de les abattre?), la défense a fini par décréter que les arbres représentaient un danger car menaçaient de s’écrouler. Sauf que l’attestation d’expert brandie, ainsi que tous les constats d’huissier présentés étaient postérieurs au dépôt de mon recours et avait donc été produits pour la circonstance.

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L’adjoint à l’urbanisme a par exemple sorti de son chapeau une pièce « choc »: une photo de branche tombée sur la route en 2013. Si la stratégie du Front National est de s’en prendre aux arbres qui perdent des branches (ce qui est totalement normal dans le cycle de vie de l’arbre, comme un humain perd chaque jours des cheveux), la verdure héninoise peut trembler😉

La municipalité s’est également appuyée sur une photo de tronc creux pour démontrer « le piteux état des arbres ». Sauf que ce creux existe depuis plus de 50 ans.

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La défense a ensuite expliqué qu’il n’y avait pas de préjudice écologique car elle promettait d’en replanter autant, voir même plus. Cela revient à bien méconnaître l’intérêt des arbres centenaires, aux bienfaits décuplés pour leur environnement, qu’un arbrisseau n’est pas en mesure de compenser.

Ils ont enchaîné en expliquant avoir parfaitement informé la population dans le journal municipal… qui avait en effet évoqué une campagne « d’élagage » (vous avouerez que dans les actes ils ont été LEGEREMENT au delà de ce qui avait été annoncé ;)).

Ils ont même poursuivi en expliquant qu’il était de toute manière trop tard car l’ensemble des arbres avaient entre temps étaient abattus. Ce qui était un mensonge éhonté puisque j’ai pu constater en rentrant de l’audience que 18 arbres étaient encore sur pieds.

Pendant ce temps là, la mairie s’était par contre empressée d’ordonner la décapitation des 18 arbres encore intacts dès 7h30 du matin le jour de l’audience, histoire de faire le plus de dégâts possible et de mettre en danger leur survie.

Voici le résultat de ce massacre à la tronçonneuse volontairement précipité par le paire.

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Lorsque le juge administratif a rendu son ordonnance quelques heures plus tard (que vous pouvez retrouver ici), c’est donc un ouf que soulagement que nous avons poussé, le juge reconnaissant lui même une « erreur manifeste d’appréciation » du maire concernant l’état sanitaire des arbres en question, mêlé de déception de n’avoir pu empêcher plus tôt le massacre des arbres.

Mais notre objectif était – bien que partiellement – rempli: pouvoir prendre le temps, sereinement, de déterminer si celui-ci nécessitait une mesure aussi radicale plutôt qu’un traitement au cas par cas.

C’était sans compter sur l’esprit revanchard du maire qui bien que n’ayant pas usé de son droit de recours contre la décision du juge, a préféré, le 18 mai, prendre en catimini un nouvel arrêté illégal piétinant cette décision de justice, affiché devant la mairie au dernière moment, en fin de journée, pour nous prendre de cours.

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A 7h15 le lendemain matin, une nacelle « Trimmer » arrivait sur place.

Précisons qu’il n’en existe que 3 en France et que le coût de cette petite vengeance n’est donc pas anodin pour le contribuable héninois. Mais pourquoi avoir commandé un tel engin plutôt que ceux qui avaient été utilisés deux semaines plus tôt? Parce que cette nacelle était le moyen le plus radical « d’aller vite »: tout aurait été bouclé en quelques heures.

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Ce véritable passage en force du maire aurait eu des conséquences irrémédiables sans la réactivité dont nous avons pu faire preuve : deux nouveaux recours ont été déposés dans la nuit auprès du juge administratif, ainsi qu’une demande de répression pénale auprès du procureur de la république et une demande d’arrêté d’interruption de travaux auprès du Préfet.

Surtout, la mobilisation d’une trentaine de militants et riverains que je remercie a permis d’empêcher le démarrage des nouveaux abattage le matin dès 7h30, et de mettre la société et la police au courant de la décision de justice l’interdisant.

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Bruno Bilde, dans un état d’excitation avancé, s’en est pris successivement à toutes personnes présentes, qu’elles soient militantes, riveraines ou journalistes. Il criait des leçons de droit à qui voulait bien l’entendre « 1ère année de droit, pas d’autorité de la chose jugée », invectivait les journalistes venus faire leur travail, dénonçait un buzz monté contre la ville, lui qui a construit sa stratégie électorale locale sur cette méthode en jouant le petit attaché de presse de Marine Le Pen et en organisant de vrais safaris pour journalistes dans notre ville qu’il destinait alors à transformer en vitrine du Front National.

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Acculé par la justice et mis en échec dans sa tentative de passage en force, le maire a fini par retirer son arrêté quelques heures avant l’audience prévue le lendemain matin (preuve que les leçons présomptueuses de droit de Monsieur Bilde n’étaient peut être pas aussi rodées que cela…).

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L’affaire s’arrête donc là pour l’instant, le temps que la mairie procède à une nouvelle expertise sanitaire. Vu ce qui a été infligé aux arbres ces dernières semaines, nulle doute qu’ils sont a présent extrêmement fragilisés. Il s’agira de notre côté de faire la démonstration qu’ils peuvent encore être sauvés. Ou sinon d’attaquer la mairie pour les dégâts commis.

Cet alignement d’arbre remarquable, protégé par le niveau plan local d’urbanisme, était notre patrimoine environnemental. Notre patrimoine paysager. Notre patrimoine populaire.

Il est de notre devoir de nous battre pour le préserver.  Nous sommes et serons à votre dispositions à chaque fois que ce patrimoine sera menacé. N’hésitez pas à nous alerter!

En attendant, pour nous aider à financer une contre-expertise sur les tilleuls centenaires restants, vous pouvez faire un don ici:

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Ce matin, les pages « Région » de la Voix du Nord indiquent une bonne nouvelle: « du mieux au Centre hospitalier d’Hénin-Beaumont », que vous êtes nombreux à mieux connaître sous le nom d’ « Hôpital Charlon ».

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En tant que Présidente du Conseil de Surveillance de la structure et dans un travail d’équipe où chacun – Directeur, personnels, député de la circonscription, etc – a joué son rôle avec implication, je me suis pleinement attelée à la lourde tâche de sauvegarder cette structure, qui avait obtenu en 2014 le triste record d’être la plus déficitaire de France, et dont la pérennité était alors clairement menacée.

Les élus Front national représentant la Mairie au sein du Conseil de Surveillance ont de leur côté purement et simplement déserté l’établissement. « Je n’y remettrai plus les pieds » avait déclaré rageusement Steeve Briois avant de claquer la porte du Conseil de surveillance suite à mon élection en tant que Présidente (lire ici pour mémoire). Son homme de main Bruno Bilde m’avait lui menacée lors des cérémonies du 14 juillet: « si vous gagnez ce vote, vous sombrerez avec votre hôpital ».

Il faut croire que les menaces me découragent que ceux qui les croient… Puisque l’hôpital est aujourd’hui bel et bien debout. Et que la tâche reste immense mais que la situation financière dramatique laissée en héritage par les directions précédentes est aujourd’hui en passe d’être résolue.

Ce contexte de redressement, j’ai justement eu l’occasion de l’évoquer lundi dernier lors de mon discours prononcé pendant la cérémonie des voeux de l’établissement, dont vous pouvez retrouver ici le récit fait par la Voix du Nord.

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Ce fut en effet pour moi l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, de remercier les personnels pour leur engagement et de regarder vers l’avenir.

 » 2015 a été une année au cours de laquelle nous avons inauguré officiellement, enfin !, des structures dont nous pouvons être fiers : cette clinique Fleury Joseph Crépin et le Kaleidoscope. Deux structures à la pointe de ce qui se fait de mieux architecturalement mais également en terme de prise en charge des patients. Deux structures ouvertes sur l’ambulatoire. Accessibles. Agréables pour les patients et pour les personnels. Les réactions de ceux de nos partenaires qui avaient fait le déplacement et en sont partis impressionnés, impressionnés que des structures de ce niveau existent, et oui, à Hénin-Beaumont, ces réactions doivent rendre fier-e-s de leur travail celles et ceux – j’en vois dans cette pièce – qui se sont battu-e-s pour qu’elles voient le jour. Et celles et ceux qui travaillent au quotidien pour que la suite de l’histoire soit à la hauteur des attentes suscitées.

2015 fut également une année au cours de laquelle j’ai vu l’équipe de cet hôpital toute entière unie, dans l’adversité certes, mais surtout autour d’un même objectif : sortir la tête de l’eau. C’est à chacune et chacun d’entre vous  que nous le devons.

J’ai bien conscience des trésors de patience, d’énergie et – dans la mesure du possible, de sérénité ;)- qu’il a fallu déployer pour en arriver aux résultats que nous constatons aujourd’hui.

> Je n’oublie pas l’engagement du Député avec qui nous sommes intervenus en tandem auprès du Ministère de la santé pour obtenir une enveloppe d’aide financière exceptionnelle d’un montant je dois le dire inespéré.

> Je n’oublie pas le dévouement de l’équipe de direction pour maintenir un cap ambitieux.

> Je n’oublie pas la responsabilité des représentants syndicaux qui, malgré la difficulté du contexte et sans ne rien renier de leurs revendications ni de leur engagement envers leurs collègues, ont su maintenir un climat social sain dans cet hôpital.

> Je n’oublie pas non plus de vous remercier, chacune et chacun d’entre vous, quelque soit le poste que vous occupez dans cette structure, pour les efforts que vous avez fournis. J’ai bien conscience que cela ne changera rien à ce qu’ils vous coûtent mais sachez que je les mesure et les garde en tête à chaque instant.

C’est pour cela que je fais le vœux et mettrai tout en œuvre, grâce à l’engagement de vos représentants syndicaux mais également, car cela est suffisamment rare pour être rappelé, avec l’engagement de l’équipe de direction, pour que chacun de ces efforts soit compensé, soit récompensé, à sa juste valeur.

Car les cérémonies de vœux doivent également et surtout être l’occasion de regarder vers l’avenir.

Le redressement financier est aujourd’hui une réalité. Une réalité qui va nous permettre de passer à autre chose, de tourner une page difficile, pour écrire des chapitres que je souhaite plus sereins, plus épanouissants, plus réjouissants.

Côté ressources humaines, 19 CDD ont d’ores et déjà été transformés en CDI. C’est un vrai soulagement, car je vous avoue que j’avais honte – et je n’étais pas la seule – de constater pour certains agents combien de fois leur CDD avait déjà été renouvelé.

Un CDI, c’est certes toujours plus sécurisant qu’un CDD. Mais lorsque l’on parle d’un hôpital public cela ne peut pas être satisfaisant. Il faudra donc organiser des mises en stage par le biais de concours, procédure qui a déjà été entamée pour 5 postes d’aides soignants et 5 postes infirmier.

Tous ceux qui sont partis en promotion professionnelle se verront par ailleurs proposer un concours, comme cela a d’ailleurs déjà été le cas pour plusieurs personnes.

La résorption de l’emploi précaire sera également un objectif au centre des préoccupations de chacun. Ceux qui sont en contrat de droit public depuis plusieurs mois voir plusieurs années vont se voir proposer une intégration dans la fonction publique hospitalière au plus tard au premier semestre.

Nous souhaitons réellement que ce ne sont qu’un début. Comptez sur notre détermination à continuer dans cette voie.

Pour finir, le redressement financier de notre hôpital a absorbé beaucoup de nos énergies. Et a concentré les efforts. Cela était essentiel, comme il est essentiel aujourd’hui que le travail sur les stagiairisations et titularisations s’intensifie.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier le reste. Les projets. Les patients. Et l’avenir de notre hôpital auquel nos concitoyens tiennent et quoi doit continuer à être cette institution centrale de notre territoire et de la ville d’Hénin-Beaumont – ce pourquoi je continue de déplorer, c’est aussi l’occasion de le réaffirmer, l’absence du maire à tous nos conseils de surveillance et à toutes nos cérémonies de vœux ou d’inauguration. Ce boycott est impréhensible et je ne perds pas espoir qu’il cesse avant la fin du mandat.

Et pour ce qui est de ne pas oublier les projets ni l’avenir, je sais que le Conseil de surveillance pourra s’appuyer sur votre créativité et votre motivation.

16 lits de soins de suite et de réadaptation ont été installés en septembre et 4 en novembre. La visite de conformité de l’ARS a eu lieu depuis et a souligné le sérieux avec lequel le projet a été mené à bien. J’en profite donc pour féliciter les équipes qui l’ont porté. Nous avons convenu d’organiser une visite de ce service par les membres du Conseil de surveillance dans les semaines qui viennent. Peut être auront nous d’ailleurs l’occasion ensuite d’organiser une nouvelle inauguration à destination des partenaires de l’hôpital comme nous l’avions fait pour ce bâtiment ?

Dans tous les cas ce service est d’ores et déjà un succès, comme en témoigne le taux d’occupation de ces lits. La barre est donc haute, au sein du pôle gériatrie et médico-technique, pour faire encore mieux en 2016. Mais je sais que vous trouverez:)

Concernant le pôle de psychiatrie et santé mentale, le travail mené par le Docteur Bétrémieux et ses équipes sur le parcours de soins en santé mentale est unanimement salué. Peut être 2016 pourrait-il être l’occasion de le faire essaimer dans les autres établissements du groupement hospitalier de territoire, et pourquoi pas au-delà.

Concernant le pôle addictologie enfin, l’année 2016 ne manquera pas de défis, et je pense que la mise en place du groupement hospitalier de territoire peut être l’occasion pour le centre hospitalier d’Hénin-Beaumont de devenir LE centre de référence du territoire en matière d’addictologie.

Finalement, l’activité de soin est au centre de cet hôpital mais je n’oublie pas le reste.

J’ai eu notamment cette année l’occasion en septembre de visiter avec Monsieur le Député l’exposition organisée à l’initiative de l’Association Nature de l’établissement, et qui retraçait ses actions en faveur de la biodiversité. J’espère que cette action s’intensifiera en 2016, surtout que notre Centre hospitalier est maintenant membre du C2DS, Comité pour le Développement Durable en santé, ce qui l’appuiera dans le déploiement d’actions qui permettent les économies d’énergie et donc les économies tout court, mais aussi le développement d’activités comme celles que cette commission nature de notre hôpital mène, activités qui font du bien à la planète mais aussi aux personnels et aux patients.

Enfin, Madame Delemer m’a également fait visiter l’exposition « Rétrospective » au moins d’octobre, l’occasion de prendre conscience de la richesse de l’activité culturelle de notre centre hospitalier dont j’espère qu’elle continuera à s’intensifier, peut être même en sortant davantage des murs de cet hôpital comme ce fut le cas à l’automne avec la participation du centre hospitalier au forum santé organisé salle Montpencher.

Bref, notre hôpital s’est relevé en 2015.

Ce travail se poursuivra en 2016, je nous le souhaite, avec beaucoup de succès.

Pour qu’il soit un lieu dans lequel vous soyez fier-e-s de travailler. Pour que cela vous soit agréable. Et pour que vous ayez les moyens d’y mener à bien et dans de bonnes conditions les valeurs que vous avez confirmées en faisant le choix de l’hôpital public.

Je vous remercie. »

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C’est la rentrée! Le moment pour nous d’aller à votre rencontre grâce à ce journal que nous avons pris l’habitude de glisser deux fois par ans dans votre boîte aux lettres.

La vie politique à Hénin-Beaumont n’a jamais été un long fleuve tranquille. Pire, elle a souvent été déplorable et caricaturale à nous en rendre célèbre dans la France entière. Au point que vous êtes nombreux à vous en désintéresser.

Nous comprenons ce choix de beaucoup d’entre vous et le respectons. Mais pour différentes raisons, nous avons choisi une voie différente : celle de l’engagement et de l’action. Et avons trouvé tout naturel – c’est aussi le rôle des élu-e-s de vous rendre des comptes – de vous donner régulièrement des nouvelles de nos combats.

Car plus que jamais, nous sommes au travail !

Vous trouverez ci-dessous en image ou en cliquant ici en téléchargement PDF cette 3ème édition du Journal des verts d’Hénin-Beaumont, où il est notamment question du RER Lille-Hénin, de la Conférence climat de Paris en décembre, des élections régionales et de notre travail au Conseil Municipal et à l’agglo Hénin-Carvin.

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Au cours du Conseil communautaire de la CAHC (Hénin-Carvin) du mois d’avril, Bruno Wilk et moi-même avons posé une question orale au sujet des perchlorates, qui sont utilisés comme oxydant dans les munitions d’armes à feu mais aussi comme propulseur dans les missiles et les roquettes. On les retrouve également dans les feux d’artifice ou dans les airbags. Et malheureusement, dans le bassin minier… dans nos nappes phréatiques et l’eau de notre robinet.

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Dans les années 60, des stocks d’armes et de munitions de la 1ère guerre mondiale ont été détruits en masse sous forme de « poudrières », ce qui a eu pour conséquence de saturer notre sol de perchlorates, lesquels ont rapidement atteint nos réserves en eau qui sont encore aujourd’hui polluées, car les ions perchlorate persistent dans l’environnement (nappes et eaux de surfaces notamment) durant des décennies.

Le problème, c’est que les perchlorates sont toxiques. Ce sont des perturbateurs endocriniens, notamment dangereux pour nos glandes thyroïdes. Et qui peuvent affecter la santé même à faible dose.

C’est pour cette raison que le préfet du Pas-de-Calais, depuis 2012,  a mis en place sur notre territoire une restriction d’usage de l’eau du robinet pour l’alimentation des nourrissons de moins de 6 mois et celle des femmes enceintes et allaitantes. Mais comment remédier à cette pollution en amont? Comment protéger vraiment les populations?

Ce sont les questions que nous avons posées au président de l’agglo Hénin-Carvin lors de cette séance du conseil communautaires. En voici le texte:

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Monsieur le Président,
Vous le savez, des ions perchlorates ont été détectés dans l’eau du robinet de 12 des 14 communes de la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin (toutes sauf Evin-Malmaison et Leforest).
Ces sels de perchlorates sont utilisés dans de nombreuses applications industrielles pyrotechniques et sont suspectés, à dose importante, d’avoir une interaction avec le processus d’incorporation de l’iode par la thyroïde.
Un arrêté du Préfet du Pas de Calais prévoit d’ailleurs, depuis le mois d’octobre 2012, une restriction d’usage de l’eau du robinet pour l’alimentation des nourrissons de moins de 6 mois et celle des femmes enceintes et allaitantes.
Cet arrêté, Monsieur le Président, est aujourd’hui toujours en vigueur, et nous amène, mon collègue écologiste Bruno Wilk et moi-même, à vous poser 3 questions:
1. L’agglomération pourrait-elle interpeller les autorités concernées par la contre les sources évitables de contamination de notre eau potable aux perchlorates, et notamment leur utilisation dans les feux de Bengale ou encore les airbags?
2. Comment l’agglomération peut-elle se mobiliser, avec ses partenaires, pour traiter les eaux polluées aux perchlorates avec les technologies existantes, notamment l’usage de résines ou l’osmose inverse?
3. L’arrêté préfectoral prévoit que les personnes responsables de la production ou de la distribution d’eau informent tous les consommateurs concernés par la restriction d’usage. Comment la population a-t’elle été informée? Au-delà de cette information, quelles mesures pourrait-on prendre, en lien avec les mairies concernées, pour protéger les populations visées par la restriction? Ne pourrait-on par exemple pas envisager de mettre des bouteilles d’eau

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C’est Stanislas Smuraga, le Conseiller délégué à l’eau, qui y a répondu au nom du président. Voici ses réponses, à chacune des questions posées.

I « L’Agglomération pourrait-elle interpeller les autorités concernées contre les sources évitables de contamination de notre eau potable aux perchlorates et notamment leur utilisation dans les feux de Bengale ou encore les airbags ? »

La découverte de la présence de traces de perchlorates dans une ressource de la métropole lilloise en 2011 a amené l’ensemble des collectivités voisines à analyser ce composé dans leurs ressources en eau. Les teneurs mesurées ont conduit les autorités sanitaires à engager en lien avec les distributeurs d’eau, un programme d’évaluation de l’ensemble des ressources régionales.

Ce programme a mis en évidence une contamination étendue de la nappe de la craie. Ainsi à l’échelle de la Région sur une population de 4 millions, plus de 1 250 000 habitants sont desservis par une eau ayant une teneur en perchlorates supérieure à 4 µg/l.

Le 25 octobre 2012, par application du principe de précaution, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont pris des arrêtés de restriction d’usage de l’eau pour les nourrissons et les femmes enceintes dès lors que les teneurs en perchlorates sont respectivement supérieures à 4 et 15 µg/l.

Dès le mois de novembre 2012, un groupe de travail composé de représentants de la CAD, la CAHC, la CALL, la CUA et VEOLIA s’est constitué. Les travaux menés sous l’égide de ce groupe de travail ont permis de développer des partenariats et des échanges avec des universités, et des centres de recherche et de mobiliser d’importants moyens d’investigations analytiques et d’apporter certains éléments de réponse.

Des études menées par criblage analytique à l’échelle régionale ont permis d’écarter certaines sources de contamination potentielles. Ainsi l’origine agricole peut être éliminée au regard de la forte disparité des teneurs en perchlorates sur des secteurs mettant en œuvre des pratiques agricoles cohérentes entre elles.

L’origine industrielle, quant-à-elle, ne conduirait pas à une contamination de si grande échelle, cette dernière source reste toutefois potentiellement responsable de contaminations ponctuelles de la nappe.

En revanche, la concomitance des zones contaminées par les perchlorates et des zones de combat de la première guerre mondiale met en évidence un lien de cause à effet.

La présence de stocks de munition enfouis, ayant émis et continuant d’émettre de perchlorates pourrait expliquer les teneurs élevées en perchlorate de certains ouvrages.

Les études menées sur la principale ressource d’eau potable de l’Agglomération constituée des forages de Quiéry-la-Motte ne mettent pas en cause l’origine industrielle de la contamination ou les feux de Bengale ou les airbags comme source de pollution du site.

En conséquence, il apparaît difficile pour l’Agglomération d’interpeler valablement les autorités concernées pour les sources évoquées.

Néanmoins, un courrier de demande de précisions pourrait être  adressé à l’A.R.S. (Agence Régionale de Santé) sur le sujet évoqué.

II « Comment l’Agglomération peut-elle se mobiliser avec ses partenaires pour traiter les eaux polluées aux perchlorates avec les technologies existantes, notamment l’usage de résine ou l’osmose inversée » 

VEOLIA, le délégataire de la CAHC a expérimenté des résines par la mise en  place d’un pilote au sein de la station de dénitratation de Quiéry-la-Motte.

 Les résultats des expérimentations menées ont conclu au fait que les résines expérimentées permettaient de supprimer à quasiment 100% la pollution aux perchlorates.

Aujourd’hui l’obstacle à la mise en œuvre en grandeur réelle de ce type de  traitement est entre autre d’ordre réglementaire. En effet, les résines n’ont pas reçu d’agrément par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).

Par ailleurs, d’autres pistes de réflexion sont en cours et font référence à des interconnexions avec des territoires où la ressource n’est pas contaminée et qui par dilution permettrait de diminuer les concentrations en perchlorates.

Comme vous le voyez même si l’éventuel impact sur la santé des personnes les plus fragiles (nourrissons, femmes enceintes ou allaitantes) des perchlorates aux doses actuellement rencontrées dans la nappe de craie n’est toujours pas précisé, les collectivités continuent à faire avancer les connaissances qui relèvent de leur champ de compétences :

Par ailleurs, il sera aussi nécessaire d’éclaircir un aspect fondamental : n’est-ce pas à la solidarité nationale d’assumer la réparation de ces dommages de guerre ?

III – « L’arrêté préfectoral prévoit que les personnes responsables de la production ou de la distribution d’eau informent tous les consommateurs concernés par la restriction d’usage. Comment la population a-t-elle été informée ? Au-delà de cette information quelles mesures pourrait-on prendre en lien avec les mairies concernées, pour protéger les populations visées par la restriction ? ne pourrait-on pas par exemple envisager de mettre des bouteilles d’eau minérale à leur disposition ? »

En matière de santé publique, seule l’A.R.S. est habilitée à communiquer. Pour les usagers de notre territoire, les informations de l’A.R.S. sur la restriction d’usage sont relayées périodiquement par notre délégataire  dans le cadre de la facturation qui est accompagnée du bulletin A.R.S.  sur la qualité de l’eau.

Pour mémoire, la C.A.H.C. a édité un DIVERCITE spécial EAU en octobre 2012 pour porter à connaissance la mise en œuvre du principe de précaution.

Concernant la proposition de mettre à disposition des bouteilles d’eau minérale à la population concernée par la restriction, après étude, il s’est avéré que les aspects techniques d’une telle procédure s’avéraient hyper ardus. Par suite cette disposition n’avait pas été retenue.

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Bruno Wilk et moi-même ne manqueront pas de revenir sur ce sujet lors des prochaines séances du Conseil Communautaire pour obtenir davantage d’engagements de la part de la CAHC, que cela suppose des solutions « ardues » ou pas😉

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Mardi 17 mars, les candidats écologistes et solidaires du bassin minier vous invitent à échanger à 19 heures au Colysée (Rue Pasteur à Hénin-Beaumont).

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Plutôt qu’une réunion publique traditionnelle longue à mourir, avec des discours assommants à l’ancienne, nous vous proposons de réfléchir, ensemble, à comment construire le département que nous voulons pour demain: « le Pas-de-Calais en mieux ».

Grâce à la technique du théâtre forum, nous vous proposons de passer de l’autre côté du miroir. Car nous serons toutes et tous, tour à tour, dans le rôle des candidats!

Nous vous jouerons des scènes, des interpellations vécues pendant la campagne, sur les marchés ou en porte à porte. Et nous travaillerons ensemble aux réponses à y apporter. A ce qui est souhaitable. A ce qui est possible. A ce qui est opportun.

Nous serions ravis de pouvoir expérimenter cette forme de débat avec vous!

C’est bien sûr ouvert à tout le monde.

Nous aurons l’honneur de compter parmi nous Martine Billard, Vice-Présidente du Parti de gauche (et ancienne députée verte ;)).

Et un buffet convivial sera offert à tous les participants, pour poursuivre les échanges sous une forme plus informelle!

A mardi:)

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La majorité municipale nous a proposé ce soir en conseil municipal d’approuver l’adhésion de la Ville d’Hénin-Beaumont au dispositif « voisins vigilants » à compter du 1er janvier 2015.

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La délibération explique que la commune d’Hénin-Beaumont a connu une hausse des vols avec effraction ces derniers mois. C’est vrai.

Elle rappelle que les cambriolages causent des préjudices inacceptables pour les victimes. C’est vrai.

Elle déclare enfin qu’il faut apporter des réponses aux Héninois à ce sujet. C’est vrai.

Mais si nous sommes d’accord avec ces constats, nous n’en doutons pas moins fortement de la solution que proposée ici. C’est pourquoi mes collègues du groupe d’opposition et moi même avons fait le choix de nous abstenir sur ce dispositif, en argumentant précisément ce choix.

Car qu’est ce que voisins vigilants ?

C’est un dispositif mis en place par Claude Guéant en 2011, lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, qui invite dans les communes où il est mis en place les citoyens volontaires à surveiller leur quartier, et à signaler à la gendarmerie ou à la police, selon les zones, tout agissement suspect entrant dans le large spectre évoqué par le ministre.

Cela nous met mal à l’aise et à plusieurs égards.

D’abord parce que sous couvert d’un dispositif de « participation citoyenne », c’est un système organisé de délation communément appelée «  voisins vigilants » qui s’organise, destiné à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos concitoyens.

Avec les « Voisins Vigilants », nous faisons un pas supplémentaire vers la société de la suspicion généralisée. Même si la recrudescence de cambriolage sur la ville nous y incite, il faut se garder de ce genre de réflexe qui au mieux n’améliorera en rien la situation, mais au pire risque d’assombrir le climat de la ville. Chacun serait en effet appelé à voir en l’autre un délinquant ou un criminel potentiel, à douter de l’innocence de l’autre, à surveiller et s’auto-surveiller en permanence.

Faisons un peu preuve de bon sens : si vous voyez un cambrioleur escalader le mur de votre voisin : avez vous besoin d’être adhérent à ce genre de dispositif pour prévenir la police ?

Le fait d’être un voisin vigilant me semble naturel et ne demande pas une officialisation ni le paiement de 2400 euros par an à une société. La loi est d’ailleurs très claire : si un habitant voit quelqu’un commettre un délit, il se doit de prévenir la police, et ne pas le faire ou témoigner est passible de poursuite.

D’autre part, garantir la sécurité des personnes et des biens est une mission de l’État. Or nous n’estimons pas qu’il revienne à chaque individu de se substituer, sans formation ni travail de réflexion et déontologique, aux forces de l’ordre. Surtout que les niveaux d’intervention et de responsabilité ne peuvent pas être les mêmes du juge au policier et au citoyen. Il y a risque de créer un groupe de citoyens qui se sentent dépositaire de pouvoirs qu’ils ne doivent pas avoir et se prennent pour des « cowboys ». Ils peuvent alors devenir dangereux pour l’autre, délinquant ou pas, et pour eux-mêmes.

D’autres réserves que je n’ai pas eu le temps de détailler lors de mon intervention à ce sujet en Conseil Municipal me font par ailleurs me méfier de ce dispositif, qui pose une petite problématique d’utilisation des finances publiques. Voisins vigilants est une société privée. Au chiffre d’affaire juteux…

Et que penser de la collecte des données privées à laquelle cette société procède ? Le service compte à ce jour près de 100.000 utilisateurs, avec la possibilité d’envoyer des alertes SMS à ses voisins… Ce sont donc des centaines de milliers de coordonnées personnelles qui sont progressivement collectées par la société.

Nous, élus d’oppositions, estimons ne pas avoir besoin d’adhérer à une milice pour porter un œil attentif et bienveillant sur le monde qui nous entoure.

A la notion de « voisins vigilants », nous préférons celle de « voisin solidaire ». Ce n’est pas d’une société privée qui coache les habitants à la défense dont nous avons besoin, mais de tisser davantage de lien social dans nos quartiers. La chaleureuse tradition chti fait d’ailleurs que cela est sûrement plus facile ici qu’ailleurs !

Cette solidarité accrue entre voisin serait d’ailleurs bénéfiques à d’autres domaines et non seulement en matière de sécurité : aider une voisine âgée avec ses courses, s’occuper du chat pendant une absence, organiser une fête des voisins dans sa rue…

Compter sur ses voisins, tisser le lien social, entraîne un renforcement du sentiment de sécurité sans entrer dans un système de suspicion organisé.

Ne leurrons pas la population avec des autocollants voisins vigilants en leur donnant l’illusion de la sécurité.

Offrons leur la vraie sécurité !

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Les municipales de 2014 à Hénin-Beaumont? Marine le Pen et Steeve Briois s’y voient déjà!

Et effectivement, les 56% qu’ils ont enregistré en moyenne dans les bureaux de vote de la ville aux législatives en juin dernier sont de mauvaise augure…

Mais parce qu’il faut tout mettre en oeuvre pour que cela n’arrive pas…

Et parce cette ville a un besoin urgent de se détendre un bon coup avant que ne reprennent les traditionnelles passe d’arme, cirque médiatique et autres concours viriles d’affichage sauvage propre aux campagnes électorales locales,

Les Jeunes Écologistes du bassin minier ont tenu à rappeler avec humour que ceux qui sont en résistance sur le terrain et dans les urnes pour que cela n’arrive pas peuvent compter sur eux!

 

D’ailleurs, nous étions ce week-end au festival de la résistance de Carvin où nous avons poursuivi notre travail de déconstruction des préjugés d’extrême droite

Parce qu’on est plutôt manuels…

Voeux-Jeunes-Ecolos

Parce qu’on aime les jeux manuels et pédagogiques

Voeux-Jeunes-Ecolos

Et parce qu’apparemment, quoiqu’on en pense, il y a pas mal d’habitants du bassin minier qui prennent beaucoup de plaisir à dégommer les préjugés d’extrême droite!

Voeux-Jeunes-Ecolos

Bref, nous comptons bien intensifier cette mobilisation de terrain pour éviter que notre ville ne se réveille avec la gueule de bois en mars prochain!

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