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Le blog de Marine Tondelier

Elue municipale d'opposition à Hénin-Beaumont

Aujourd’hui, dans le bassin minier, le chômage est un drame.

Alors que plus d’une personne sur deux est en âge de travailler, seulement la moitié possède un emploi [1]. Et cette situation est encore plus dramatique pour les femmes (seulement 45,1% d’entre elles ont un emploi contre 59,5% au niveau national).

Au total, ce sont plus de 34 000 personnes qui demandent chaque mois un emploi dans le bassin minier. Et dans leur très grande majorité, 24 000 d’entre eux en cherchent un mais n’en trouvent pas ; les autres exercent des temps partiels, pour la plupart involontairement. Résultat logique, le taux de chômage dans le bassin minier est toujours resté au dessus du taux de chômage régional et national depuis 2005 (fin 2011, il était de 15,8 % dans la zone Lens-Hénin alors qu’en France il était de 9,8%).

Les explications sont à trouver au niveau national et local.

L’histoire industrielle et minière a marqué le pas depuis des dizaines d’années en France et dans ce territoire nordiste. C’est un fait : en France, depuis 1980, ce sont presque deux millions d’emplois disparus [2] dans l’industrie – dont la majorité des destructions dans l’industrie manufacturière (96 %) [3]. Dans le Nord Pas de Calais, depuis deux ans, ce sont 31 600 emplois qui ont disparus. Et seulement 16 % des emplois détruits ont été compensés par des créations. On comprend comment l’arrêt de cette histoire là a bouleversé profondément la vie des habitants du bassin.

La concurrence internationale entre pays ensuite. Il serait trop facile d’accuser tel ou tel pays (Chine et Inde en tête) de détruire nos emplois. Car, avec ces pays émergents, nous sommes réciproquement imbriqués. A la fois par le commerce, la finance, mais aussi par la répercussion des dégradations de l’environnement et la progression des inégalités. Au-delà des fausses accusations entre pays, le coupable est le système financier international. Il entraine la recherche excessive de rentabilité et autorise les gains des uns sur le dos des autres : dumping social, dumping fiscal et dumping environnemental. Jusqu’à ce que ces autres là perdent à leur tour au détriment des suivants. Au final, les perdants ce sont les peuples et leurs emplois.

Un exemple : la fermeture de la fonderie de MetalEurop à Noyelles-Godault en 2003. À la recherche du meilleur lieu pour placer leurs fonds, les actionnaires de l’entreprise l’ont coulée. La délocaliser était plus rentable que de conserver les emplois et de dépolluer le site. 830 emplois disparus et 1100 hectares toujours pollués autour de l’usine à cause de l’absence de prise en compte de l’environnement, de la santé et de l’emploi…

Enfin, le changement de mode de consommation a favorisé la demande de services, notamment dans le commerce entrainant l’essor de grandes surfaces au détriment des petits commerçants.  L’hypermarché Auchan à Noyelles-Godault et la zone Maison Plus à Hénin-Beaumont ont créé des emplois certes, mais mettent en difficulté les petits commerçants et nuisent au dynamisme de nos centres villes.

Le cœur des problèmes est que cette destruction systématique d’emplois est due au fait que nous ne produisons plus ce que nous consommons.

Il faut donc une autre politique pour l’emploi, qui inverse la tendance : c’est-à-dire re-localiser et créer des emplois nouveaux et de qualité.

Les écologistes veulent ce changement.

Nos solutions?

CREER DES EMPLOIS LOCAUX

Comment ?

  • En accentuant le développement régional et s’en appuyant davantage sur une spécialisation au niveau territorial, sur le réseau d’entreprises intermédiaires, sur l’innovation et les circuits courts.
  • En favorisant la création d’emplois dans les services à la personne, à destination des familles, des personnes dépendantes et des personnes âgées, très peu développé à Hénin-Carvin.
  • En lançant un plan de rénovation thermique, pour réduire les factures et créer des emplois dans le secteur du bâtiment sur l’ensemble du territoire. Lutter contre la précarité énergétique, c’est du pouvoir d’achat en plus et une meilleure qualité de vie.
  • En aidant à la création d’emplois d’utilité sociale et de proximité pour les chômeurs, en soutenant la création d’entreprise de petite taille, proche de la population et dans les secteurs du social, de la santé et du développement durable.
  • Se protéger de la concurrence de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales et environnementales que la France et l’Union Européenne.

CREER DES EMPLOIS NOUVEAUX ET DURABLES.

Comment ?

  • En défendant et incitant toutes les initiatives pour créer des emplois durables. Le succès du Salon de l’habitat durable d’Hénin-Beaumont du 11 et 12 mai derniers montre bien que les habitants sont dans une réelle attente de politiques véritablement écologistes.
  • En soutenant les reconversions professionnelles des salariés par la formation continue et l’accès aux qualifications.
  • En développant l’innovation et soutenant la recherche pour s’adapter au nouveau contexte énergétique et à la raréfaction des matières premières.
  • En menant un plan de transition énergétique et gérer la sortie du nucléaire, afin d’entraîner une grande politique industrielle et d’investissements dans les éner­gies renouvelables.

DES EMPLOIS SANS DANGER POUR LA SANTE

Comment ?

  • En reconnaissant par la loi les problèmes de santé et de la pénibilité liés aux travaux industriels et en reconnaissant par la loi ces maladies du travail et les aides y afférant. Il est normal que des travailleurs ayant souffert de leur activité soient soutenus tant que possible par l’Etat.
  • En lançant un programme de dépollution des sites industriels, pour arrêter la dégradation de l’environnement, de la santé des salariés de ces usines et des riverains des sites pollués. Et toutes ces améliorations, entraineront la création d’emplois correspondent aux compétences existantes dans le bassin minier !
  • En donnant un meilleur accès à la santé dans le bassin minier. Alors que le Pas-de-Calais est l’un des départements où les indicateurs de santé sont les plus mauvais, avec comme zone rouge l’ex-bassin minier avec des taux de surmortalité allant jusqu’à 67% à Hénin-Beaumont, le nombre de médecins est insuffisant. En effet, l’offre de médecin spécialiste est de 7 points inférieur à la moyenne nationale et de 2 points pour les généralistes.

DES EMPLOIS QUALIFIES

Comment ?

  • En donnant un meilleur accès à l’éducation et à la formation continue et en accordant après la scolarité obligatoire un congé de seize semestres de formation à suivre tout au long de la vie avec garantie de revenu.
  • En luttant contre le décrochage scolaire et en rompant avec la culture de la performance et du contrôle généralisé. Il faut mettre fin à la situation du bassin dans lequel le taux de sortie du système scolaire sans diplôme est de 5 points supérieur à la moyenne nationale.

[1] Chiffre –  Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques – septembre 2011 – Pour l’agglomération Hénin-Carvin : http://www.insee.fr/fr/regions/nord-pas-de-calais/default.asp?page=themes/tableau_de_bord/TB02hc.htm

[2] Pour être précis, ce sont 1 913 500 emplois disparus entre 1980 et 2007.

[3] La désindustrialisation en France  – Les Cahiers de la DG Trésor – n° 2010-01 –  Juin 2010 – http://www.tresor.economie.gouv.fr/file/326045

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