Skip to content

Le blog de Marine Tondelier

Ecologiste, élue d'opposition à Hénin-Beaumont et Conseillère Communautaire à la CAHC

Vous êtes nombreux-ses à me demander: « ça doit être sympa, un Conseil Municipal à Hénin-Beaumont ». A être curieux de ce que donnent les débats avec le FN « soft », « dédiabolisé », que Steeve Briois prétend incarner. A me dire « vraiment, un jour, il faudrait que vous enregistriez, qu’on puisse écouter, parce qu’on n’a pas dutout envie d’y aller mais qu’on aimerait beaucoup pouvoir les voir à l’œuvre ».

Alors voilà! Mercredi soir, le Conseil municipal d’Hénin-Beaumont se réunissait pour voter le budget de la commune. Et un membre du groupe d’opposition a eu la bonne idée d’enregistrer la moitié des plus de 6 heures qu’a duré la séance (de 18 heures à minuit passé).

Ce Conseil a donné lieu à des dérapages répétés du Maire Steeve Briois à l’encontre de l’opposition, comme en témoigne le blogueur Alain Alpern dans le verbatim qu’il a publié, ou encore le compte rendu qu’en a fait la Voix du Nord .

Après un débat de deux heures, le vote a eu lieu dans une atmosphère inqualifiable, le maire me refusant une explication de vote et préférant nous prendre violemment a parti sur le vote de chaque chapitre sans nous laisser expliquer notre démarche, excitant les fidèles sympathisants FN présents en masse dans le public nous conspuant voir nous invectivant.

J’ai d’ailleurs déposé une plainte contre l’un d’entre eux, que j’ai clairement identifié en train de crier que j’étais « conne » pendant l’une de mes interventions. Une militante socialiste, présente dans le public, s’est faite menacée, alors qu’elle lui demandait de cesser, par cette même personne qui lui a promis de « se lever et de lui casser la gueule » si elle ne le laissait pas faire. Cette militante, excédée, a finit par devoir se lever dans le public pour demander au Maire de faire taire ce Monsieur. En expliquant la menace dont elle venait de faire l’objet. Le maire, pourtant responsable de la police de l’assemblée et notamment du fait que le public a l’interdiction d’interférer avec les débats du Conseil, n’a pas bougé le petit doigt. C’est avec la police municipale que nous avons dû toutes les deux nous expliquer dans le couloir.

Encore plus grave, le maire, pris dans l’élan de sa propre fougue et à la limite du burn out, s’est mis à nous invectiver lui-même quand, pour protester, l’opposition a décidé de cesser de lever le bras pour voter: « Allez, on vote, que les manchots lèvent la main. Qui est pour, qui n’a plus de bras ? ». « Que les handicapés votent! » (2’29 dans la vidéo ci-dessous, puis à nouveau à 3’00 et à 3’58).

L’extrait ci-dessus vous permets de vous rendre compte par vous même de l’extrême violence avec laquelle a été mené le vote du budget. On n’en était plus à « qui vote pour », « qui vote contre », mais à « Allez-y, votez contre », « Madame Tondelier, votez contre ». Le Maire ne mettait pas les chapitres au vote comme il est de coutume mais nous a plutôt crié dessus et menacé pendant 10 minutes, dans un brouhaha généralisé, les applaudissements et les huées du public, ce qui est strictement interdit. L’adjoint aux finances lui même l’interrompt à un moment pour lui demander « attendez, là je ne comprends plus rien ».

Je suis d’ailleurs curieuse de savoir comment la personne chargée du compte-rendu s’y retrouvera pour comptabiliser les voix.

A la minute 4’27 de la vidéo, vous pouvez nous entendre, là aussi sous les huées, finir par quitter la salle le temps du vote, histoire de laisser se calmer l’élu local de l’année (qui décidément ne l’est pas en terme d’animation de débat).

Les propos scandaleux tenus sur les personnes en situation de handicap, qui ont été remis à plusieurs reprises sur la table au cours de la soirée par les élus d’opposition, n’ont a aucun moment fait l’objet d’excuses de sa part.

*

*       *

Pourtant, l’opposition a patiemment écouté l’heure de présentation du budget par la majorité municipale. Si les esprits se sont échauffés pendant la présentation de mon collègue socialiste Stéphane Filipovitch (Bruno Bilde et Steeve Briois supportent mal la contradiction), j’ai tenté, dans mon intervention, de faire revenir le calme.

IMG_5188

Dans l’extrait ci-dessous, vous pouvez voir qu’au fur et à mesure de mon rappel au règlement puis de mon intervention à proprement parler, les esprits s’apaisent peu à peu. Le tout est d’être patient et de ne pas se laisser démonter par les tentatives de destabilisations permanentes du maire à mon égard, qui, comme souvent au début de mes intervention, tente de me couper toutes les 20 secondes.  Mon intervention se poursuit ensuite sur le fond, sur le budget en général, sur la stratégie de communication du maire en particulier, puis sur deux dossiers techniques du plan d’investissement programmé: la vidéosurveillance et l’utilisation de LEDs pour l’éclairage urbain.

Vous le constaterez, je reste calme 20 minutes durant. N’invective personne. Et débat sur le FOND. Le maire se prend même, en cours d’intervention, à dire que « c’est intéressant ».

Cela ne l’empêchera pas, quelques minutes plus tard, péter un plomb et de mettre au voix le budget en hurlant.

Juste avant cette mise aux voix, j’avais donc redemandé calmement la parole, ce qui m’a été refusé. Enfin plus exactement le maire a autorisé « 1 minutes » à trois de mes collègues d’opposition et à moi-même. Mais a décidé, décontenancé après l’intervention de mes 3 collègues, de me la retirer malgré mes protestations pour la donner à son adjoint Bruno Bilde, déclarant «  c’est moi qui préside et je décide à qui je veux donner la parole ».

Soit.

J’ai dû attendre 45 minutes (et tout le cirque du vote des différents chapitres du budget) pour revenir sur les conditions scandaleuses de déroulement de ce débat.

 

Comme à chaque fois que sur le fond il n’a rien à répondre, le Maire s’est réfugié derrière la mise en cause ma santé mentale: écouter à ce propos l’extrait à partir de la minute 2’35:   » Vous polluez, ma pauvre »,  » La bêtise reprend le dessus », « Votre cas est grave », « Votre cas est grave, j’assume », « Vous délirez » (pendant que Bruno Bilde mime un geste sans équivoque en frappant son index sur sa tempe). « Vous êtes hystérique contre la video-surveillance ». « Vous devenez insupportable », conclura-t’il, alors qu’à aucun moment je ne me suis énervée sur ce sujets et que j’en ai toujours débattu très sereinement.

Déjà en début de mandat, Steeve Briois m’avait conseillé « d’aller consulter à Charlon » (hôpital local notamment réputé pour son service de psychiatrie), lors d’un précédent Conseil Municipal.

*

*       *

Depuis le début du mandat, la majorité Front national répète à l’envie en Conseil et dans le journal municipal que l’opposition est « stérile et revancharde ». Sauf que cela fait 5 fois que nous déposons des motions de fond, qui aident la population sur des dossiers concrets, et que ces motions sont la plupart du temps adoptées à l’unanimité, non sans passer par un débat et des tergiversations (ce qui est naturel). Mais que cela permet au moins des débats sereins de fond.

Cela s’est à nouveau produit mercredi soir, à propos de l’IME d’Hénin-Beaumont dont deux postes sont menacés.

Vous retrouverez dans l’extrait ci-dessous l’intervention de ma collègue Sandrine Rogé pour présenter le texte, les tentatives du maire pour reporter le vote de la motion, mon intervention pour la mettre aux voix tout de même ce soir là et son adoption finale.

 

Vous noterez enfin que quand je fais remarquer à la majorité que les moments où nous exposons nos motions sont souvent les moments les plus calmes du Conseil Municipal, Steeve Briois répond que c’est normal, parce que « je pars en furie en début de conseil municipal pour être tout doux à la fin ». Je vous invite à réécouter mon intervention de 20 minutes sur le budget pour réaliser à quel point le maire passe son temps à déformer la réalité pour manipuler ses fidèles dans le public. Ma première intervention, sur le compte-rendu, s’était faite sur le même ton.

*

*       *

 

En conclusion, vous voyez donc, bande son à l’appui, que le FN a du mal, à Hénin-Beaumont, à prendre ses marques en Conseil Municipal comme un groupe « majoritaire », et continue à utiliser les techniques de bordélisations et de destabilisations qu’ils employaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition.

Tout comme Steeve Briois a du mal, malgré ce qu’il répète la main sur le coeur aux journalistes, à se comporter en maire idéal, garant de la sérénité des débats.

A l’agglomération par contre, c’est l’inverse!

Hénin-Beaumont fait en effet partie de la Communauté d’agglomération Hénin-Carvin, et y est représentée par 11 Conseillers municipaux de la majorité, et, pour l’opposition par le Maire sortant Eugène Binaisse et moi-même.

Cette agglomération est en majorité socialiste, et le Front national y siège dans l’opposition mais ne l’a toujours pas bien intégré, et réclame, depuis le début du mandat, une Vice Présidence pour Steeve Briois.

Chaque Conseil municipal, « à domicile », est l’occasion de conspuer l’agglo, son président et sa majorité, qui se rendraient coupable selon le maire et ses adjoints d’un « apartheid » (le mot est très choquant d’ailleurs) envers Hénin-Beaumont.

Pourquoi? Parce que c’est moi, Conseillère municipale d’opposition, qui représente l’agglo à l’hôpital d’Hénin-Beaumont (dont je suis depuis Présidente du Conseil de surveillance, ce qui a conduit Steeve Briois, de manière très narcissique, à le boycotter depuis ).

Parce que c’est Eugène Binaisse et moi qui, au nom de l’agglomération, siégeons au Conseil d’administration des Collèges de la ville.

Mais quoi de plus normal, au fond, puisque nous y représentons la politique menée par la majorité de l’agglomération qu’ils conspuent à longueur de Conseil Municipal?

Bref, si le Front national d’Hénin-Beaumont a du mal à adopter une posture majoritaire, il éprouve également beaucoup de difficultés à accepter les situations dans lesquelles il se retrouve dans l’opposition. Malgré nos explications très pédagogiques et respectées.

 

Ils ont d’ailleurs passé la séance de Conseil municipal de mercredi soir à nous promettre que l’on allait « voir ce qu’on allait voir » le lendemain en Conseil communautaire pour le vote du budget…

Sauf que finalement nous n’avons rien vu: Briois et Bilde sont arrivés très tard pour cause de crise nationale entre la gentille Marine et le méchant papa Jean-Marie. C’est Richard Sulzer, esseulé et courtois, qui a assuré sans trop y croire la défense de quelques amendements d’appel, sans abuser d’effets de manche.

Ce Conseil communautaire fut d’ailleurs particulièrement calme…

 Doit-on en tirer des conséquence sur l’identité des deux personnes qui pourrissent les débats?

%d blogueurs aiment cette page :